‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 6 sur 192 · J.-Jov. Ponlano vécut de 1426 à · texte numérisé non relu

J.-Jov. Ponlano vécut de 1426 à

pitoyables à travers lesquelles il s'était conservé expliquaient le mauvais état du texte, qui, en dépit de tous les efforts, ne pouvait être intégralement r^titué. Ce récit, reproduit par Scaliger* et défendu par Nobbe^n'est qu'une fable. Laurent Santen, en effet, remarque avec justesse • que le manuscrit dont se servait François Pucci pour annoter et corriger l'édition de Reggio de 1481 et qui avait appartenu à Bern. Yalla, était déjà signalé comme le plus ancien du temps de Pontano. Ange Politien ^ le qualifie de vetustus^ et voici la suscription qu'on lisait sur l'exemplaire de Pucci possédé par les Yettori :

Franciscus Puccius haec aimotabat anno salutis MDII. Augustino Scarpinella comité studiorum sequutus fidem antiquissimi codicis qui p*" fuit Bernardini Vallae patritii romani viri doctissimi dein ab eo dono datus est Âlphonso 11. régi neap"*^ principi litterarum amantissimo. Gontuli cum codice autographe... ad unguem omnia in nostrum hune exscribcr.. . idibus iuliis MDXXI. P. Victorius ^.

1. J.-J. Scaliger, Cat.f Tib.yProp., édit. de 1577, Castig. in Prop.f p. 168 • I^'am avorum nostrorum memoria in cella vinaria inventus fuit{Proper~ tius) : ex quo exemplari pmnia illat quotquot kodie in Italia habenturt descripta sunt. »

t. C.-F.-A. Nobbe, Obs. in Prop. carm. specim., Lips, 1818, p. 10 sq. — Un des arguments de Mobbe mérite d*être cité. 11 dit, page 12, que le fait qu'un manuscrit de Properce ait été trouvé sous des tonneaux de vin dans une cave, n*a en lui-même rien d'invraisemblable. Gela est juste; mais «la raison qu'il en donne est piquante: n L'Amour, dit-il, se plaît au vin comme aux chants : Amor enim et vino delectatur et carminibus », et pour le prouver il cite des vers de Properce à Gynthie, II, 33, 37, qu'il ponctue mal d'ailleurs.

3. Burmann, Prop. EUyPrœf» Santen. ^ p. 10 et 11. — Voy« aussi Hertzberg, Prop. EU T. /, Quœst,, p. 231.

•4. Centur. prirn. Mise, cap, lxxxi. — Ange Politien vécut de 1454 à

5. D'après Frédéric Jacob, Prop. carm.j Prœf^t p. 15 et 16. —Cf. Burmann, Prop. EL, Prœf. Santen.,^. 8. — Pierre Vettori, né en 1499 à Flo* rcnce, mort en 1585.

Si le manuscrit de Bern. Valla n'avait été qu'une copie de celui de Pontano, Pucci, élève de Politien et ami intime de Pontano, ne Teût pas appelé antiquissimus codex. D'autre part, on ne peut soutenir que le manuscrit de Pontano et celui de Valla ne fussent qu'un seul et même manuscrit, puisque Perrejus non seulement relève dans l'un et dans l'autre des leçons différentes, mais encore les distingue formellement dans les lignes suivantes écrites sur l'exemplaire de Catulle, TibuUe et Properce annoté et corrigé par lui :

Emendabam et annotabam Catullum Tibullum et Propertium ego Ant. Perr... collatis vetustissimis exemplaribus aUo Pontani alio Epî Gremon. alio Fran. Pucdi nec non aliis Romae et Florent, habitis anno 15.. et 15.. ^.

On pouvait donc de tout temps négliger le récit d'Alessandro, une fois qu'on l'avait rappelé dans un intérêt historique ^ Aujourd'hui, ce qui le ruine tout à fait, c'est qu'on a la preuve que les Élégies de Properce avaient été retrouvées et étaient connues bien avant 1440. Il parait certain que Pétrarque ^ en possédait un manuscrit dans sa bibliothèque. — Hertzberg*, qui l'affirme, en donne, il est vrai, une preuve insuffisante : « Pétrarque, dit-il, cite les vers 65 (et 66) El. 34, 1. II, écrits comme nous les lisons

1. D*aprè8 F. Jacob, loc» ct^,p. 17. — Cf. Burmann, loc. cit.fp.b, — Les derniers chiffres des deux nombres ont disparu ; mais Tune des deux dates doit être 1528, car c'est de cette année que sont datés le Catulle et le Tibulle.

2. Voy. aussi, contre cette fable, D. Car. Lud. Struve, Observationum et emendatimium in Prop. edendarum specim,, Alton, 1804, p. 7 : c Si les manuscrits que nous avons, dit Struve, avaient tous été copiés du temps de Pontano, qui vivait au milieu du quinzième siècle, il serait étonnant qu'une si grande variété de leçons se fût introduite en si peu de temps. »

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