‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 127 sur 192 · IL— ÉTUDE D'UB PASSAGE D'OVIDE · texte numérisé non relu

IL— ÉTUDE D'UB PASSAGE D'OVIDE

Ijvide. Triât, IV, 10. 51-54

Yer;;riliam vidi tantum ; nec amara Tibullo

Tempus araicitiae fala dedere meœ.

Siicoessor fait hic tibi. Galle : Properlius illi.

Quartus ab bis série temporis ipse fui.

€ Je n'ai qu'entrevu Virgile; et la mort amère, en enlevant Tibulle, ne m'a point permis son amitié*. Celui-ci

1 . Par conséquent nuisibles. Tous ces systèmes ont quelque côté plus ou moins spécieux, et, si l'on s'occupe de Properce, on est forcé, dans Tétat actuel de la science, de perdre du temps à les approfondir.

2. Faut-il comprendre « n'a donné que peu de temps à notre amitié ■? Je ne le pense pas. Golbéry (éd. de Tibulle, p. 432) prétend que l'élégie

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fut Ion sucdesseur, Gallus; Properce, le sien. Moi, dans l'ordre du temps, je vins le quatrième. »

Sans être à l'abri de toute contestation, le sens de ce passage est suffisamment clair. Ovide, daus les vers précédents (41-50)*, rappelle les noms des poètes qui furent les amis de sa jeunesse : ^Emilius Macer, de Vérone; Properce, qui lui lisait tous ses vers; Ponticus, l'auteur d'une Thébaïde; Bassus, qui se plaisait aux iambes; Horace enfin, l'harmonieux Horace, qui savait tirer de la lyre ausonienne des accords si délicats. Il ajoute alors, avec un" noble regret, qu'il n'a fait qu'entrevoir Virgile; et cette cruauté du sort, qui lui ravit une si belle amitié, ramène sa pensée vers un autre poète dont l'œuvre et la personne l'intéressent plus directement, vers Tibulle, comme lui un élégiaque. On voit par quelle transition naturelle Ovide, qui tout à l'heure nommait ses amis, dit maintenant ses prédécesseurs dans le genre qu'il a cultivé davantage et qu'il a le mieux aimé, daus l'Élégie : « Tibulle succédait à Gallus; il précéda Pro-

d'Ovide sur la mort de Tibulle montre que les deux poètes se sont connus; je ne vois pas en quel passage de cette élégie Golbéry a fait sa découverte. Ovide n*avait que quatorze ou quinze ans quand Tibulle est mort. Voy. d'ailleurs, sur la date de rélégie d'Ovide, Teuffel, Geschichte der Rom, Hier., g 2i8, note 2, p. 523 de la 4* édition.

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