Philologische Rundschau, L Jahrgang, nM, col
pas aussi loin que M. Heydenreich, quand il reproche à M. Baehrens de n'être pas suffisamment renseigné : autant que personne, je veux qu'un éditeur s'entoure d'infor-* mations abondantes ; mais il ne faut pas demander Tim-* possible, exiger l'inutile. M. Heydenreich termine son article en regrettant qu'une édition savante d'un grand classique n'ait pas été faite avec plus de prudence et après une étude plus approfondie ; je donne volontiers les mains à ce jugement ^
On le voit : l'édition de M, Bsehrens présente avec celle de Lachmann (1816) cette ressemblance qu'elle répudie de mauvaises traditions, et que d'autre part, sur certains points, elle est bien près d'en établir de non moins mauvaises.
La même année (1880) parut à Dublin Ik bonne édition de M. A. Palmer '. Comme la plupart de ses compatriotes, M. Palmer a des qualités d'exégète plutôt que de critique : c'est un inconvénient lorsqu'il s'agit d'établir un texte* Son cercle d'informations me paraît trop restreint ; luimême se plaint de n'avoir pu se procurer tous les travaux désirables ^ En troisième lieu, il attribue à P {Cujacia-nus de Scaliger) un rang que ce manuscrit ne doit point occuper *.
Mais ces défauts sont atténués, dans une large mesure, par des qualités de premier ordre : la conscience et la
i. Les éditions de M. Bœhrens ont les vices des travaux précipités; au liea de s'attacher à quelques auteurs, on veut éditer tous les poètes latins, et l'on finit par ne laisser rien de durable.
i. Properce seul. Londres, G. Bell, et Dublin, E. Ponsonby. Cette édition Mt dédiée à ^1. R. EUts.
3. A. Palmer, Prop. EL, PrœfatUmiipost-icriptumy p. 64 : t.. . quorum eanjeciurœ.,. dif/icUlime ad nostram Thulen deveniunt. • Il n'est que juste de tenir compte de ces difficultés au savant et consciencieux éditeur.
4. Voy. plus baut, Manuicritt^ chapo ii. Valeur comparatwt, vers la fin.
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prudence. L'édition de M. Palmer est de la même famille que celles de Fr. Jacob, que la seconde de Lachmann (1829), que celle de H. Keil ; c'est une édition d'un caractère diplomatique. L'éditeur anglais pousse la fidélité au Neapolitanus, qu'il met avec raison à la première place, jusqu'à écrire en lettres italiques les mots ou les portions de mots qui ne se lisent pas dans ce manuscrit ^ ; il le suit également pour l'orthographe autant que faire se peut, même dans ses variations : par exemple, pour l'assimilation des prépositions préfixes, tmpro6ws et inprobusy collata et conlata. Il a compulsé lui-même trois manuscrits, N G P. Il a osé, le premier, rétablir persuadent I, 2, 13 leçon de n, pour laquelle G donne collacentei que les éditeurs se sont ingéniés à corriger, alors qu'elle ne devait même pas être mise en doute. Il ne s'est pas interdit quelques conjectures dans des passages suspects : on peut citer comme étant dignes d'attention II, 24, 8; 33, 12; IV, 7, 85 ^ Il divise, bien entendu, l'œuvre du poète en quatre livres, selon l'autorité des manuscrits.