‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 157 sur 200 · Id · texte numérisé non relu

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8. Quintilien, Inslil. oral. X, 1, 58. — La raison que N. Cacli trouve au silence de Quintilien ne me paraît pas suffisante (voy. Mimnermi Colopli. carm. quœ supers. N. Rachius Lipsitie, 1826, p. 12, note 14).

seul vers où Properce ait nommé Mimnerme s'accorde avec cette explication. C'est dans la neuvième élégie du premier livre ; Properce conseille à son ami Ponticus de laisser la poésie épique et, s'il veut se faire aimer, d'aborder un genre littéraire plus aimable ; il ajoute :

Plus in amore valet Mimnermi versus Homero. « Le vers de Mimnerme vaut plus en amour que celui d'Homère. »

Ainsi Properce, au modèle le plus ancien de l'épopée, au créateur du genre, à Homère, oppose, comme poète de l'amour, Mimnerme; le goût lui faisait un devoir de mettre en face du vieil Homère un poète très ancien* ; on peut même dire, si l'on veut, qu'il nommait Mimnerme comme le père de la véritable élégie et que celui-ci passait généralement pour tel. Mais cela ne prouve pas du tout qu'il le fût en effet. Les anciens avaient, encore plus que les modernes, la manie de mettre des noms à l'origine des choses. Un genre littéraire existait; il fallait qu'il eût un inventeur ; comme si tout, dans l'art aussi bien que dans la nature, ne se formait pas avec lenteur d'éléments divers, et comme si un homme avait jamais créé quoi que ce soit ! Il fallait, de plus, nommer cet inventeur; le plus souvent, on ne pouvait pas se montrer bien difficile. Mimnerme, parmi les anciens qui écrivirent des vers élcgiaques, avait, dans l'expression des idées générales, choisi surtout celles qui avaient trait à l'amour: il les avait rendues avec un charme souverain et une simplicité touchante : voilà plus qu'il n'était nécessaire pour le saluer père de Télégie erotique, la véri-

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