‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 88 sur 192 · Weber, Qucut, Prop.,p · texte numérisé non relu

Weber, Qucut, Prop.,p

138 fiTUDES SUR PROPERCE.

c Si Cynthie se montrait aussi facile pour moi que les courtisanes vulgaires, je serais sans doute brûlé d'amour, mais du moins je ne me tromperais pas moi-même, je ne m'en imposerais pas à moi-même, i Mais on ne Toit pas comment Properce, dans le cas présent, s'en impose à lui-même, se trompe et se fait illusion.

De plus, ce que personne n*a remarqué, c'est la contradiction flagrante entre le vers 7 :

Nec sic per totam infamis tradueerer Urbem

et le vers 10 de la même pièce :

Quare ne tibi sit mirum me quaerere yiles :

Parcius infamant : nam tibi causa levis?

c C'est pourquoi ne t'étonne pas que je recherche les filles vulgaires : elles déshonorent moins {ou à meilleur marché) ; trou- Yes-tu ce motif sans poids? >

Le poète vient de nous dire, dans l'élégie 23 et dans celle-ci, qu'il fréquente ces courtisanes parce que Cynthie est d'un abord trop difficile; que, si Cynthie était plus facile, il ne serait pas livré ainsi à la honte par toute la Ville (v. 7). A quelle honle? Bien évidemment à la honte de fréquenter ces filles du dernier rang. Mais voici qu'il nous apprend (v. 10) que leur commerce est moins déshonorant que celui de Cynlhie ! ou, si l'on traduit parcius t à meilleur marché )>, que l'un et l'autre se valent en déshonneur, et que c'est une simple question d'argent.

Je crois, avec M. Heimreich, que les vers 1-8 ne sont pas de Properce ; mais l'interpolation pourrait bien être plus ancienne et plus étendue qu'il ne l'a supposé. Les vers 9-

16, qui forment la fin de la pièce, ne sont guère plus satisfaisants que les vers 1-8 : M. Baehrens marque une lacune , entre lesvers lOetll ; la conclusion (v. 15-1 6) est par trop étriquée. Je pense, ou bien que nous sommes en présence d'une pièce tout entière qui s'est introduite dans le recueil de Properce, peut-être dès l'antiquité, ou plutôt que l'archétype était tellement lacéré à cet endroit, le texte tellement peu lisible, que la plupart des vers ont dû être refaits successivement par les copistes de manière à devenir méconnaissables ^ .

1. Si l'élégie U est de Properce, elle doit être rattachée ft l'élégie 23 et n'en foire qu'une avec elle, comme Ta bien vii M. Palmer»

Yidi te in sommis fracta, mea vita, carina

lonio lassas ducere rore manus, Et quœcumque in me fueras mentita fateri,

Nec jam umore graves tollere posse comas, Qualem purpureis agitatam fluctibus Hellen 5

Aurea quam molli tergore vexit ovis.

Quam timui ne forte tuum mare nomen haberet

Atque tua labens navita fleret aqua !

Quœ tum ego Neptuno, quae tum cum Castore fratri,

Quseque tibi excepi, jam dea Leucothoe ! 10

At tu vix primas extollens gurgite palmas

Sœpe meum nomen jam peritura vocas.

Quod si forte tuos vidisset Glaucus ocellos,

Esses lonii facta puella maris, Et tibi ob invidiam Néréides increpitarent, 15

Candida Nessee, caerula Cymothoe. '

Sed tibi subsidio delphinum currere vidi

Qui, puto, Arioniam vexerai ante lyram.

Jamque ego conabar summo me mitlere saxo

Cum mihi discussit talia visa metus. 20

N. G. — V. 8 atque iom les Mss. \ Éditions : Teque conjecture de HeinsiuSy proposée aussi par Hertzberg, Prop, El. T. III Comment. ,p Ail *, adoptée par Carutti,BœhrenSy Palmer. il V. 10. Éditions : Tum, au lieu de jam, BeroaldOy suivi par la plupart des anciens éditeurs, et de nos jours par Kuinœl, Lachmann (Édii, de 1816) «, Paldam, Keil, L. Muller, || V. 15 ob invidiam N G V m 2. prae invidia F D V m 1 .

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