Baehrens, Prop, Eleg.y Prolegom.j p
6. Rheinisches Muséum neue Folge, fùnf und dreissigster Band 1880, p. 431 sqq., Vindiciœ propertianœ Frid. Léo scripsit. Voy. ce qu*en dit Guill. Lange, De Callimachi ^tiis, Lipsiœ, 1882» p. 11, note 2.
quand même, du nouveau, ou bien de leur crainte de paraître en retard aux yeux des novateurs. M. Lucien Millier, qui attribue le Neapolitanus plutôt au commencement du quinzième siècle qu'à la fin du quatorzième, prétend qu'à en juger seulement par l'écriture, on pourrait le croire du treizième, même du douzième, même du onzième ! De tout temps, une telle incertitude m'a paru cacher quelque confusion paléographique ; j'en ai acquis la preuve le jour où j'ai eu le manuscrit entre les mains.
Six caractères principaux, dont quelques-uns isolément ne seraient point assez concluants, mais dont la présence simultanée ne permet pas le moindre doute, prouvent que le Neapolitanus n'est point postérieur au commencement du treizième siècle ^ :
1" Les initiales vertes qui ont disparu vers 4220, — Voy. planches 2, 3 et 5.
2" Les e cédilles, $ pour représenter la diphtongue œ. — Voy. par exemple planche 4, v. 10, durç; v. 21, dominç... nosirç; planche 2, v. 47, perimedeç; planche 6, avant-dernier vers, cçlum.
3* Les accents sur i lorsqu'il y en deux de suite, ii^ afin de distinguer ce groupe de la lettre u^ tandis que les i isolés ne sont point ponctués. — Voy. planche 1, v. 11,
partheniis, v. 44, archadiis; planche 3j V. 2, alii; planche 4, v. 23, alii... alii.
4" Le signe k pour remplacer la syllabe et à la fin d'un mot. — Voy. planche 2, v. 40, oport&, v. 46,ual& ; planche 4, V. 6, scilic&, V. 12, hab&; planche 5, v. 3, scilic&, v. 5, uoI&; planche 6, v. 44, uert&.
5*" Les s finales droites, f, de beaucoup plus nombreuses
1. Je n*oserais pas être aussi afTirmatif si je n'avais pour moi Tautorité considérable de M. Léopold Delisle et de M. Châtelain.
2 ÉTUDES SUR PROPERGE.
pitoyables à travers lesquelles il s'était conservé expliquaient le mauvais état du texte, qui, en dépit de tous les efforts, ne pouvait être intégralement restitué. Ce récit, reproduit par Scaliger* et défendu par Nobbe*, n'est qu'une fable. Laurent Santen, en effet, remarque avec justesse * que le manuscrit dont se servait François Pucci pour annoter et corriger l'édition de Reggio de 4 481 et qui avait appartenu à Bern. Valla, était déjà signalé comme le plus ancien du temps de Pontano. Ange Politien * le qualifie de vetustuSy et voici la suscription qu'on lisait sur l'exemplaire de Pucci possédé par les Vettori :
Franciscus Puccius haec aiinotabat anno salutis MDII. Augustino Scarpinella comité studiorum sequutus fidem antiquissimi codicis qui p<" fuit Bernardini Vallae patritii romani viri doctissimi dein ab eo dono datus est Aiphonso II. régi i3eap°<^ principi litterarum amantissimo. Gontuli cum codice autographo... ad unguem omnia in nostrum hune exscriber.. . idibus iuliis MDXXI. P. Victorius ^.
1. J.-J. Scaliger, Cat.j Tib.y Prop.y édit. de 1577, Castig. in Prop., p. 168
« A'am avorum nostrorum memoria in cella vinaria inventu8 fuit{Proper^ tins) : ex quo exemplari pmnia illa, qtiotquot hodie in Italia habentur, descripta sunt. »
2. C.-F.-A. Nobbe, Obs. in Prop. carm, specim,, Lips, 1818, p. 10 sq. -• Un des arguments de Nobbe mérite d'être cité. Il dit, page 12, que le fait qu'un manuscrit de Properce ait été trouvé sous des tonneaux de vin dans une cave, n*a en lui-même rien d'invraisemblable. Gela est juste; mais «la raison qu'il en donne est piquante: n L'Amour, dit-il, se plaît au vin comme aux chants : Amor enim et vino deleclatur et carminibus », et pour le prouver il cite des vers de Properce à Cynthie, II, 33, 37, qu'il ponctue mal d'ailleurs.
3. Burmann, Prop. ELy Prœf. Santen. t p. 10 et 11. — Voy. aussi Hertzberg, Prop. EL T, /, Quœst., p. 231.
4. Centur, prim. Mise* cap» lxxxi. — Ange Politien vécut de 1454 à
5. D'après Frédéric Jacob, Prop. carm. y Prœféy p. 15 et 16. —Cf. Burraann, Prop. EL, Prœf. Santen., p. 8. — Pierre Vettori, né en 1499 à Florence, mort en 1585.
Si le manuscrit de Bein. Valla n'avait été qu'une copie de celui de Pontano, Pucci, élève de Politien et ami intime de Pontano, ne l'eût pas appelé antiquissimus codex. D'autre part, on ne peut soutenir que le manuscrit de Pontano et celui de Valla ne fussent qu'un seul et même manuscrit, puisque Perrejus non seulement reïève dans l'un et dans l'autre des leçons différentes, mais encore les distingue formellement dans les lignes suivantes écrites sur l'exemplaire de Catulle, TibuUe et Properce annoté et corrigé par lui :
Ëmendabam et annotabam Gatullum TibuUum et Propertium ego Ant. Perr... collatis vetustissimis exemplaribus alio Pontani alio Ëpî Gremon. alio Fran, Puccii nec non aliis Romae et Florent, habitis anno 15.. et 15.. ^
On pouvait donc de tout temps négliger le récit d'AlessandrO) une fois qu'on l'avait rappelé dans un intérêt historique ^ Aujourd'hui, ce qui le ruine tout à fait, c'est qu'on a la preuve que les Élégies de Properce avaient été retrouvées et étaient connues bien avant 144'0. Il parait certain que Pétrarque ^ en possédait un manuscrit dans sa bibliothèque. — Hertzberg*, qui l'affirme, en donne, il est vrai, une preuve insuffisante : « Pétrarque, dit-il, cite les vers 65 (et 66) EL 34, 1. II, écrits comme nous les lisons
1. D*après F. Jacob, loc. ct^,p.l7.— Cf. Burmann, loc. ci^,p.5.— -Les derniers chiffres des deux nombres ont disparu ; mais l'une des deux dates doit être 1528, car c'est de cette année que sont datés le Catulle et le TibuUe.
2. Voy. aussi, contre cette fable, D. Car. Lud. Struve, Observationum et emendatUmum in Prop. edendarum «pectm., Alton, 1804, p. 7 : « Si les manuscrits que nous avons, dit Stnive, avaient tous été copiés du temps de Pontano, qui vivait au milieu du quinzième siècle, il serait étonnant qu'une si grande variété de leçons se fût introduite en si peu de temps. »