Voy. par exemple chez Properee II
2. C'est ce qu'a vu Marmontel, Mélanges de litléralure, article Élé- GiAuUr: (t. Il, p. 21 (le redit. Didot, Paris, 1807). Marmontel, du reste, a bien parle de l'élégie : « Dans sa simplicité touchante et noble, dit-il, clic réunit tout ce que la poésie a de charmes, l'imagination et le sentiment « (article Élégie, t. II, p. 22).
3. Voy., dans ce sens, 0. Ricmann, Préface des Mètres lijriques dllnrace, de II. Schiller, traihiclion, Paris, 1883, préf. du trad., p. 3.
raissenl au premier abord ne pas entrer dans la définition précédente : tels sont les vers célèbres consacrés aux origines de Rome par TibuUe dans la cinquième élégie de son deuxième livre, par Properce dans la première de son quatrième livre. Est-il permis d'y voir l'expression d'une mélancolie passionnée, la manifestation d'un sentiment intime, d'une douleur ou d'une joie individuelle, une œuvre qui réunisse les caractères attribués plus haut à l'élégie? Pour ma part, je n'en doute pas. Lorsque Tibulle ou Properce se plaisent à retracer le tableau des temps barbares, c'est par suite d'une impression toute personnelle, quelque dégoût du présent qui les pousse à une comparaison intéressée avec un autre siècle, à une boutade, si Ton peut dire, en faveur d'une époque où ils eussent été embarrassés de vivre, mais dont les défauts n'étaient point ceux que leur propre temps les forçait de subir et qui les irritaient. Dans l'un et dans l'autre de ces poèmes, le poète parle en son nom et se met en scène : il choisit, dans cette vision du passé, ce qui le séduit davantage, ce que regrette sa mélancolie, ce qui serait conforme à ses goûts : Tibulle se représente un culte simple et rustique et des amours naïves ^ ; plus rude et plus généreux, Properce est saisi d'un enthousiasme grave où perce le regret d'une énergie inoccupée et peut-être le remords d'avoir vécu une vie sans péril. La note personnelle se retrouve constamment : Properce et Tibulle ne chantent pas précisément la grandeur de Rome ; ils chan- IJ tent l'admiration que cette grandeur leur inspire ; c'est moins une glorification de la patrie qu'une profession de foi par laquelle le poète se fait mieux connaître, veut