Prop. II, 3, 10-4i
4. Voy. Courdavcaii.K, Caractères et talents, Paris, 1867, p. 159.
5. Lud. Casp. Valckenaerii Opusc. philolog. Lips. 1808-9, t. H, p. 356;
302 ÉTUDES SUR PROPEKCE.
d'être appelée Regina elegiarum. On se révolte contre la vanité exubérante du poète ; on affirme que nul de ses contemporains n'a fait son éloge parce que lui-même s'acquittait trop bien de ce soin* ; on oublie évidemment les nombreux passages d'Ovide cités plus haut, en particulier les vers du quatrième livre des Tristes (\0, 45-46). Ce qu'on attaque surtout chez Properce, c'est la froideur dans un genre où la passion seule doit parler^, un amour d'imagination en réalité tranquille, même quand il paraît le plus extravagante II est singulier au premier abord qu'un poète, qui a exprimé avec autant d'énergie des sentiments aussi profonds, aussi variés, soit accusé d'avoir manqué de sincérité et d'avoir fait de l'amour un simple thème littéraire. J'ai dit plus haut à quelles causes j'attribue cette erreur de jugement. Nous ne nous trouvons ici en présence ni des amours légères de Tibulle, ni des aventures galantes d'Ovide ; la passion de Properce pour Gynthie ressemblerait plutôt à celle de Catulle pour Lesbie. Mais dans celle-ci, la sensualité l'emporte davantage. La grâce naturelle de son talent a protégé Catulle contre Taccusation de n'être pas sincère ; il est permis de croire aussi que des dons étrangers à la passion et à la poésie, le sel de ses épigrammes et une verve latine dont ne s'effraie pas l'esprit gaulois, sont pour quelque chose dans la faveur qui l'entoure de plus en plus. Properce, plus grave, moins souple, paraît aisément faux au lecteur dont le tempérament ne s'accorde
les trois autres poèmes sont le prologue de Labérius, les Noces de Tliétis et de Pélce, et rÉpicédion de Drusus.
1. P. Albert, loc. cit. — E. Bcurlier, flist. abrégée de la littér. lat., Paris, 1880, p. 19.