Voigt, Ottvr. cité, p. 4-9. s
100 ÉTUDES SUR PROPËRCE.
aurait prouvé que telle où telle pièce est incohérente, serait-on en droit de conclure de cela seul que le texte est altéré ou perdu? Et si, toutes les fois que la suite des idées ne ressort pas clairement, on crie à la perturbation .du texte, que devient raflirmation de la plupart des critiques que Propercë est obscur, qu'il compose d'une façon défectueuse ou tout au moins inusitée?
Deiucième argument. Properce II, 13,17 dît que, le j our où la mort clora ses yeux, il ne veut à ses funérailles ni une longue suite d'images, ni les vaines lamentations de la trompette, ni pour son corps un lit aux pieds d'ivoire que recouvre une étoffe tissée d'or, ni des bassins remplis d'essences parfumées; il préfère de simples obsèques plébéiennes * ; puis il ajoute :
' Sat mea, sat magna est si très sint pompa libeHi
Quos ego Persephon» maxîma dona feram, .
ce que l'on peut traduire à première vue : « Ce m'est assez, ce m'est un assez beau cortège si j'ai trois livres que j'apporte, don précieux, à Perséphone. » Gomment celte élégie où le poète dit que, s'il venait à mourir, il ne veut point d'autre cortège que trois livres^ pourrait-elle se trouver dans le deuxième livre ? 11 faut que le lecteur, au moment où il la rencontre,soit déjà entré dans le troisième.