VI. - LElS DEUX ÉDITIONS DE LACHM AN N. - FR. JACOB
PALDAM, LEMAIRE, 6RUPPE
Ainsi donc l'interprétation faisait de notables et constants progrès; Muret, Passerat, Burmann y avaient, entre tous, contribué. Cependant l'état pitoyable du texte
1. «... Kuinœlium tacerc melius est, ne alucinanlis compilatoris fœda incuria nobis bilem, lectoribus tœdiummoveat. » Herlzb., Prop, El. T. /, Quœst., p. 257.
ne s'améliorait pas sensiblement; Scaliger, reprenant d'une main plus qu'il ne donnait de l'autre, en avait reconstitué quelques traits, mais défiguré Tensemblç. Personne encore ne s'était avisé de la seule méthode à suivre : examiner cette masse de manuscrits dont on se servait indistinctement *, écarter ceux qui n'avaient point de valeur, et classer entre eux ceux que Ton conserverait. Un savant, tout jeune encore. Cari Lachmann, eut cette idée, entreprit cette tâche et y réussit presque entièrement.
C'est en 1816 que parut à Leipzig, chez Fleischer, la première édition de Lachmann. Celui-ci distinguait tout d'abord deux manuscrits, le Groninganus (G) et le Neapolitanus (N) ;• puis, d'une manière secondaire, quelques autres, le Mentelianus en tête ^ ; enfin il accordait une certaine importance au manuscrit perdu de Bern. Valla, dont la trace peut se retrouver dans les notes de Pùcci conservées par Perrejus. J'ai dit, au commencement de ce chapitre*, pourquoi il y a peu de compte à faire de ces notes. Lachmann, du reste, n'en usa qu'avec défiance. En réalité, il donna tout crédit à G et à N : or nous savons que N est en effet le meilleur manuscrit de Properce. Quant à G, nous avons vu qu'il n'est point méprisable, et, si Lachmann lui donna le pas sur n, il ne faut pas oublier que ce fut de très peu *.
La préface est nette, substantielle, écrite avec une
1. Ed 1827, Paldam en citait encore une quarantaine, et il ne nommait que f les plus mémorables ». Voy. Palda m, Prop. Carm., Prœf,, p. 17 in /ineetlS.
!2. Voy. Bianuêcrils,