‹ Études d'archéologie et d'artChapitre 4 sur 54 · BAS-RELIEF DE PATISSIA · texte numérisé non relu

BAS-RELIEF DE PATISSIA

do la déesse montant sur son char, à l'Acropole, dans la tète de marbre qui appartient à M. Rampin (1) et dans celle qui, de ma collection, est passée au Musée de Copenhague (2). N'est-il pas d'un vif intérêt de noter dès cette époque chez les artistes athéniens ces mêmes qualités particulières qui, deux longues générations après, distingueront Alcamène de Pseonios et, plus tard encore, Praxitèle de Scopas?

Quant au sujet du bas-relief, Schœne fait observer avec beaucoup de raison que, dans l'état de mutilation de la stèle, aucune explication ne saurait être considérée comme certaine. Il regarde toutefois comme plus vraisemblable que la représentation est funéraire; on est, suivant lui, conduit à cette conjecture par la comparaison avec le célèbre bas-relief de la villa Albani communément désigné sous le nom de Leucothéa. La différence notable de taille entre les deux femmes n'est pas, remarque-t-il à bon droit, une objection contre cette hypothèse : cette même différence se retrouve, en effet, non seulement dans le bas-relief de Leucothéa, mais encore dans nombre de stèles attiques du quatrième siècle dont le caractère funéraire n'est pas douteux.

Assurément, cette interprétation n'a rien d'impossible. Cependant l'analogie sur laquelle elle se fonde ne me semble pas aussi frappante qu'à M. Schœne. Dans le bas-relief de la villa Albani, il est très naturel de reconnaître une mère faisant à ses enfants ses dernières caresses. Mais ici, est-il possible de voir une scène d'adieux? L'attitude de la jeune fille debout exprime, non point la tendresse ni la douleur, mais un profond respect. De la main droite levée elle entrouvre son voile, de la main gauche elle saisit et relève le bord de son himation. C'est ainsi qu'une femme salue une divinité, et c'est précisément l'attitude des Heures devant Koré sur l'une des faces du tombeau des Harpyes à Xanthos. La res-

(1) Monuments publiés par l'Association des Études grecques, 1878.

(2) Ibid., 1877 [cf. la notice précédente.]

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