Voy. BîBhrens, Prop. EL, Proleg., p
"iO ÉTUDES SUR PROPERCË.
habile pour tromper un œil exercé. M. BaehrcDS ajoute que c'est M. Auguste Mau qui a examiné pour lui ce manuscrit.
Voici, de mon côté, les renseignements que je dois à la complaisance de MM. Stevenson fils *, Maurice Faucon, archiviste paléographe, ancien membre de TÉcole française de Rome, et Pierre de Nolhac, ancien élève de l'École des hautes études, aujourd'hui membre de l'École française de Rome.
L'Otloboniano-Vaticanus, n° 151 4-, est écrit sur vélin ; il a été relié à nouveau sous Léon XllI. 11 mesure en hauteur 230 millimètres, en largeur 151 ; il comprend quatre-vingt-trois feuillets. Le titre est en lettres alternativement rouges, vertes et bleues ; un certain nombre de lettres, qu'on voulait écrire plus tard, ou qui sont effacées, n'y figurent pas, de sorte qu'il se présente à peu près ainsi':
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La première lettre du texte est ornée ; deux autres lettres ornées, plus petites, se rencontrent dans le cours du volume, aux- folios 43^ et 63^, en tête de la première élégie du troisième livre et de la première du quatrième.
1. M. Stevenson fils rédige en ce moment même, au Vatican, le caia^ logue des manuscrits grecs et latins. Je rappelle qu*il est membre de toutes les commissions archéologiques, et qu*il collabore au Bollettino d'Archeologia christiana de M. de Rossi. Son autorité est incontestable.
2. Qu'il faut restituer ainsi : « i^ropertii Aurelii n(a)utac umbri Monobifclos incipit ad TuHum. » Le P et Ve de Propertiiy dont la couleur avait disparu, ont été rétablis en noir par une main moderne.
Cette distinction équivaut à une division par livres. En général, chaque élégie est précédée d'un titre en lettres de couleur; quelques-unes cependant sont demeurées sans titre, entre autres les deux précédentes, sans doute parce que le copiste se réservait d'y mettre plus tard une ornementation spéciale pour marquer le commencement d'un livre.
Ce manuscrit a appartenu à la bibliothèque du Collège romain, dont il porte le nom à la première page, et à celle du duc d'AUaemps*, d'après une indication du folio 83.
A quelle époque l'Ottoboniano-Vaticanus a-t-il été écrit? Nous venons de voir l'affirmation catégorique de M. Baehrens : « à la fin du quatorzième siècle » ,sœculi XI V exeuntis, sans hésitation et sans raisons données à l'appui. Il en a semblé touf autrement à MM. Stevenson fils, Maurice Faucon et P. de Nolhac, qui ont bien voulu, tous les trois, examiner le manuscrit et m'autoriser à faire usage de leur opinion. M. Stevenson place la date de l'Ottoboniano-Vaticanus aux alentours de l^SO; le caractère des lettres ornées, d'une élégance précise et un peu sèche, ne permet pas d'avancer ni de reculer cette
1. La famille Âltemps ou Âltaemps est une vieille famille patricienne de Rome. Jean Ange d'Altemps, dont les livres composent la Vnajeure partie du fonds Ottoboni, vivait à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle. W était riche, d'un esprit cultivé et grand amateur délivres. Le 6 août 1601, il acheta la bibliothèque du cardinal Ascanio Colonna, au prix de 13 000 écus. Cette bibliothèque, fort précieuse, était convoitée aussi par le cardinal Frédéric Borromée pour VAmbrosiana de Milan. Dès le vivant même du duc d*Altemps, une partie de sa bibliothèque passa au Vatican. Paul V y fit prendre manu regia cent volumes parmi les plus remarquables. Le manuscrit de Properce, qui nous occupe, ne vint pas au Vatican par cette voie, mais plus tard, quand le cardinal Pierre Ottoboni, devenu pape sous le nom d'Alexandre VIII, fit l'entière acquisition de ce qui restait dans la bibliothèque du duc.
date d'une manière sensible. En France, le manuscrit serait évidemment de la fin du quinzième siècle * ; mais les Italiens étaient beaucoup plus avancés que nous, et M. Stevenson est disposé à croire l'Ottoboniano-Vaticanus de provenance toscane. MM. Faucon et de Nolhac aboutissent aux mêmes conclusions.
Ainsi donc, ce manuscrit, que M. Baehrens affirme appartenir à la fin du quatorzième siècle, doit être coiisidéré, jusqu'à preuve du contraire, comme appartenant au milieu du quinzième ^
Le Daventriensis, « aiter codex ^ de Burmann^, en parchemin, occupe soixante-huit feuillets déforme oblongue. Il ne contient que Properce, et même il ne commence qu'à 1, 2, \i, un feuillet s'étant perdu. Il a été écrit en Italie, d'une belle écriture. Le texte a subi très peu de corrections ; mais, en marge et de la même époque, se lisent des variantes ; au dix-septième ou au dix-huitième siècle, on en a ajouté quelques-unes. Ce manuscrit
1. La minuscule en est semblable aux caractères romains d'imprimerie.
2. M. P. de Nolhac me signale la présence, à la bibliothèque Vaticane, d'un manuscrit du quinzième siècle, écrit de la propre main d*Antonio Panormita, le fondateur de l'Académie napolitaine, mort en 1471. Ce manuscrit {VaticanuSy n° 3273), est en parchemin, de petit format, composé de quatre-vingt-trois feuillets, élégamment écrit, avec une lettre ornée au premier feuillet. Il ne contient que Properce et une élégie de Panormita lui-même à la fin. On lit en titre : Incipit monobyblos Propertii Aurelii nautœ and Tullum féliciter, avec l'addition suivante, en ligne verticale dans la marge : vel elegiarum secundum Nonium Marcellum, Les livres sont séparés; le livre II commence au folio 15; le livre III au folio 4-lb; le livre IV au folio 61b. La plupart des élégies ont des titres (verba januœ conqtierentia, intimaiio anùwi, etc.). Il y a, dans les premiers feuillets, quelques scholies marginales. — C'est un manuscrit sans importance philologique, mais intéressant comme autographe d'un humaniste fameux du premier âge de la Renaissance.
3. Burmann, Prop. El,,Prœf. Sanien., p. A. — Voyez pour la description de ce manuscrit Boehrens, Prop. EL, Proleg., p. 6 et 7.
se trouve à la bibliothèque publique de Deventer (Hollande) *
Quelle date faut-il lui assigner? A-t-il été écrit, comme le veut M. Baehrens, entre 1410 et l^SO? Je pense bien qu'il doit être plus récent et qu'il est probablement contemporain de rOttoboniano-Vaticanus. Sans doute, parce que M. Baehrens s'est trompé pour la date de ce dernier manuscrit et pour celle du Neapolitanus, ce n'est pas une raison, à elle seule suffisante, pour qu'il se trompe constamment : il ne s'est pas trompé lorsqu'il a vu le premier de quelle importance était, pour l'établissement du texte de Catulle, VOxoniensis dont M. R. Ellis avait donné les variantes sans en comprendre toute la valeur. Mais la double erreur de date, relative au Neapolitanus et à rOttoboniano-Vaticanus, n'est pas le seul motif qui, ^ dans le cas présent, doive mettre en garde contre les conclusions du savant éditeur. Il y en a un autre, plus général, et qui tient à la méthode même de M. Baehrens : M. Baehrens compromet à tout moment son beau talent de latiniste paléographe par la passion de vouloir sans cesse trouver du nouveau*. Il ne veut, à aucun prix, des manuscrits dont les éditeurs précédents se sont servis ; il faut qu'il ait les siens, qui soient bien à lui : les autres ne valent rien. Cette fois, en ce qui concerne Properce, sa tentative n'a pas été heureuse ; on le verra au chapitre de la Valeur comparative des manuscrits, et je crains bien que, se faisant illusion, il n'ait de très bonne foi vieilli les manuscrits qui lui sont chers et rajeuni ceux qui lui déplaisent.
C'est pourquoi je suis également porté à croire que le
1. Si je ne me trompe, M. Lucien Miiller l'en a averti, il y a quelques années, dans un article de revue.
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Laurentianus, qu'il dit écrit tout à fait au début du quinzième siècle, pourrait bien, lui aussi, être, d'une époque un peu plus récente, et se rapprocher plutôt de 1450 que de 1400. Ce manuscrit, qui se trouve à Florence, bibliothèque Laurentienne, est en parchemin, in-4% se compose de soixante-treize feuillets de vingt-huit lignes chacun, et ne contient que Properce. Il offre des corrections entre les lignes et dans les maires. C'est lui qui porte à la fin : Liber Colucii pyerii, puis ajouté d'une autre main : Liber Cosme lohanni^ de Medicis ^
Quant au Yossianus, c Yossianus secundus > de Burmann% M. Baehrens juge qu'il a été écrit vers 1360; on peut lui accorder que ce manuscrit est du moins de la seconde moitié du quatorzième siècle : il parait que les abréviations en usage dans ce siècle y sont fréquentes. Le Yossianus s'arrête à II, 1, 63. Il est en parchemin, grand in-8% composé de seize feuillets de vingt-quatre lignes chacun. Les élégies se succèdent sans intervalle, mais des lettres initiales les distinguent, et des titres ont jeté inscrits en marge. Ce manuscrit avait appai'lenu à Paul Petau. Il est actuellement à Leyde.
Le Groninganus^, après avoir appartenu à Sambucus, médecin viennois \ puis à André Schott, jésuite d'Anvers ^ est aujourd'hui àGroningue. Il se compose de six cahiers de cinq feuilles, de deux cahiers de six feuilles,
1. Pour la description de ce manuscrit et du suiv-ant, vny. Baehrens, Prop. EL, Proleg., p. 4 et 5.