Postgate, Select Eleg. of Prop., Introd,, p
réduite à une mince fortune, depuis la répartition des terres, elle ne ménagea rien pour lui procurer une excellente instruction : le caractère savant des poésies de Properce en témoigne assez. ^
A la différence des jeunes gens riches qui se destinent aux honneurs du Forum, Properce ne put aller faire un séjour à Athènes et y compléter son éducation. Il n'éprouvait d*ailleurs pour le Fonim que des sentiments de dégoût : il le traite d'insensé ^ Aussi, après avoir quitté la prétexte, au lieu de se faire Télève de quelque avocat en renom, il s'appliqua à Tétude et à l'imitation des poètes Alexandrins. En même temps, il se liait avec une jeune senante, nommée Lycinna^ qui était probablement ou qui allait devenir l'esclave de Cynlhie.
Il ne faut pas, comme Ta cru Herlzberg-, rattacher à cette époque la composition de certaines élégies du quatrième livre (él. 1 , 2, 4, 9, 10) ; ces élégies, comme toutes celles du même livre, doivent être attribuées aux dernières années du poète : M. B. Eschenburg l'a démontré par des raisons de métrique. Cela ne veut pas dire que le jeune poète vécût dans la paresse : il était occupé sans doute à conquérir le nom de docte que nul poète romain n'a mérité davantage ; mais de ces premiers essais, il ne
!. Prop. IV, I, i33 :
Tum tibi pauca suo de carminé dictât Apollo Et velat insano verba tonare foro.
"2. Hertzb., Prop. El. T. /, Quœst.yp. 17 à la note. — Contra B. Eschenburg, Quœst. Prop. lib. Mise, Bonn., 1864. — Voy. aussi Postgate, Sel. El. ofProp.y Inlrod.y p. 17. — M. Postgate, sans se prononcer nettement, a le tort d'incliner du côté de Hertzberg : It is nol necessary to suppose that Properlius tvas idle during this period. He was probably engaged in studying greek and roman littérature and antiquities, and leaming the name of doctus, to which no Roman poet lias a better right thanhe. It is also possible that he may hâve written some of the archoBological poems in the fifth book (4* de la \'ulg.).
nous est rien resté, ou du moins nous pouvons difficilement les distinguer parmi les élégies du premier livre : peut-être les pièces 16, 20, 21 se rattachent-elles à cette époque.
Vers l'âge de dix-huit ans. Properce rencontra Cynthie, qui était plus âgée que lui. On ne peut savoir au juste quelle était l'origine sociale de Cynthie. Elle se nommait, de son vrai nom, Hostia; c'est Apulée qui nous l'apprend*. Il est probable qu'elle était la petite-fille du poète Hostius ^, ou qu'à la faveur de son nom elle se faisait passer pour telle. Était-ce une affranchie ^ exerçant le métier de courtisane*? On ne risque pas de se tromper en la considérant comme une femme galante vivant sur un terrain neutre entre la considération et le vice à découvert \
Les relations de Cynthie et de Properce furent heureuses pendant quelques mois; il semble même que Cynthie y apportait tout d'abord plus de passion que Pro-
1. Passerai veut lire dans Apulée Hostilia au lieu de Hostia. — Bentley l'a réfuté, dans son édition d'Horace, Od. 11:^12, 13, en note.