‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 13 sur 192 · Hertzb., Prop. El. T. /, Quœst, p · texte numérisé non relu

Hertzb., Prop. El. T. /, Quœst, p

U ÉTUDES SDR PROPERCE.

siècle ; et le fait que Tapplication de ces ornements à la copie d'un poète classique soit exceptionnel, ne jpeut prévaloir contre les caractères généraux du manuscrit et contre le caractère particulier des initiales elles-mêmes.

Après le luxe des lettres coloriées, deux autres particularités ont attiré Taltention de M. Lucien Mûller.

Certaines corrections, dans des passages vicieux, sont faites de la même main que le contexte, et de la même encre ; mais on en trouve d'autres d'une encre beaucoup plus noire, et cependant les lettres y sont tracées tout à fait de la même manière que dans le reste du manuscrit; on y reconnaît la main d'un homme expert dans les imitations d'écriture. Il est exact, en effet, que certaines erreurs ont été corrigées, que des lettres ou des mots trop pâles ont élé retouchés à l'encre noire*, et il n'y a rien d'invraisemblable dans l'hypothèse que ces retouches aient été faites postérieurement par quelqu'un qui s'est appliqué à imiter récriture du manuscrit. Cela ne suppose, de la part du correcteur, ni beaucoup d'expérience, ni aucune espèce de ruse ; le procédé est à la fois facile et naturel. En tout cas, si l'on peut en conclure que, dans un siècle plus récent, on a imité sur le Neapolitanus l'écriture du treizième siècle, ce ne peut être que pour des corrections ou retouches, et non pour l'ensemble du manuscrit.

Enfin M* Lucien Mùller signale, comme venant confirmer ses soupçons, les petits traits obliques placés sur les i lorsqu'il y en a deux de suite; il dit que ceci a moins d'importance ; il ne s'explique pas autrement. J'avoue ne

i. Voy. planche 1» où la presque totalité des deux derniers vers et le dernier mot du troisième, en comptant du bas, sont retouchés de cette manière, sans doute parce qu*ils avaient pâli au point de devenir presque illisibles*

pas comprendre quel avantage il veut en tirer, puisque, pour ma part, j'y vois un motif de plus d'attribuer le manuscrit à la fin du douzième ou bien au commencement du treizième siècle.

Aucun des arguments de M. Lucien MiîUer ne peut donc me convaincre que le Neapolitanus ait été rédigé « au quatorzième ou plutôt au quinzième siècle par un copiste soucieux d'imiter l'écriture d'un siècle antérieur, le onzième par exemple, et peut-être induit à cela par le respect du modèle > . Gomment d'ailleurs M. Lucien MûUer et ceux qui adoptent son opinion peuvent-ils expliquer la parfaite continuité de l'imitation jusqu'à la fm du manuscrit, jusque dans ces dernières pages où l'écriture devient de plus en plus rapide et négligée * ? L'imitation se trahit toujours d'une manière ou d'une autre par une étourderie, par une hésitation, par l'empire de l'habitude, qui de loin en loin détourne tout à coup la plume du copiste ; elle se trahirait certainement dans ces soixante et onze feuillets, surtout, je le répète, dans les derniers, écrits à la hâte et par une main évidemment lassée ^.

Le système de M. Bsehrens est tout différent de celui de M. Lucien Millier. Il ne prête pas à une longue discussion ; il a pour mérite la simplicité, une simplicité qui tient quel* que peu à l'oubli des obstacles.

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