ET TABLE DES PLANCHES
.1 ce liore cVfslhélique moderne, dont les auteurs se trouvèrent être tout ensemble des critiques et des artistes {\), des graveurs sur pierre fine de la prose et d'avisés manieurs de pointe et de pinceau, l'éditeur a jugé convenable de donner comme Illustration quatre planches attestant les dons de peintre et de graveur d' Edmond et do Jules de (ioncourt. De là, le choix des ouvrages hcllograve's par M. Schwartzweber^et riul reproduisent , en rcductlon, une aquarelle et une eau-forte de chacun des deux frères :
;l) Viiir les Eaux-forles du Jules de G^xconrl, imlii- • et catalojïuo jiar Pli. lUirly (Paris, in-folio, 1870) et, dans ics Gunci/uri. par A l)el/ant (Paris, in-18, 1889; les i liapitres iv, ix, \xiii et les paragraphes III et IV de l'appendii-c.
Edmond de Goncourl , cau-forle par Juins de Goncourt (1). — Frontispice.
29 (lu Ciilalofit/" de l'œuvre r/ravé de Jules de Concoiii'l. par Pli. Bui'ty :
« As.sis dans un fauteuil, l.*lo nue, tic profil, tourné ver.s la gauche, il fiuue une lonaue pipe de terre. »
Dimensions di' l'orlirinal . II. 0,lG — L. 0,16. (Calùnet des es- 1;nii|)cs).
Jules de Goncourl, aq^iarclle, par Edmond de Goncourt. (CMllection de Concourt) (2). — En regard de la page T.
Bien que l'arpiarcllc soit datée 20 nvrèl IS.'il, ce passage de lùi 18.. (p. 97) la défuiit cxaclenient :
'i Enfoncé paresseusement dans sa chauffeuse, il posa les deux pieds sur le chambranle de la cheminée, lança au plafond un épais nuage de fumée... »
Cette aquarelle a figuré à TExpo-silion centennale do l'art français en 1889. (N'^ 2S.'j du catalogue.)
Dimensions de forifdnal : II. 0,25 — L. 0,28.
lum-forte d'Edmond de Goncourl, d'après nn dessin de Chardin : Elude de Jaquet (Collection de Concourt). — En regard de la page 1.
L'étude de Jar/iiet par Chardin est ainsi décrite dans La Maison d'un mi.isle (tome I, p. 60) :
« Un Jarjuel.Vin petit laquais au grand chapeau aux bords
(1) Il exisic d' M. Edmond de Goncourt par Jules de Concourt deux autres portraits à l'eau-forte, dans des poses différentes (n" 12 et n» 19 du catalogue Ijurly).
(2) De son aquarelle M. Edmond de Goncourt a donné une reproduction à l'enu-fortc qui se Voit au ('al)inct des estampes.
retroussés, à la liouppelandoî qui lui toiube sur les talons; il désigne de son bras droit étendu quelque chose à la cantonade : »
Dimonsions de l'oau-forte ; H. 0,175 — L. 0,11 (Cabinet des oslampes).
Tannerie à Sienne, 18o6, aquarelle de Jules de (loncourt (Colleclion de Goncourl). — En regard de la page 1C5.
De cotte Tanmria, Edmond et Jules de Concourt ont donné, parallèictncnt à l'aquarelle, la peinture écrUe suivante dans leurs notes de voyage, L'I/alin d'Iiler :
Dans la montée de cotte sorte de chemin de ronde, (|iu fait le oiir de Sienne, et dans leiiucl, des pans restés debout d'un nna* des anciennes fortifications, descendent de girandes onilires aux denteinres liizarres. oii. ohs(nu's et noyés en la iionoml)re, émeriïent dans II' soleil, di's nuilris, à la pourpre éclatante de la couverture, nu\ ei'iairs des plaques de cuivre, toutes cliquetantes ; — là dans co chemin, eniri' un(^ colonne en pleine lumière, à 2::uiche, et ;i dcdili'.la nriiil;i;-rne auv eliviers d'hiver verde,s:risés, portant l'église S.ui Dominico. soudain m'es! apparne, une tannerie : un ciiin de bâtisse à faire la yn.' de Decanijjs, un morceau de ])aysai;v iu-l)ain, chanfVé, recuit, ca,li-in(', rissolé, avec des pétards de hlanc d'arijent, de vermillon, d'outremer, dans des ombres de Ijitnme et de terre de Sienne bridée.
l'n jtctit nuu' montant ;\ La faciin d'une rampe d'escalier : un petit mur hlanc, ayant l'air de rraie izrattée, rayée, égratignée, et lont reciiuvcrl île peaux qui si^ lient, suspendues à des moitiés do cerceaux, des 1) aux de loiiles couleurs : des peaux couleur d'amadou, couleur de feuilles siM-hiîes. couleur de lie de vin, glacée de tons hlini.àires. Au has d'uni» terre, ipie l'i'i'uuttement di! l'eau chargée de tan, a rendue tou:e rougr, un grand réservoir, rempli d'une eau vei-ilàire. du vert dense d'im marljre, et dans cette eau, comme solidi', les rellets du nnu- blanc, de la terre rouge, des peaux multii'iiliires, avec au luilieu de ces taches, arrêtées par de dures ceriiiTs. di's rayuri^s de hqiis, ilans Icsipielles se mire le bleu inaltéré
du rirl.
Contiv II' i-rserviiir, s'i;lè\-e un hàlimeut à l'aspect d'une ruine antique, un ;:!Mnil li:iiinii'ni de brique tout rouge, oi^i le ])làtre qui le i-ecijii\ rail , ci-lale sous l'action du soleil, n'a laissé que
— ail —
iiuclqucs csiiuillcs bkuiclK'S ; un Ijàtinieiit aux trois iiiiiueiiscs baies rinti-ècs, sans ixjrle, et où, à la jilaro des ])orles, suut encore suspendues de grandes peaux ([ui (int l'air d'animaux desséchés. Et au-i,lrss\is de ces li-ijis Ijaies, dont le dessous est tout enieraudé par les jolies nuances Ci-i.uidi.'s de l'iiuinidité, une (errasse, au haut de kuiuellc, autour des pilastres, se contournent les sarnients desséchés d'une vigne, (|ui l'ait, le toil de l'édilice en été...
Oh! tout à lait un nioliC de Decanips, dans l'alniosphère liiupidenient elaii-e d'un jour d'hiver italien, et dans un air charge d'euianati(jns acres, toniques, astringentes. »
Dimensions de l'original : II. 0,15 — L. 0,\b.