Les seules exceptions sont IC
mier livre ; il faut la rapporter à la même époque que l'élégie 1 ; elle est, comme celle-ci, dédiée à Tullus. Quant à l'élégie 21, véritable épigramme funéraire, on ne saurait lui assigner une date plutôt qu'une autre. Ce que je désirais établir dans ce chapitre, c'est que les élégies à Gynthie ou sur Cynthie sont généralement placées dans l'ordre chronologique.
Properce (Sexlus Properlius) naquit entre 54 et 43 av. J.-G. (700 et 74 a. u.c.) dans une ville de l'Ombrie, voisine de Mévanie et du Glitumnus; il paraît à peu près certain que cette ville n'est autre qu'Assise {Assisium), la patrie de saint François ^
Il n'appartenait pas, comme on Ta cru longtemps, à une famille de chevaliers. Le passage de Pline le Jeune^ sur Passennus Paullus, où celui-ci est qualifié de splendiclus eques romanus, ne prouve rien, puisque l'adoption avait fait passer ce jeune homme d'une famille dans une autre. Le vers 131 de lY, 1, rapproché d'un passage de Pline l'Ancien, fournit un argument plus spécieux.
Prop.IV, 1, 131
Mox ubi bulla rudi dimissa est aurea collo.
1. Sources principales en dehors des œuvres mêmes de Properce:
Vies de Properce, par Volpi etparBarth entête de leurs éditions; Hertzberg, Prop. El. T. I, Quœst., cap. I ; J. Cranstoun, Life of Properlius en tête de sa traduction, Edimbourg et Londres, 1875; Calullus, Tibullusand Properlius, by thc Rcv. J. Davies, Edimbourg et Londres, 187G; J. W Postgate, Select Elégies of Properlius, Londres, 1881, Introd., chap. i.
2. Voy. plus liaut Chronologie, chap. i; Nom et patrie de Properce.
3. Pline le Jeune. Epistul. VI, 15, 1. — Voy. plus haut p. 189.
Pline l'Ancien XXXÏII, 4(édit.Lud. Jan.,t. V, p. 4 in fine).
... a Prisco Tarquinio omnium primo filium, cum in praetextre annis occidisset hostem, biilla aurea donatum constat, unde mos biillaî duravit, ut eorum qui equo meruissent filii insigne id haberent, ceteri lorum.
On a interprété ce passage en ce sens que, depuis Tarquin l'Ancien, les enfants des chevaliers portaient la bulle d'or, ceux des plébéiens la bulle de cuir. MaisFestus (s.v. auream bullani), Aurel. Victor (De vir, i//., c. vi) et Macrobe (Saturn. 1, 6) déclarent tous trois que la bulle d'or était un ornement commun à tous les fils d'ingénus; un témoignage encore plus important, c'est celui du Pseudo- Asconius qui a mis à un passage de Gicéron (A et. II m Verr., I, 58, § 155) la scholie suivante :
Pseudo-Asconius, ScJwI. in Act. Il in Verr. lib. 1, § 152 *.
Simul cum prœtexta etiam bulla suspendi in collo infantibus ingenuis solet aurea, libertinis scortea, quasi bullientis aquaî sinus communiens pectusque puérile.
L'assertion est formelle. Tous les fils d'ingénus portaient la bulle d'or; cet ornement les distinguait des fils d'affranchis. S'ensuit-il qu'il faille accuser Pline l'Ancien d'une erreur ? Non; une fausse interprétation lui a fait dire ce qu'il n'avait pas dit : il rapporte que le privilège de la bulle d'or réservée aux enfants des chevaliers a duré après Tarquin l'Ancien; il ne dit pas qu'il ait duré jusqu'au jour où lui, Pline, écrivait; il parle des premiers temps de la République.
1. Voy. le Cicéron d'Orclli continué par J. G. Baiter et Car. Halm, '2« éd., vol. V, partie ir, p. 199 (Zurich, 1833).
Properce appartenait à une famille plébéienne* qui jouissait de quelque fortune territoriale, au moins d'une certaine aisance, mais que ruina la répartition des terres après la bataille de Philippes (41/713). A ce moment Properce était encore enfant : son père était mort-. Il fut redevable de sa première éducation à sa mère, qu'il perdit quelques années après avoir pris la toge virile. C'est ce qui résulte de la comparaison de IV, 1, 131-432 :
Mox ubi bulla rudi dimissa est aurea collo Matris et ante deos libéra sumpta toga,
avec II, 20, 15-16 (à Cynthie) :
Ossa libi juro per matris et ossa parentis (Si fallo cinis heu sit milii uterque gravis !).
Yint-il à Rome encore impubère pour y faire ses études? Hertzberg'Me pense, et cela est vraisemblable; l'exemple d'Horace* et celui de Perse ^ montrent que l'on n'avait pas encore ouvert, dans les provinces, des écoles pour les arts libéraux et les humanités. On peut croire, avec M. Postgate, que la mère de Properce accompagna son fds et vint s'établir à Rome avec lui''*. Rien qu'elle fût