Snét. Div. Aug., § 15 (édit. Roth, p
politique, ni de scrupules de famille. Enfin, parce que Properce, qui devait avoir trois ou quatre ans à l'époque delà guerre de Pérouse, avait eu un proche parent tué sous les drapeaux de Fulvie et de Lucius Antoine, parce que, longtemps après, il avait pleuré sa mort en quelques beaux vers, lui était-il interdit de trouver que dans cette guerre le bon droit et l'intérêt public étaient du côté d'Octave ?
Et pourtant ce n'est point là tout ce qu'il faut répondre à M. Heimreich. Ici, comme toujours, il faut d'abord lire le texte attentivement, le méditer, analyser Timpression ressentie. Je ne crains pas de l'affirmer : les vers 27-29, si on les lit sans idée préconçue, laissent une impression de grandeur et de tristesse :
Nam quotiens Mutinam aut civilia busta Philippos,
(( Modène et Philippes, bûchers des citoyens )>. Où donc est cette adulation plate et froide dont nous parlait M. Heimreich? Singulier adulateur que ce poète qui, pour caractériser une victoire d'Auguste, ne trouve rien autre chose à dire sinon que les morts étaient tous des citoyens romains ! Et dans le vers qui nous occupe le plus,
Eversosque focos antiquae gentis Etruscae,
est-il possible, en lisant ces mois focos, antiquœy de ne pas reconnaître un sentiment de vénération et même de mélancolie qui ne cherche point à se dissimuler ? Si Properce a seulement voulu flatter Auguste et Mécène, il faut avouer qu'il s'y est pris d'une manière bien habile et bien détournée. Laisser tomber l'oubli sur les guerres
civiles et les crimes d'Octave, c'était le moyen le plus simple d'être agréable à Auguste; les rappeler comme une nécessité cruelle, mais si évidente, si incontestable, que l'on pouvait en parler à celui-là même qui, dans toute autre circonstance, aurait dû en éprouver de la douleur et de l'indignation, c'était un autre moyen plus ingénieux et qui n'était dépourvu ni de grâce ni de hardiesse. S'il y a uniquement adulation, elle n'est, n'en déplaise à M. Heimreich, ni plate ni froide. Mais je crois qu'il faut voir avant tout dans ce passage une preuve de l'indépendance et de la sincérité de Properce : il approuve, il admire l'œuvre d'Auguste ; il songe néanmoins avec tristesse aux ruines qui en furent la condition. Désirant plaire au prince et à son ministre, il ne se croit pas obligé de déguiser un sentiment aussi naturel ; la liberté avec laquelle il s'exprime fait honneur non moins qu'à lui, à ce maître intelligent qui n'aimait pas les éloges maladroits et servîtes * ; on ne le flattait point de la même manière que Boileau flattait Louis XIV.
Le distique 37-38 est contesté, non seulement par M. Heimreich, mais encore par MM. Weber'et Carutti \ 11 offre en effet des difficultés spéciales :
1° C'est d'abord le mot inferni employé substantivement pour signifier les enfers. Ce mot, dit-on, appartient à la théologie chrétienne ; on ne le trouve point chez les