C. Peiper, ouvr. cité, p
8. Voici, (lu reste, le passage oii M. Peiper explique sa pensée, ouvr. cité, p. 11-12: « Isla convivia quamvis senes duri accusent, minime lande sua cariMii. Nam in iis locum habcstu, tibia docta, multa injuste perpessa. Nain cuni ab Athona oris tumore indignala in iMœandri fluctibus abjecla natarcs, pcr undas fluminis in Icarium mare, in quod influit Maîander, vecla ad nota litora pcrvenisli (ad lilora loniœ quœ no^a appellari neminem oflfendct) noc jam molle amantium sed durum armatorum inslrumcntuni in pugnis {alterna cœde) sonans sparsisti communes pénates (grœcanuii urbium iuterso dimicantiuin) et prœmia dira cognalarum illaruni gentiuni ad patrios lonum lares tulisli. Tu, quaî olim in Kphesii Callini elegiis dura fuisti (ferociter sonuisti), nunc in nostris conviviis ea uteris condicioiic, quam efllagitas pro indolc tibi innata, ut docte sonans indices amantium gaudia et dolorcs. »
de M. Peiper, quant aux vers 19-22, est séduisante, mais un peu subtile et fondée sur un texte trop douteux.
Je pense, pour ma part, que nous nous trouvons ici en présence d'un passage corrompu d'une manière désespérée comme celui que nous avons déjà rencontré II, 24. L'archétype devait être lacéré ou, pour toute autre cause, peu lisible; un copiste aura renoncé à copier un certain nombre de vers; il aura refait en partie les vers 19-22. On ne peut guère douter qu'il n'y ait une ou probablement deux lacunes; l'élégie II, 30 est formée des débris de trois ou quatre élégies mutilées. Les vers dont elle se compose dans les éditions, ne doivent être lus que comme des fragments; et parmi ces vers les distiques 19-22 sont lelloinent défigurés, qu'il faut les écartercomme inexplicables et sans intérêt.
loi ÉTUDES SUR PKOPERCE.
^,34^6I sqq.
Actia Vergilio custodis lilora Phœbi
Caîsaris et fortes dicere posse rates, Qui nunc iEneaî Trojani suscitât arma
Jactaque Lavinis mœnia litoribus.
Cedile Romani scriptores, cedite Grai : 65
Nescio quid majus nascitur Iliade.
Tu canis umbrosi subter pineta Gala^si
Tiiyrsin et attritis Daphnin arundinibus, Utque decem possint corrumpere mala puellas,
Missus et inpressis hœdus ab uberibus. ' 70
Félix qui viles pomis mercaris amores !
Iluic licet ingralae Tityrus ipse canat !
Félix inlactum Corydon qui temptat Alexin
Agricole domini carpere delicias !
Quamvis ille sua lassus requiescat avena 75
Laudatur facilis inter llamadryadas.
Tu canis Ascra}i veteris prœcepia poetœ,
Quo seges in campo, quo viret uva jugo.
Taie facis carmen, docta testudine quale
Cynthius inposilis tempérât articulis. 80
Non tamen ha3c ulli venient ingrala legenti
Sive in amore rudis sive peritus erit.
Nec minor liis animis aut si -|- minor, ore canorus
Anseris indoctô carminé cessit olor.
Ila^c quoque perfecto ludebat lasone Varro, 85
Varro Leucadiaî maxima flamma sua3.
Iluîc quoque lascivi cantarunt scripla Gatulli
Lesbia quis ipsa notior est Ilelena.
lloec etiam docti confessa est pagina Calvi Cum caneret miserse funera Quintiliœ. 90
Et modo formosa quam multa Lycoride Gallus Mortuus inferna vulnera lavit aqua !
Cynthia quin etiam versu laudata Properti Hos inter si me ponere Fama volet.
N. C. — V. fil Virgilio N F D V H Virgilium G | Éditions : Virgilio Vénitienne de 1491, Pucci, Jacob Vergilio Scaliger Vergilio est Bœhrens Vergilium Juntine de 1503, Vulg. Virgilium Aldine de 1515 11 V. 63 Trojanaque G, Passerai, Jacob II V. 67 spinela 6 Il V. 73 Alexim FD V G || V. 81 sane au lieu de tamen Heydenreich (de Prop. laud. Verg, prœc.yp. 14) Il V. 83 sim tous les Mss. minor ore canorus omis dans H \ Éditions : Aut si minor ore canorus Vulg. nec se minor Scaliger suivi de nos jours par Kuinœl et Paldam aut, si minor ore, canendo Lachmann (éd. de 1816. — // transpose ce vers après le vers 66). nec minor his audis, aut sic minor ore canorus Palmer nec, minor hinc animis aut hinc minor ore, canorus Bœhrens {en note) nec minor his (animis haut, si minor ore) canorus Munro nec minor his animis aut segnior ore canorus Heydenreich (loc. cit., p. 18) || V. 86 fama conjecture de Markland fl V. 91 quis multa, qui multa Mss. d'ordre inférieur, Vaticani, Colotianus. | Éditions : Qui flela ou mulsa Eeinsius qui inulla d'Orville qui flente Markland; qui multa Lycoriie passus Wakker {voy. la note de Paley, à ce vers) ; qui jussa Pierre Fontein; qui InusiSi proposé autrefois par Bœhrens.
Vers 61-66 : « A Virgile de pouvoir dire les rivages d'Actium, Phébus protecteur et la puissante flotte de César, lui qui, en ce moment, évoque les armes du Troyen Énée et les murailles fondées aux rivages dé Lavinium. Cédez le pas, écrivains romains, et vous. Grecs, cédez le pas : je ne sais quoi va naître de plus grand que l'Iliade. »
Vers 67-74 > « C'est loi qui chantes à l'ombre des pins du Galèse Thyrsis et Daphnis jouant sur des flûtes usées par leurs lèvres, et comment les jeunes filles peuvent être
séduites par dix pommes, par un chevreau enlevé aux mamelles que pressait sa bouche*. Heureux de te procurer, en échange de fruits, des amours peu coûteuses ! Que pour celte fille, lui lut-elle ingrate, Tityre lui-même chante des vers ! Heureux Corydon qui cherche à posséder l'innocent Alexis, délices d'un maître campagnard ! »
Vers 75-76 : « Même quand, lassé par ses pipeaux, le chanteur se repose, on le loue encore parmi les faciles Hamadryades. »
Vers 77-80 : < C'est toi qui chantes les leçons du vieux poète d'Ascra, dans quelle plaine verdit le blé, sur quel coteau la vigne. Les vers que tu fais sont pareils aux vers que sur la docte écaille mesure le dieu du Cynthe en y posant les doigts. »
Vers 81-82 : « Cette poésie pourtant ne sera point sans plaire au lecteur, qu'il soit novice ou qu'il soit expert en amour. »
Vers 83-84 : « 11 n'est pas moindre en cette inspiration, ou fût-il moindre... »
Vers 85-94 : « C'est à de tels sujets qu'ayant terminé /ason Varron se jouait, Varron, la plus grande passion de sa Leucadie. C'est aussi ce que racontèrent les écrits folâtres de Catulle par lesquels Lesbie est plus connue qu'Hélène.
1. Sur la foi de Scaliger, lous les commentateurs expliquent à Tenvi : « Les mamelles d'une chèvre qui n'a pas encore été traite (inpressiSy non pressées), afin que ses petits soient mieux nourris. » Le verbe imprimo n'a jamais eu ce sens. D'ailleurs l'épithèle de circonstance impresxis est ici toute naturelle : le poète donne au tableau de la vie et de la grâce en nous montrant le chevreau enlevé à sa mère au moment où il la telte, tandis qu'avec le sens imaginé par Scaliger, le mot impressis aurait pour but de faire savoir que le chevreau doit être gras et bien nourri. Ce n'est pas la peine d'inventer un sens à un mot pour remplacer un joli détail par une platitude : «... Scalicjero poelicœ venustatis sensu plane destituto ■ F. G. Barth, Prop. Prœf., p. 15 in fine. — De Marolle (p. 207) traduisait: « dont le laict ne se peut épuiser »; cela est inadmissible.
C'est encore ce que révèle une page du docte Cal vus quand il pleurait le trépas de la malheureuse Quintilie. Et récemment, grâce à la beauté de Lycoris, que de blessures Gallus mort a baignées dans Teau des enfers ! Cynlhie, elle aussi, devra la gloire aux vers de Properce, si parmi ces hommes la renommée veut me donner une place. »
M. Heimreich déclare que ce panégyrique tout entier est l'œuvre d'un interpolateur \ et M. Carutti s'empresse d'approuver ^ M. Ed. Heydenreich a combattu leur opinion^; il n'a pas eu de peine à montrer qu'elle est insoutenable sur plusieurs points. Mais il n'a pas tout dit, et je crois que l'on peut répondre d'une manière plus concluante.
V M. Heimreich prétend que les louanges de Virgile ne sauraient trouver place dans une élégie dont le sens général est précisément qu'il faut mépriser les poètes épiques et n'imiter que les poètes élégiaques. Du moment où l'auteur méprisait Homère, il a dû mettre de côté Virgile, l'Homère romain.
D'abord Properce ne dit nulle part, dans cette élégie ni ailleurs, qu'il faille mépriser Homère et les poètes épiques. Il dità Lyncée, et ceci est bien différent : « L'imitalion d'Homère et des poètes épiques ne te servira pas plus dans tes amours que l'imitation d'Eschyle ou que l'étude de la philosophie : la grande poésie et les lois qui régissent le monde n'intéressent pas les jeunes femmes ;
1. Chr. Heimreich, Quâsl. Prop., Bonn., 1863, p. 47 in fine — 51.