‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 95 sur 200 · K. Weber, Quœsl. Prop., Hal., 1876, p · texte numérisé non relu

K. Weber, Quœsl. Prop., Hal., 1876, p

lî, ^28 ^ 49-50

Siint apud inferiios tôt milia formosarum : Pulchra sit in superis, si licet, iina locis.

(( Les belles se comptent par milliers dans les enfers! Qu'il en reste une, s'il se peut, sur la terre. »

MM. Heimreiclî et Weber suppriment ce distique pour trois raisons : apud ne se lit ni chez Properce ni chez aucun des autres poètes élégiaques ; inferni, employé substanlivement pour signifier les enfers, appartient à la théologie chrétienne et ne se retrouve point chez les poètes classiques ; l'hexamètre est spondaïque ; or Properce, qui n'a fait que très peu de vers spondaïques, leur a toujours donné pour clausules un nom propre ou le mot heroine, lequel est grec*.

Si le mot apud^ avec le sens qu'il offre dans le vers 49, n'a pas été employé par les élégiaques, il l'a été du moins par des poètes de l'époque classique, Horace, par exemple, od. III, 29, 4-5, Pressa tius balanus capillis Jandudum apud me est. Il est évident que la proposition ad, qui peut servir au même but, est plus commode au point de vue prosodique, et elle devait être plus agréable à l'oreille ; mais, en supposant que apud déplût dans la versification élégante, ce n'est pas une raison pour que Properce ne l'ait pas employé une fois.

Pour l'argument tiré du mot inferni pris substantivement, je renvoie à ce que j'ai dit plus haut. D'ailleurs il

1. cil. iïeimrcich, Quœst. Prop., p. i'3, et Kar. Weber, Quœst. Prop., p. 33-35.

est possible que ce mot soit pris adjectivement dans le vers 49 et qu'on doive le rapportera locos sous-entendu, puisqu'il est opposé à superis locis du vers 50 K

On rencontre dans les Elégies de Properce sept vers spondaïques :

I, 13, 31 nia sit Inachiis et l)lan(]ior heroinis. J9, 13 Illic formosœ veniaut chorus heroinae. 20, 31 Jain Pandioniae cessilgeniisOrithyiae.

II, 2, 9 Qualis et Ischoniache Lapithae genus heroine. 28b , 49 Sunt apud infernos tôt milia formosarum.

III, 7, 13 Infelix Aquilo raplae timor Orithyiae.

IV, 4, 71 nia ruit qualis celerem prope Thermodonta*

On doit conclure de ce tableau que Properce, ayant usé sept fois du vers spondaïque, l'a terminé trois fois par un nom propre venant du grec, trois fois par le mot heroine, nom commun venant du grec, et une fois par le mot /"ormosarwm, adjectif latin. C'est la seule conclusion légitime.

Je ne suis donc convaincu par aucun des trois arguments de MM. Heimreich et Weber. Leur opinion a déjà trouvé un adversaire dans M. Garl Peiper, qui Ta combattue par une observation décisive : il a remarqué que, si l'on retranchait ces deux vers, il fallait retrancher toute rélégie II, 28 ^ ; sans ce distique, elle devient incompréhensible : les vers 49-50 « sont, dit M. Peiper, comme le Ironc d'où sortent et prennent naissance tous les rameaux^ ».

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