JUGEMENTS PORTÉS SUR PROPERCE
mépris et d'injures. On lui oppose Catulle ou TibuUe ou Ovide. TibuUe surtout est chez nous l'objet d'une préférence générale. Malheureusement dans ces sortes de comparaisons ou de parallèles, les détracteurs de Properce laissent voir trop souvent qu'ils n'ont pas lu ses œuvres ou, tout au moins, qu'ils sont très mal renseignés sur Fétat actuel de la critique.
On fait preuve contre lui d'une partialité excessive : on lui reproche d'avoir flatté Auguste alors que son père avait été victime des proscriptions'. Il ne peut s'agir que de la répartition des terres de l'an 41 qui le ruina luimême en ruinant son père; il en a parlé fort simplement : Liv. IV, él. I, vers 129-130. On trouve que par ses mièvreries il fait songer aux fades galanteries du dix-septième siècle, à la guirlande de Julie et au sonnet d'Oronte-,eiron cite à l'appui un passage^ qui, du reste, caractérise peu son talent, mais qui, en tout cas, reporte bien plutôt la pensée vers le seizième siècle et la poésie de Ronsard. On commence une étude sur Properce par cette phrase : a II faut avoir vingt ans pour se plaire à la lecture de Properce * )^, et dans cette même étude, on est forcé d'avouer qu'André Ghénier le lisait sans cesse, l'admirait, l'aimait, l'imitait. On aurait pu ajouter, si on l'avait su, que Valckenaër comptait la dernière élégie de Properce parmi les quatre poèmes latins qu'il fallait graver dans sa mémoire comme donnant le mieux l'idée de la majesté romaine % et que cette élégie avait mérité