‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 81 sur 200 · I. Prop.,111, 9, I · texte numérisé non relu

I. Prop.,111, 9, I

que les membres de mon proche parent demeurassent gisants sur la terre, tu laisses encore sans les couvrir les os de ce malheureux). Eh bien, la partie de l'Ombrie qui la touche de plus près et sous laquelle s'étend une plaine* m'a donné le jour, pays fertile aux grasses campagnes. »

A ce sixième argument, le plus spécieux de tous, M. Heydenreich ^ répond que la gueiTe de Pérouse n'avait point laissé un souvenir particulièrement odieux; que les termes dubitatifs dans lesquels Suétone^ parle de la cruauté d'Oclave après la victoire, ne permettent pas de croire qu'elle fut une des grandes taches, une des taches certaines de sa jeunesse ; que d'ailleurs ce n'était point Octave, mais Fulvie et Lucius Antoine qui avaient commencé lagueiTc.

On pourrait dire aussi que, après tout, Mécène servait le vainqueur de Pérouse et que, de leur côté, les poètes ralliés au nouveau régime ne se piquaient ni de dignité

1. Subposito campo n'est point un datif régi par proxima comme l'ont cru Hertzberg {Prop. El. T. I, Quœst.y p. 5} et M. Schulze {Rom. Elegilc, à la note de ce vers, p. 83). Proxima porte évidemment sur Pérouse : proxima contingens pour proxime coritingens, tournure grecque, ea pars Umbriœ quce Perusiam proxime contingit (Markland). Ce mot ne peut porter en même temps sur subposito campo, car Pérouse et le subpositmn campum ne seraient alors qu'une même chose ; or Pérouse est située non dans une plaine, mais sur une montagne. Au contraire, en y reconnaissant un ablatif (I. H. Voss, édit. Lemaire), ablatif absolu ou d'accompagnement, on y reconnaît en même temps la plaine de Mévanie, qui s'étend au dessous d'Assise, ville natale de Properce. Le poète, dans les deux autres passages où il fait allusion à sa patrie (IV, 1, 61-66, 121, 126), parle d'une plaine et dans Tun d'eux il la nomme (v. 123) : c'est la plaine de Mévanie. Il serait extraordinaire que celle dont il est question ici ne lût pas la môme. — D'autre part, subposito campo ne peut être un ablatif de lieu indiquant l'endroit où est né Properce puisque, dans les deux passages cités plus haut, il dit formellement que sa ville natale est située sur une hauteur.

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