XIV AVANT-PROPOS
bon, en philologie comme en toute chose, de déblayer par moment le terrain trop encombré.
Après une biographie qui . devait nalurellement être courte, la plupart des questions qu'elle soulève étant traitées, chacune à part et à fond, dans les études précédçntes, je présente des considérations sur le caractère et l'histoire de l'élégie. Je m'applique à montrer qu'on a tort de confondre Télégie avec le mètre élégiaque ; on s'arrête ainsi à des rapprochements superficiels, on en méconnaît de réels, et l'on donne pour les prédécesseurs des élégiaques latins d'anciens poêles grecs, qui n'ont avec eux aucune espèce de parenté sérieuse. L'élégie ne commence qu'avec les Alexandrins; encore n'est-elle bien elle-même qu'entre les mains des élégiaques latins. Il faut faire à chacun sa part; celle de Rome est la plus belle.
En comparant Properce avec Ovide et Tibulle, j'ai tâché de faire voir qu'il doit marcher au moins de pair avec eux; je me suis efforcé d'expliquer ses qualités et ses défauts par des considérations littéraires ou morales. J'ai recherché pour quel motif il est si peu apprécié par une partie de la critique, pourquoi l'on ne rend pas une justice suffisante à la force et à l'élévation de sa pensée, à la sincérité de ses sentiments, à son talenl de style et à la beauté remarquable de sa versification. Enfin j'ai tenté de déterminer le caractère de sa passion pour Cynlhie,