Les seules exceptions sont
230 ÉTUDES SHK PROPERCE.
mier livre ; il faut la rapporter à la même époque que l'élégie 1 ; elle est, comme celle-ci, dédiée à Tulhis. Quant à l'élégie 21, véritable épigramme funéraire, on ne saurait lui assigner une date plutôt qu'une autre. Ce que je désirais établir dans ce chapitre, c'est que les élégies à Cynthie ou sur Gynthie sont généralement placées dans l'ordre chronologique.
Properce (Sextus Propertius) naquit entre 54 et 43 av. J.-G. (700 et 74 a.u.c.) dans une ville de l'Ombrie, voisine de Mévanie et du Glitumnus; il paraît à peu près certain que cette ville n'est autre qu'Assise (Assisium)^ la patrie de saint François*.
Il ^appartenait pas, comme on l'a cru longtemps, à une famille de chevaliers. Le passage de Pline le Jeune ^ sur Passennus Paullus, où celui-ci est qualifié de splendidus eques romanuSj ne prouve rien, puisque l'adoption avait fait passer ce jeune homme d'une famille dans une autre. Le vers 131 de IV, 1, rapproché d'un passage de Pline l'Ancien, fournit un argument plus spécieux.
Prop. IV, 1,131
Mox ubi bulla rudi dimissâ est aurea collo.
1. Sources principales en dehors des œuvres mêmes de Properce:
Vies de Properce, par Volpi et par Barth entête de leurs éditions ; Hertz* berg, Prop, El. T. /, Qucut,, cap, I; J. Cranstoun, Life of Propertius en tête de sa traduction, Edimbourg et Londres, 1875; CaluUus, TibuUusand Propertius, by the Rev. J. Davies, Edimbourg et Londres, 1876; J. P. Postgate, Select Elégies of Propertius, Londres, 1881, Introd., chap. i.
2. Voy. plus haut Chronologie, chap. i ; Nom et patrie de Properce,
3. Pline le Jeune. Epistul, VI, 15, 1. — Voy. plus haut p. 189.
238 ÉTUDES SUR PROPERGE.
Pline l'Ancien XXXUI, 4(édit.Lud. Jan., t. V, p. 4 m fine).
... a Prisco Tarquinio omnium primo fllium, ciim in prœtextas annis occidisset hostem, bulla aurea donatum constat, unde mes bullœ duravit, ut eorum qui equo meruissent filii insigne id haberent, ceteri lorum.
On a interprété ce passage en ce sens que, depuis Tarquin TÂncicn, les enfants des chevaliers portaient la bulle d'or, ceux des plébéiens la bulle de cuir. MaisFestus (s.v. auream bullam), Aurel. TiciOT.{De vir. ilL, c. vi) et Macrobe {Satuim. 1, 6) déclarent tous trois que la bulle d'or était un ornement commun à tous les fils d'ingénus; un témoignage encore plus important, c'est celui du Pseudo- Asconius qui a mis à un passage de Cicéron (A et. II in Verr., I, 58, § 152) la scholie suivante :
Pseudo-Asconius, Schol, inAct. II in Verr.hb, I, § 152 *.
Simul cum prœtexta etiam bulla suspendi in collo infantibus ingenuis solet aurea, libertinis scortea, quasi bullientis aquse sinus communiens pectusque puérile.
L'assertion est formelle. Tous les fils d'ingénus portaient la bulle d'or; cet ornement les distinguait des fils d'affranchis. S'ensuit-il qu'il faille accuser Pline TAncien d'une erreur ? Non; une fausse interprétation lui a fait dire ce qu'il n'avait pas dit : il rapporte que le privilège de la bulle d'or réservée aux enfants des chevaliers a duré après Tarquin l'Ancien; il ne dit pas qu'il ait duré jusqu'au jour où lui, Pline, écrivait; il parle des premiers temps de la République.
1. Voy. le Cicéron d'Orelli continué par J. G. Baiter et Car. Halm, f éd., vol. V, partie il, p. 199 (Zurich, 1833).
Properce appartenait à une famille plébéienne* qui jouissait de quelque fortune territoriale, au moins d'une certaine aisance, mais que ruina la répartition des terres après la bataille de Philippes (41/713). A ce moment Properce était encore enfant : son père était mort*. Il fut redevable de sa première éducation à sa mère, qu'il perdit quelques années après avoir pris la toge virile. C'est ce qui résulte de la comparaison de IV, 1, 131-132 :
Mox ubi bulla rudi dimissa est aurea collo Matris et ante deos libéra sampta toga,
avec II, 20, 15-16 (à Gynthie) :
Ossa tibi juro pcr matris et ossa parentis (Si fallo cinis beu sit mibi uterque gravis !).
Vint-il à Rome encore impubère pour y faire ses études? Hertzberg^le pense, et cela est vraisemblable ; l'exemple d'Horace* et celui de Perse ^ montrent que l'on n'avait pas encore ouvert, dans les provinces, des écoles pour les arts libéraux et les humanités. On peut croire, avec M. Postgate, que la mère de Properce accompagna son fils et vint s'établir à Rome avec lui®. Bien qu'elle fût