‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 77 sur 192 · Heydenreich, ouvr. cité, p. 13 m fine · texte numérisé non relu

Heydenreich, ouvr. cité, p. 13 m fine

t, Hertzb., Prop, EL T.1, QuoMt.yV- 115 sq.

110 ÉTUDES SUR PROPERGE.

nécessaire. Le Qtiœritis du vers i est l'équivalent du français on demande ; rien ne s'oppose à ce qu'une pièce dédiée à une personne déterminée commence de cette manière.

Cinquième argument. — Properce parlerait ici à Mécène comme s'il était admis dans son intime familiarité : nous voyons cependant qu'en deux autres passages où il lui adresse la parole, il le fait avec déférence et retenue (II, 1, 73; 111, 9, 1 sq.).

M. Heimreich ne s'explique pas davantage, et l'on peut se demander dans lequel des vers 17 à 38 il voit trace de cette familiarité si intime. Il s'agit sans doute* des vers 35-38, dans lesquels M. Heimreich se figure que Properce parle de l'amitié qui l'unit à Mécène. C'est un fort contresens. Il est clair, soit à la lecture de la pièce, soit même à considérer ces quatre vers isolément, qu'il est question de l'amitié d'Auguste et de Mécène ^ : « Toutes les fois que je chanterais les exploits d'Auguste, je mêlerais ton nom au sien, car vous êtes inséparables ; ainsi Thésée et Pirilhoiis, Achille etPatrocle. » Tel est le sens. Voit-on Properce se comparant à Thésée et à Achille et parlant de la fidélité que lui garde Mécène « dans la paix et dans guerre » (^v. 36). ?

Sixième argument. — Au vers 29, le poète dit qu'il célébrerait « les foyers renversés de l'antique nation étrusque. » :

Ëversosque focos antiquas gentis ElruscdB.

1. C'est ainsi que Tentend M. Heydenreich dans sa réfutation, ouvr. cité, p. 14.

2. C'était ravis de Beroaldo, Muret, Kuinœl, Lachmann, Fr. Jacoo, Hertzberg; c'est celui de MM. Paley et Schulze.

Il fait allusion à la guerre dé Pérouse.

Trois motifs s'opposent à ce que Properce ait pu écrire ce vers : 1* dans un développement destiné à flatter Auguste, il aurait placé le souvenir d'une guerre honteuse, souvenir fait pour réveiller des haines contre lui ; 2" s'adressant à Mécène et désirant le flatter, il lui aurait rappelé que ce pouvoir qu'il servait, cet homme dont il était l'inséparable ami, avaient ensanglanté le pays que lui, Mécène, revendiquait pour antique patrie:

Mœcenas eques Etrusco de sanguine regum ^

3° Et de Properce lui-même, que penserons-nous ? Il dit qu'il célébrerait la guerre de Pérouse, alors que nous savons par ses propres vers qu'il avait perdu dans celte guerre un de ses proches parents :

Qualis et unde genus, qui sint mihi, Tulle, Pénates,

Quaeris pro nostra semper amicilia.

Si Perusina tibi patriae sunt nota sepulcra,

Italise duris funera temporibus, Gum Romana suos egit discordia cives 5

(Sic mihi praecipue, pulvis Etrusca, dolor :

Tu projecta mei perpessa es membra propinqui,

Tu nulle miseri contegis ossa solo), Proxima subposito contingens Umbria campo

Me genuit terris fertilis uberibus. iO

€ Quel je suis et de quelle race, quels sont, Tullus, mes pénates, tu le demandes au nom de notre constante amitié. Connais-lu Pérouse, sépulcre de la patrie, deuil de Tltalie en ces temps durs où la discorde romaine poussa les citoyens?... (C'est ainsi que, toi surtout, tu me fus cruelle, poussière du sol étrusque : lu souffris

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