CaL, m., Prop
3. Barth pousse le scrupule jusqu'à s'excuser, pendant trois pages, d'éditer à l'usage des jeunes gens l'œuvre d'un poète erotique.
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d'eux ; 3" une liste abondante d'éditions avec un bref commenlaire sur les principales; 4" un tableau des Jugements i)ortés dans les temps anciens et modernes sur l'œuvre de Properce, et des témoignages qui lui sont relatifs; 5° la vie de Properce de Volpi avec des notes de Barth au bas des pages ^ ; G° une autre vie de Properce, de Barth lui-même, divisée par années autant que le permet une conjecture raisonnable ; 7' une étude sur l'Élégie, en particulier sur l'Élégie romaine ; 8" le texte, ayant au bas des pages deux sortes de notes : les notes critiques, et audessous, en deux colonnes, les notes explicatives; 9" des index, l'un pour la géographie, la mythologie et l'histoire, l'autre pour les mots et le style ; 10° une table comparative de la numération des vers et des élégies dans l'édition de Broekhuyzen et dans la vulgate, et inversement ; i i" quelques imitations grecques des Élégies de Properce par Frédéric Morel, Henri Estienne, J.-J. Scaliger.
On le voit : le plan est bien conçu. Malheureusement dans l'exécution les taches sont nombreuses. Barth avait l'esprit plutôt modéré que juste, et plus médiocre encore que modéré ; ses intentions valaient mieux que ses moyens. Il ne faut pas oublier cependant qu'en rejetant les transpositions de Scaliger, il a rendu un véritable service en Allemagne, où son édition a été un moment dans toutes les mains \
Voici un monument de vaste érudition, une œuvre qui suppose une somme immense de lectures, l'usage familier des lettres antiques et des travaux qu'elles ont suscités : c'est l'édition de Burmann Second, achevée après sa mort
1. On peut Iroiivcr ((uc rinscrtion de cette vie de rropercc par Volpi est un hors-irœuvrc.
'2. Paldain lui a rendu justice, Prop.Cann., l'rœf., p. ^21.
66 ÉTUDES SUR PPxOPERGE.
et publiée par son ami Laurent Santen (Utrecht, 1780, in-4°)\ Le commentaire est si abondant, qu'on ne peut guère dire qu'il est placé au bas des pages ; il les occupe presque tout entières, de sorte qu'il est plus juste de dire que le texte est en haut de la page. Souvent il n'y a qu un seul vers au-dessus des deux colonnes de notes ; il a l'air de surnager dans un océan de science. Quelquefois il y en a huit, presque jamais davantage ; le plus souvent de deux à six. Excès d'érudition, a-t-ondit; excès bien pardonnable et tort utile aux successeurs de Burmann. D'ailleurs celui-ci ne prétendait pas donner, des Élégies de Properce, une édition en quelque sorte de lecture courante, un de ces livres que l'on ouvre dans les jours de repos, alors que l'on désire de pures jouissances littéraires : il faut des éditions conçues dans cet esprit ; il en faut d'autres qui soient des instruments scientifiques pour les heures de travail. Je ne blâmerai donc pas sévèrement la longueur des notes. Surtout je ne reprocherai pas à Burmann, comme le fait Hertzberg% d'en avoir consacré la plus grande partie aux citations et à la critique des commentaires antérieurs : c'est un point de vue auquel un éditeur a le droit de se placer et qui n'est pas ie moins intéressant. Que la philologie historique déplaise à certains lecteurs, je n'en suis pas touché : elle n'est point mise là à leur intention ; d'autres qu'eux en apprécient la valeur. Hier encore, M. Bsehrens déclarait que tout critique occupé de Properce trouve dans le
1. Propcrcc seul. — L. Santen dit, p. "2 de la préface, qu'il a copie les notes de Burmann, retranchant un peu, n'ajoutant presque rien, sauf pour la dernière élégie (onzième du quatrième livre) dont Burmann avait à peine commencé l'étude. Le commentaire de cette élégie est tout entier de Laurent Santen.