‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 98 sur 200 · G. Peiper, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

G. Peiper, ouvr. cité, p

3. Voici, du reste, le passage oix M. Peiper explique sa pensée, ouvr, cité, p. 11 -1*2 : « Ista convivia quamvis senes duri accusent, minime lande sua carciit. Nam in iis locum habcstu, tibia docta, multa injuste perpessa. Nam cum nb Atlicna oris tumore indignata in Mœandri fluctibus abjecla natares, per undas fluminis in Icarium mare, in quod influit Moeandcr, vecta ad nota lilora pervenisli (ad litora loniœ quae ?«o/a appellari ncmincm offendet) nec jam molle amanlium sed durum armatorum instrumentuni in pugnis {alterna cœde) sonans sparsisli communes pénates (grœcaruui urbium interse dimicantium) et prœmia dira cognatarum illarum gentium ad patrios lonum lares tulisli. Tu, quœ olim in Epbcsii Callini elegiis dura fuisti (ferocitcr sonuisti), nunc in nostris conviviis ea uteris condicioiie, quam efilagitas pro indole tibi innata, ut docte sonans indices amantium gaudia et dolorcs. »

de M. Peiper, quant aux vers 19-2^, est séduisante, mais un peu subtile et fondée sur un texte trop douteux.

Je pense, pour ma part, que nous nous trouvons ici en présence d'un passage corrompu d'une manière désespérée colnme celui que nous avons déjà rencontré H, 24. L'archétype devait être lacéré ou, pour toute autre cause, peu lisible; un copiste aura renoncé à copier un certain nombre de vers; il aura refait en partie les vers 19-22. On ne peut guère douter qu'il n'y ait une ou probablement deux lacunes; l'élégie II, 30 est formée des débris de trois ou quatre élégies mutilées. Les vers dont elle se compose dans les éditions, ne doivent être lus que comme des fragments; et parmi ces vers les distiques 19-22 sont tellement défigurés, qu'il faut les écartercomme inexplicables et sans intérêt.

II, 34^61sqq.

Actia Yergilio custodis litora Phœbi

Cœsaris et fortes dicere posse rates, Qui nunc JEne^ Trojani suscitai arma

Jactaque Lavinis mœnia litoribus.

Cedite Romani scriptores, cedite Grai : 65

Nescio quid majus nascitur Iliade.

Tu canis umbrosi subter pineta Galœsi

Thyrsin et attritis Daphnin arundinibus, Utque decem possint corrumpere mala puellas,

Missus et inpressis haedus ab uberibus. 70

Félix qui viles pomis mercaris amores !

Huic licet iDgratre Tityrus ipse canat ! Félix intactum Corydon qui temptat Alexin

Agricola} domini carpere delicias !

Quamvis ille sua lassus requiescat avena 75

Laudatur facilis inter Hamadryadas.

Tu canis Ascrœi veteris prœcepta poetae,

Quo seges in campo, quo viret uva jugo. Taie facis carmen, docta testudine quale

Cynthius inposilis tempérât articulis. 80

Non tamen h^ec ulli venient ingrata legenti

Sive in amore rudis sive peritus erit.

Nec minor bis animis aut si -[- minor, ore canorus

Anseris indocto carminé cessit olor.

Hœc quoque perfecto ludebat lasone Varro, 85

Yarro Leucadiœ maxima flamma suœ.

Haec quoque lascivi cantarunt scripta Gatulli

Lesbia quis ipsa notior est Helena.

Ilirc eliam docti confessa est pagina Calvi Cum caneret miserœ funera Qaintiliœ. 00

Et modo formosa quam multa Lycoride Gallus Mortuus inferna vulnera lavit aqua !

Cynlhia quin etiam versu laudata Properti Hos inter si me ponere Fama volet.

}î. C. — V. fil Virgilio N F D U H Virgilium G | ÉDITIONS : Virgilio Vénitienne de 1191, Pncei, Jacob Vergilio Scaliger Vergilio est Bœhrcns Vergilium Juntine de 1503, Vulg. Virgilium Aldine de 1515 11 V. 63 Trojanaque G, Passerai, Jacob II V. 61 spineia G Il V. 73 Alexim F D V G il V. 81 sane au lieu de tamen Heydenreich (de Prop. laud. Verg. prœc.,p. iA) \\ V. 83 sim tous les Mss. minor ore canorus omis dans N 1 Éditions : Aut si minor ore canorus Vulg. nec se minor Scaliger suivi de nos jours par Kuinœl et Paldam aut, si minor oie, canendo Lachmann (éd. de 1816. — // transpose ce vers après le vers 66). nec minor his audis, aut sic minor ore canorus Palmer nec, minor hinc animis aut hinc minor ore, canorus Bœhrens {en note) nec minor his (animis haut, si minor ore) canorus Munro nec minor his animis aut segnior ore canorus Heydenreich {loc. cit., p. 18) || V. 86 fama conjecture de Markland || V. 91 quis multa, qui multa Mss. d'ordre inférieur, Vaticani, Colotianus. | Éditions : Qui fleta ou mulsa Heinsius qui inulta d'Orville qui flente Markland; qui multa Lycoride passus Wakker{voy. la note de Paley, à ce vers); qui ']u.ssa. Pierre Fontein; qui inusia proposé autrefois par Bœhrens.

Vers 61-66 : « A Virgile de pouvoir dire les rivages d'Actium, Phébus protecteur et la puissante flotte de César, lui qui, en ce moment, évoque les armes du Troyen Enée et les murailles fondées aux rivages de Lavinium. Cédez le pas, écrivains romains, et vous, Grecs, cédez le pas : je ne sais quoi va naître de plus grand que l'Iliade. »

Vers 67-74 : « C'est toi qui chantes à l'ombre des pins du Galèse Thyrsis et Daphnis jouant sur des flûtes usées par leurs lèvres, et comment les jeunes filles peuvent être

séduites par dix pommes, par un chevreau enlevé aux mamelles que pressait sa bouche*. Heureux de te procurer, en échange de fruits, des amours peu coûteuses ! Que pour celte fille, lui fût-elle ingrate, Tityre lui-même chante des vers ! Heureux Corydon qui cherche à posséder l'innocent Alexis, délices d'un maître campagnard ! »

Vers 75-76 : « Même quand, lassé par ses pipeaux, le chanteur se repose, on le loue encore parmi les faciles Hamadryades. »

Vers 77-80 : « C'est toi qui chantes les leçons du vieux poète d'Ascra, dans quelle plaine verdit le blé, sur quel coteau la vigne. Les vers que tu fais sont pareils aux vers que sur la docte écaille mesure le dieu du Gynthe en y posant les doigts. »

Vers 81-82 : « Celte poésie pourtant ne sera point sans plaire au lecteur, qu'il soit novice ou qu'il soit expert en amour. )>

Vers 83-84 : « 11 n'est pas moindre en cette inspiration, ou fût-il moindre... »

Vers 85-94- : « C'est à de tels sujets qu'ayant terminé Jason Varron se jouait, Varron, la plus grande passion de sa Leucadie. C'est aussi ce que racontèrent les écrits folâtres de Catulle par lesquels Lesbie est plus connue qu'Hélène.

1. Sur la foi de Scaliger, tous les commentateurs expliquent à l'envi : « Les mamelles d'une chèvre qui n'a pas encore été traite (inpressis, non pressées), afin que ses petits soient mieux nourris. » Le verbe imprimo n'a jamais eu ce sens. D'ailleurs lépithète de circonstance impresftis est ici toute naturelle : le poète donne au tableau de la vie et de la grâce en nous montrant le chevreau enlevé à sa mère au moment où il la tette, tandis qu'avec le sens imaginé par Scaliger, le mot imp ressis aurail pour but de faire savoir que le chevreau doit être gras et bien nourri. Ce n'est pas la peine d'inventer un sens à un mot pour remplacer un joli détail par une platitude : n ... Scaligero poelicœ venustatis sensu plane dest'duto » F. G. Barth, Prop. Prœf., p. 15 in fine. — De Marolle (p. 207) traduisait : « dont le laict ne se peut épuiser »; cela est inadmissible.

C'est encore ce que révèle une page du docte Galvus quand il pleurait le trépas de la malheureuse Quintilie. Et récemment, grâce à la beauté de Lycoris, que de blessures Gallus mort a baignées dans l'eau des enfers î Gynthie, elle aussi, devra la gloire aux vers de Properce, si parmi ces hommes la renommée veut me donner une place. »

M. Heimreich déclare que ce panégyrique tout entier est l'œuvre d'un interpolateur \ et M. Garutti s'empresse d'approuver". U. Ed. Ileydenreich a combattu leur opinion^; il n'a pas eu de peine à montrer qu'elle est insoutenable sur plusieurs points. Mais il n'a pas tout dit, et je crois que l'on peut répondre d'une manière phis concluante.

i° M. Heimreich prétend que les louanges de Virgile ne sauraient trouver place dans une élégie dont le sens général est précisément qu'il faut mépriser les poètes épiques et n'imiter que les poètes élégiaques. Du moment où l'auteur méprisait Homère, il a dû mettre de côté Virgile, l'Homère romain.

D'abord Properce ne dit nulle part, dans cette élégie ni ailleurs, qu'il faille mépriser Homère et les poètes épiques. Il ditàLyncée, et ceci est bien différent : a L'imitation d'Homère et des poètes épiques ne te servira pas plus dans tes amours que l'imitation d'Eschyle ou que l'étude de la philosophie : la grande poésie et les lois qui régissent le monde n'intéressent pas les jeunes femmes;

1. Clir. Heirnreicli, Quœsl. Prop., Bonn., 1863, p. 47 in fine — 51.

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