CARACTÈRE DE L'ÉLÉGIE
quelque endroit^; l'élégie spirituelle et gaie, rréquente dans les Amours d'Ovide, marque déjà une corruption du genre. La noblesse de réiégieestla raison pour laquelle, en dehors de son mètre habituel, un seul est digne de lui servir: le mètre épique. On a vu plus haut que tous - les poèmes composés dans le mètre élégiaque ne sont pas des élégies; la réciproque n'est pas moins vraie: toutes les élégies ne sont pas écrites dans le mètre élégiaque. C'est une élégie, ce charmant poème de Lydia, attribué sans raison suffisante à Valérius Caton ; c'est encore une élégie, avec des digressions à la mode alexandrine, cette louchante histoire de Scylla, fille de Nisus, qu'un poète inconnu nous a laissée sous le titre de Ciris; c'est une élégie, cet épisode d'Ariane et de Thésée- que Catulle a placé dans les Noces de TJiétis et qui demeure un de ses chefs-d'œuvre. Néanmoins le mélange d'intimité et de noblesse qui fait le caractère de l'élégie se trouve mieux représenté par le distique où s'unissent le grave hexamètre et le pentamètre moins solennel, plus languissant. Qu'on y prenne garde, en effet : repousser la doctrine qui veut conclure rigoureusement de la forme métrique d'un poème à sa nature, n'est pas une raison pour méconnaître qu'un rythme, par ses caractères, convienne généralement mieux que tout autre à tel ou tel genre littéraire^ Certains poèmes, qui sont à coup sûr des élégies, pa-