‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 68 sur 192 · I. Prop. II · texte numérisé non relu

I. Prop. II

Quandocumque igiiur nostros mors claudet oceUoSy

Accipe quœ serves funeris acta met.

Nec mea tune longa spatietur imagine pompa,

Nec tuba sit fati vana querella met, Nec mihi lune fulcro slernatur leclus eburno,

Nec sit in Atlalico mors mea nixa toro; Desit odoriferîs ordo mihi lancibus, adsint

Plebei parvœ funeris exequice :

Sat meUf sat, etc...

Cette difficulté n^avaitpas échappé aux prédécesseurs de Lachmann. Beroaldodéjà s'eniaqùiétaîl; irproposait une double explication * : Properce avait ainsi parlé, ou bien parce qu'il avait rintention de composer trois livres seulement, ou bien parce que le nombre ternaire est le nombre sacré par excellence. La première explication a été reprise deux siècles après par Passerat, dans la suite par Paidam, et de nos jours par M. Faltin; je' vais y revenir tout à l'heure. La seconde doit être écartée, la religion n'ayant rien à voir avec le nombre des livres et la manière de les compter '.

Scaliger note le passage, mais il se borne à manifester sa surprise, et ne cherche pas de solution ; Paidam, en lui attribuant une opinion alors qu'il n'en exprime aucune, commet une erreur que Hertzberg a relevée ^

Broekhuyzen^ pensa qu'il y avait eu transposition et que ces vers devaient appartenir à une élégie du troisième

1. p*après Paidam (Prop, Carra., Prœf*, p. 23) citant la phrase même de Beroaldo : « Contenlum se esse trium librorum pompa vel quia très itttUummodo facere destinaverat, vel quia temartus numerus est potêntis^ êimus, ut docet Ausonius. • . •

2. G. F. Â. Nobbe, Obs, in Prop, Carm, speam., Lipsiœ, 1818, p. 23 : « ffam quid tandem sanctitatisïn librorum numéro? Sic astra num^ântur, non volumma, »

3. Hertzb., Prop. EL 7*. /, Quœst., p. 214. — Voici en effet ce que à\i Paidam, loc, cit. : « De tribus nondum absolutis libris Scaliger et Passeratiuê intelUgunt. • Or voici ce qu'avaient écrit Scaliger, d'une part, et Passerat, de Tautre : Scal., Cat,, Tib., Prop, Cast, in Prop,, p. 192 : « Nesâo quomodojubet très libellos sibi iio(i7ceu'eiv, quos nondum ut qui ne secundum quidem dimidium confecerit. » Passer., Cat., 7t6., Prop, PraUect. solenn. in Prop.» p. 296 : « De amoribus enim Cynlhiœ tre Êcribere instituerat, quod effecit, nam quartus alio pertinet, » On voit que ce n'est pas la même chose. Paidam n'a saisi tout cela que confusément. HerUberg, à son tour, on le verra un peu plus loin, attribue à Paidam une opinion qui n*est pas tout à fait celle de ce dernier.

4. Broekhujsen, Prop, El,^ II, 10» 25 (de son édit.) à la note.

IPS. £TDOES SUR PROPIRCE.

livre. BuiiâaDnS adoptant cette idée, proposa de les rattacher à Télégie 16, in fine^ du livre III (111, 14 de son édition); en même temps il trouvait possible la conjecture de Volpi. Volpi avait imaginé qu'il s^agissait des livres de Mimnerme, de Callimaque et de Philétas, les poètes chers à Properce. Cette interprétation est inadmissible et presque ridicule. Quant à la transposition, M. Lucien Muller ^ a très bien montré qu'une raison de métrique ne permet guère de s'y arrêter : l'élégie 13 du livre II, sur vingt-sept pentamètres, en contient trois terminés par un mot de plus de deux syllabes, ce qui est contraire à l'usage de Properce dans le troisième livre. Aussi sùisnje un peu surpris de voir l'idée de la transposition reprise tout récemment par M. Bsehrens ^

Fr.-G. Barth* avait voulu tout expliquer en supposant que Properce avait publié ensemble le deuxième et le troisième livre; mais il est peu vraisemblable que Properce eût mis cette pièce dans le deuxième livre et non dans le troisième. Fiirstenau^ qui prend l'opinion de Barth & son compte, ne m'a pas davantage persuadé.

Herlzberg ^ est d'avis que les trois derniers livres n*ont été publiés qu'après la mort du poète par des amis négligents ; ceux-ci, voyant que certaines pièces non classées se rapportaient au temps de ses amours, ont cherché dans quel endroit des premiers livres ils pourraient bien les insérer. Sans doute le manuscrit autographe offrait

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