Cf. Paldam, Rom. Erot., p. 41 sq
2. Cf., pour ce qui suit, l'excellente note de Moriz Haupt, Opusc, 1. 11^, p. 205.
HISTOIRE DE L'ËLËGIE. 279
également laissa des élégies, bien qu'on ait supposé que ses pièces en distiques étaient plutôt des épigrammes ; mais la place que lui donne Properce dans Ténumération de II, 34 in fine y doit le faire compter parmi les élégiaques. Si les anciens commencent l'histoire de l'élégie avec Cornélius Gallus, l'imitateur d'Euphorion de Chalcis, c'est que la génération d'Auguste se montra injuste envers Catulle et ses contemporains.
Il ne nous reste rien de Varron d'Atax, ni de Valgius Rufus, non plus que des autres élégiaques nommés par Ovide dans le deuxième livre des Tristes^. TibuUe, Properce et Ovide, avec Lygdamus et Sulpicie au second plan*, représentent pour nous l'élégie romaine. Les trois premiers sont les maîtres du genre ; doit-on leur assigner des rangs? Auquel, en ce cas, faut-il accorder la plus grande part démérite et d'inspiration? « Si Ton compare, dit Moriz Haupt, TibuUe, Properce et Ovide, il ne s'agit pas de savoir vers lequel de ces trois poètes on se sent le plus attiré : un jugement artistique ne se règle pas d'après les sympathies. Une critique objective reconnaît dans Properce le plus grand des élégiaques romains^. » Je ne prétends pas tirer de cette phrase plus qu'il ne convient d'y voir : TibuUe, Properce et Ovide sont tous les trois des poètes d'un grand talent ; on a le devoir de les admirer tous les trois, il n'est pas nécessaire de les clas ser. D'autre part, même dans la critique la plus impar-