IV
Ennius hirsuta ciugat sua dicta corona.
Mi folia ex hedera porrige, Bacche, lua :
Ut nostris tumefacta superbiat Umbria libris, Umbria Romani patria Callimachi.
Scandantes quisquis cernit de vallibus arces, 65
Ingenio muros œstimet ille meo.
N. C. — V. 65 quisquis N D V quasvis F siquis G V ?» 2. cernit N H D.V ceinel F G | Éditions : Quisquis rétabli par L. Miiller, que Bœhrens etPalmer ont suivi; cernit rétabli par Palmer, Tous les autres : si quis cernet.
« Qu'Ennius couronne ses vers du rude laurier ; tendsmoi, Bacchus, des feuilles de ton lierre, afin que TOm-
1. Je supprime des vers qui n'ont point d'intérêt pour la recherche dont nous nous occupons en ce chapitre. Voy. la pièce entière, plus hau?, Question des interpolationst et la note.
NOM ET PATRIE DK PllOPERCE. 177
brie toute fière s'enorgueillisse de mes livres, FOmbrie, patrie du Callimaque romain. Quiconque, de la vallée, voit celte hauteur escarpée, doit en estimer les murs d'après mon génie ^ »
c) IV, i, 121-126
Umbria te notis antiqua penatibus edit
(Mentior? an patriae tangitur ora tuse) Qua nebulosa cavo rorat Mevania campo
Et lacus aestivis intepet Umber aquis.
Scandentisque arcis consurgit vertice murus, 425
Murus ab ingenio notior ille tuo ^
N. G. — V. 123 quam FDWH || V. 124 uhermss d'ordre inférieur, AskewianuSt Leidensis 2 de Burmann^y Dorvillianus 2; imber autres Mss, de peu de valeur ou perdus. \ Éditions : Si tepel L. Millier ut tepet uber Bœhrens. Il V. 125asis H FG assis H axis DV. I Éditions : Axis Avanzio {aldine de 1515), Muret, Scaliger; ands Ganter, Passerai, Guyet, Liévens, Ph, Dubois^ Broekhuyzen, F.-G. Barth, Burmann, Kuinœl, Lachmann (1816), Paldam, éd. Lemaire, Caruiti; Asis Jacob, Hertzbergi, P aimer ; asis Lachmann (1829); Asisi Lachmann définitivement *, Keil, Haupt, L. Millier, Bœhrens, LUtjohann, Paley, Wratislaw,
1. Ingenio meo, ablatif de prix, sans aucun doute (Hertzberg, Paley, Schulzc). Cf. Ovide, Amor., 111, 15, 11-14 :
Atque aliquis spectans hospes Sulmonis aquosi
Afœnia, quœ campi jugera pauca tenant, • Quœ tantum » dicat « poluistis ferre poetam
Quantulacumque estis, vos ego magna voco. •
2. Je repousse la ponctuation : v. 122 ... ora tuœ, — v. 12fi ... ille tuo? (Paldam, Hertzberg, Palmer). Si on Tadopte, tangitur et ora reprennent le sens propre ; le premier mot n'est plus dit au figuré, le second signifle frontière : « Toucbe<-t-on à la frontière de ta patrie, dans Tendroit où, » etc.
3. Ne pas confondre avec le Mentelianus, Leidensis 2 de François d'Oudendorp. Voy. plus haut, Manuscrits, chap. i", ^A in fine.
A. Voy. Hertzberg, Prop. El. T, 111, Commentar., p. iU.
178 ÉTUDES SUR PROPËRCE.
« L'antique Ombrie et des pénates fameux t'ont donné le jour (je mens? ou bien touché-je le lieu de ta patrie?) du côté où se voile de nuages, au fond d'une plaine, l'humide Mévanie; où, l'été, le lac de l'Ombrie* épanche des eaux tièdes; où, sur la hauteur escarpée, se dresse un mur, ce mur devenu plus fameux par ton génie. »
Tels sont les éléments dont nous disposons pour découvrir dans quelle ville naquit Properce. Cette ville était située dans rOmbrie (I, 22, 9; IV, I, 63-64, 121); dans la partie de l'Ombrie qui avoisine Pérouse (I, 22, 9); du côté de Mévanie et du lacus Umber (IV, 1, 123-424); sur une hauteur (I, 22, 9; IV, 1, 65-125); enfin elle jouissait déjà d'un certain renom (IV, 1, 121)*.
11 suffit de jeter les yeux sur une carte de l'Italie centrale pour se convaincre que la ville d'Amérie (Amelia), choisie par Scaliger, ne satisfait pas à deux des conditions les plus importantes : elle se trouve en effet très loin de Pérouse et très loin de Mévanie^, en dehors même de la vallée de Spolète. Est-elle davantage voisine de ce que Properce nomme le lacus Umber, lac de l'Ombrie? Oui, répond Scaliger, car ce lacus Umber n'est autre que le Vadimonis lacus*. Et, d'après lui, on s'explique aussitôt que Properce n'ait désigné que par des périphrases sa ville natale et le lac qui en est proche : Ameria, dit-il,