Carutti, Prop. Cynth., p. 106, note du vers
II, 10: vers 1-4, 21-26, 9-12, 5-6, 13-20;
III, 9 : vers 57-58, 53-56, 47-52 '.
Laissons de côté l'argument tiré d'un vers qui n'est point à sa place. Personne d'ailleurs ne contestera à M. Carutti que Properce ne fût jeune, même très jeune, à l'époque où il écrivait II, 10. Si cette élégie, comme le croit Hertzberg', dont j'adopte l'opinion, doit être attribuée à l'année 25/729 % Properce avait environ vingtdeux ans. Qu'importe? N'est-il point évident qu'il exprime une idée générale lorsqu'il dit : a Que la jeunesse chante les voluptés, la vieillesse les combats » ? Il est vrai qu'il s'en fait une application à lui-même en ajoutant : « Je chanterai les guerres puisque j'ai dit ma maîtresse. » Mais cette division de la vie en deux âges seulement, la jeunesse et la vieillesse, est conforme au langage et aux sentiments de la poésie; et, lorsqu'on a vécu avec autant d'ardeur que dut le faire Properce, on est plus sincère et plus naturel qu'il ne paraît à quelques-uns en croyant entrer, fût-ce à vingt-deux ans, dans la seconde moitié de la vie. Properce, en ces deux vers, a voulu exprimer une vérité bien simple : jeune, on se livre à la
1. Cf. Heimreich, Quœst. Prop., p. 22-33. — Voici la disposition que propose M. Heimreich : H, 10: vers 21-26,1-20 [en supprimant 7-8] ; III, 9: vers ■47-58. On le voit, elle est infiniment plus simple que celle de son imitateur ; encore la propose-t-il comme devant être à peu près (ouvr. cité, p. 28 in fine) celle de Properce, et prend-il la peine d'en essayer la justification avec beaucoup d'esprit et de talent.
2. Voy. plus loin Chronol. —Hertzberg, Prop. El. T. 1, Quœst., p.2i7.— Voy, aussi Cranstoun, The Elégies of Sext. Prop., translatée into English verse, Life of Prop., p. 20 in fine). — M. Liitjohann pense tout différemment : il s'attache à démontrer {Commentationes Properlianœ,]\'\\., 1869, p. 79-80) 'que l'élégie II, 10 appartient à la fm de l'année 22/732. Voy. aussi Eschenburg, Quœst. Prop. in libr. micell. Societ. philolog. Bonn., 186i, p. 9i-95; Ileydenreich, ouvr. cité, p. 27-28.
poésie élégiaque et personnelle ; plus tard, on tourne aux sujet épiques, à l'art impersonnel. S'il y a exagération dans la forme, il faut prendre garde que l'exagération n'est point étrangère h la poésie \
M. Weber % qui approuve M. Heimreich de rejeter II, 40, 7-8, rejette en outre 11-12 de la même pièce. Il rapproche ce distique de 5-6 ; dans les deux distiques se retrouvent les mêmes expressions : 5 vires, 11 vires ; G magnis, 12 magni. Il y a comme un redoublement d'exorde. M. Weber y voit une preuve certaine que 11-12 est interpolé.
Je ne puis admettre qu'une telle conclusion s'impose : il est plus naturel d'attribuer le défaut remarqué par M. Weber à une défaillance de talent de la part du poète.
1. Ces mots œtas extrema avaient déjà préoccupé Gruppe, qui, dans le tome I de son livre Die Rom., Eleg., p. 281 à la note, propose postrema.