Prop. IV, n
2. Elle présente d'ailleurs certains défauts graves signalés plus haut, p. 80.
culte qu'on trouve à se la procurer, son ancienneté relative, toutes ces raisons, s'opposent à ce qu'elle soit très répandue ; au contraire les textes de Keil, de Haupt, de M. L. MûUer ont transmis de tout côté la doctrine de Lachmann sans modification sérieuse. Aussi l'édition que M. Baehrens a publiée en 1880 et qui rompt avec cette tradition aveugle, fait-elle événement dans la critique de Properce.
La réputation un peu hâtive et bruyante, mais légitime à certains points de vue, que s'est acquise M. Baehrens, la place donnée à son édition dans la grande collection Teubner*, assurent aux idées qu'il exprime une double chance d'être entendues de tous, acceptées par les uns, discutées par les autres.
M. Baehrens a compris qu'au lieu de continuer à marcher en avant, il fallait revenir en arrière. Il revient à la division en quatre livres ; il donne le premier les variantes dfi AFDV; il relève à nouveau celles de m. Il étudie dans la préface, écrite avec méthode et clarté, des questions capitales, le classement des manuscrits, le nombre des livres, la chronologie. Sur tous ces points, il se sépare nettement de Lachmann et de son école. Enfin il introduit dans le texte quelques conjectures qui méritent d'être discutées '.
Pour la constitution du texte, l'édition de M. Baehrens est très utile à cause de la récension de AFDV; il n'en résulte pas que, même au seul point de vue paléographique, elle soit suffisante et puisse remplacer l'édition de Hertzberg. Si Hertzberg ne connaît pas AFDV, il donne les
i . Éditions critiques, grand format.
2. Bien peu, à vrai dire. Voy. I, 3, 16 ; U, 22; 17, 3. II, 6, 26; 34, 29. 111,2. U. IV, 1,40, 124; 9, 70.
88 ÉTUDES SUR PROPERGE.
leçons deGH, qui n'ont guère moins de valeur, et que M. Bsehrens néglige de parti pris à peu près entièrement.
D*autre part, on ne peut lire les élégies de Properce dans l'édition de M. Bsûhrens qu'avec la plus grande défiance, et cela pour deux raisons :
1"* Comme il prétend rejeter au second rang n qui mérite de beaucoup la première place, il est conduit à préférer quelquefois^ une mauvaise leçon de afdv à une bonne leçon de n . En voici quelques exemples pour des endroits où le doute n'est pas possible :
II, 8, 4 segnior, 37 sacra; 18, 22 nunc; 25, 43 prodente. 111,7, 52in?itam; 11, 25quam; 12, 4 facias; 16, 11 laBdit. IV, 12, 19 vaces
2"* En maint passage, il modifie le texte à son caprice, le plus souvent avec violence, et il s'abandonne à ce goût pour les conjectures aventureuses dont témoignent également ses éditions de Valerius Flaccus (1875), de Catulle (1876), de Tibulle (1878) et des Poetœ minores (4 volumes parus, 1879-82). On en jugera, quant à Properce, d'après les corrections suivantes, toutes inadmissibles :
, I, l,33m8esta;li,25elatus;8b,42 ovo;i3, 12 Adonis, 13cano;
18, 24 foliis; 20, 48 accito compare. II, 2, 11 sera vire ; 6, 37 per;
19, 1 decedis; 24, 1 sic loqueris cum tu; 33, 6 quacumque. III, 1, 35 me quoque per; 11, 25 arcis; 12, 14 si redient; 13, 9 maritas; 16, 29 atque; 18, 1 tundit, 34 vice ; 21, 28 ridebone. IV, 5, 10 postus; 4, 3 concavus; 6, 45 nunc en; 7, 69 motis; 11, 65 sella in gemuisse curuli.
Récemment M. Edouard Heydenreich a publié contre rédition de M. Baehrens un article très sévère*. Je n'irai