Carl. Peiper, Quœst Prop., Creuzburg, 1879, p
Non tamen inmerito Phrygias munc ire per undas
Et petere Hyrcani litora nota maris Spargere et alterna communes caede pénates
Et ferre ad patrios prsemia dira lares ?
N. C. — V. 19 non tamen immerito N nunc Nm2FDVGHtuDVF m 2 jam V m 2 G H dura paras FDVG H dure Mss, infér. | Éditions : Nuin jam dura ou dure paras Vulg. Num Scaiiger, nunc Hertzberg dure Pucci suivi chez les modernes par Jacob, Lach- ■mann (1829), Hertzberg , Paley, Haupt, L. Muller, Carutti, Palmer.wV. 20 nota Mss \ Éditions : Lala Heinsius nuda Lachmann (1816, en noie) nauta Hertzlerg, Palmer Eoa Jacoby L. Muller longSL Bœhrens Icarii C. Peiper {QuœsL,p. 11-12). H V. 21 spargereque FD VH. | Éditions : Ëxterna Guyet, Pierre Fonteiny Carutti, Bœhrens. || V. 22 digna G V m 2.
Je ne donne pas la traduction de ces vers parce qu'il est impossible de leur découvrir un sens raisonnable, surtout dans la place qu'ils occupent. Je suis complètement d'acr^ord avec M. Heimreich : 1° quand il renonce à les expliquer ; 2» quand il croit, contrairement à tous les éditeurs, que le non tanien immerito de H conserve la vraie leçon, tandis que le nunc jam, dura paras de G ou toute leçon analogue des autres manuscrits constitue une véritable interpolation * ; 3° quand il reconnaît dans la prétendue élégie 30 du deuxième livre quatre fragments ^: vers 4-12, le poète s'adresse à un ami ou peut-être à luimême (pour ma part, je crois qu'il se parle à lui-même) ;
1. M. K. Ëllis, si je ne me trompe» soupçonne que non tamen inmerilo doit être rétabli.
2. C'est aussi l'opinion de M. Daehrens, Prop. El., p. 90, note.
vers 13-18, fragment d'une élégie à Cynthie ; vers 19-22, on ne sait ni à qui il s'adresse, ni ce qu'il veut dire ; vers 23-40, nouvelle élégie à Cynthie*.
M. K. Weber, rejetant les vers 19-22 comme interpolés, prétend que les autres fragments s'ajustent d'une manière satisfaisante ; il essaye de le montrer dans une long^ue dissertation ^ Selon M. Weber, les vers 1-18 doivent être
attribués à Cynthie ; il ne s'agit pas seulement de vers mis par Properce dans la bouche de sa maîtresse, mais bien d'une élégie composée par Cynthie elle-même; il est certain qu'elle savait écrire en vers. Cf. I, 2, 27-30, Properce à Cynthie :
Ciim tii)i praesertim Phœbus sua carmina donet
Àoniamque libens Calliopea lyram, Unica nec desit jocundis gratia verbis
Omnia quaeque Venus, quaeque Minerva probat.
Cynthie, dans les vers II, 30, 1-18, veut retenir Properce prêt à partir ; elle le dissuade d'écouter les propos austères des vieillards et l'invite à mener une vie de plaisir et d'amour. Properce, dans les vers 23-40, répond à Cynthie ; il proteste qu'il n'a jamais été sensible aux discours tenus sur son compte ; il s'excuse de songer à partir : c'est qu'il désire connaître la Grèce; et il prie Cynthie de l'accompagner.
L'hypothèse de M. Weber, attribuant à Cynthie les vers 1-18, est une gracieuse idée, mais elle ne repose sur aucun fondement. Sans doute Cynthie faisait des vers, et ceux qui nous occupent sont pleins d'élégance dans la pensée, de douceur dans le sentiment et de gentillesse
1. Chr. Hcimreich, Qucest. Prop., p. 18-19. "1. K. Weber, j3uœ5^ Prop., p. l-2-!20.
dans l'expression * ; on peut y trouver un certain charme féminin. Cela suffit-il pour rendre vraisemblable que ces vers aient été composés par elle alors que rien ne s'oppose à ce que Properce en soit l'auteur? Je dirai plus : les vers 1-18 portent bien la marque du talent de Properce. Le mouvement brusque par lequel la pièce commence, l'intervention des noms grecs et des souvenirs mythologiques, tout cela est conforme aux habitudes d'esprit et de style de notre poète -.
Quant aux vers 23-40, M. Weber les interprète avec trop de hardiesse. Le poète, dans ces vers, invite Cynthie à venir avec lui habiter la campagne, à visiter dans la ro-
1. « Denique hi omnes versus lanlam sententinrumelegantiamoslendimt, tantam suavitatem animi spirant^tantisque facetiis compositi sunt.ut aptissime feminœ amatorem blandis verbis retinenti tribui possint, prœseriim cum Cynthiam in vcrsibus componendis non rudeni fuisse constct. » K. Weber, ouvr. cité, p. 14.