D. CaruUi, Prop, Cynth,, p
3. De Prop. laudis Vergilii prœcone. Ce travail a paru daâs les Commentationes philologœ écrites en l'honneur de Georges Curtius par les élèves et anciens élèves du séminaire philologique de Leipzig, 1874, p. 1-22.
si tu veux leur plaire, prends plutôt pour modèles Callimaque et Philétas*. >
Parce que Properce conseille à Lyncée, dans un bul déterminé, d'imiter les poètes élégiaques plutôt que les poètes épiques ou tragiques, parce qu'il le détourne, toujours au môme point de vue, de suivre les traces d'Eschyle ou d'Homère, est-ce une raison pour qu'il ne fasse pas réloge de Virgile ?
Bien au contraire. Il veut persuader à Lyncée de se livrer à la poésie amoureuse et, comme nous dirions aujourd'hui, intime ; il s'applique à lui montrer qu'elle n'est indigne de personne, et il trouve en faveur de sa thèse un argument puissant dans ce fait que Virgile, poète épique, n'avait pas dédaigné de la cultiver. « Et Virgile, ajoutet-il, y est demeuré égal à lui-même » nec minor his animis (v. 83). Au vers 85 (hœc quoque iperÇecio ludebat lasone Varro)^ il rappelle les Argonautes, œuvre épique de Varron, comme il a rappelé l'Enéide, œuvre épique de Virgile*. Le tamen du vers 81 a sa raison d'être dans la môme idée : non tamen hœc ulli venient ingrata legenti, a ceci pourtant ne sera point sans plaire au lecteur » ; pourtanty c'est-à-dire bien que ce ne soit plus, comme rËnéide, de la poésie épique.
On voit le raisonnement de Properce : pour relever un genre de poésie qui est le sien, le genre erotique, il invoque l'exemple de Virgile et celui de Varron, qui tous deux s'y sont exercés, bien que doués l'un et l'autre du génie de l'épopée. Nul ne s'étonnera qu'il ait consacré deux vers à Varron et vingt-quatre à Virgile.
Ainsi le premier argument de M. Heimreich se retourne