PASTEL
un atelier, un carton à la main. Los étoffes sont estompées au pouce avec ampleur. Dans la figure, les points lumineux aux saillies du front, de la pommette, du nez, sont indiqués d'une touche de crayon délibérée.
DESSINS
Cette année , le dessin est pauvre , bien pauvre, très pauvre. Rien, ou presque rien. Un Yidal et un Bida, et puis c'est tout. Vainement, à ces deux ou trois salles encombrées, vous demanderez de ces aquarelles d'IIoguot, avec ces premiers plans relevas de frottis de gomme, ces ciels épongés, ces lumières enlevées au chiffon ; vainement vous demanderez un de ces vieux murs râpeux, grenus, plâtreux , éclaboussés, que M. Tesson fait si bien venir au bout de son grattoir ; une de ces fantaisies amoureuses que M. Baron livre au papier-torchon ; un de ces carrés de papier bleu où lE. Ciceri jette un ciel, une écluse, un rideau (d'arbres, de quatre coups de crayon noir, d'une
PEINTURE
traînée de crayon blanc, ou de ces pochades au petit pinceau, grandes comme la main, oii Ziem fait tenir un soleil couchant, versant ses adieux d'or; ou bien encore de ces descentes d'escaliers royaux, par Eugène Lami ; de ces fêtes du duc d'Orléans, toutes chamarrées d'uniformes, tout égayées de parures, croquis qui semblent badinés par un grand seigneur, en rentrant chez lui, avant d'ôter ses gants paille; vainement vous demanderez un Samson, un Combat des Cimbres, une Rf^pétition de singes, de ces prodigieux dessins à outrance de Decamps, faits de toutes choses, travaillés de tous procédés, emportés de couleurs à l'huile dans les lumières comme des esquisses de Bcnedetle; vainement vous demanderez de ces admirables dessins de Gavarni, à dessous de fusain et de crayon rouge fixés, et touchés par-dessus d'aquarelle, de crayon lithographique, de gouache, de pastel; — de tout cela, l'Exposition est veuve, et ce n'est pas au Palais-Royal qu'il faut aller pour se faire cette opinion que l'aquarelle moderne, aidée de toutes les ficelles, atteint, entre les mains de ces maîtres, à la vigueur et à la solidité de la peinture à l'huile.
DESSINS
BIDA (m). — Une Fellah du Caire, un vase on cuivre sur la tôte ; au front, une ferronnière de sequins, et vôtue d'une chemise de toile bleue qui tombe jusqu'aux pieds, chemise semblable à certaines robes de Bourg, en Bresse, qui n'indiquent que le ressaut des hanches et la saillie des rotules. L'Egyptienne laisse tomber maternellement la main sur la tête d'un enfant qui porte sur la paume droite, dans un geste familier à tous les bambini arabes, une sorte d'alcarazas. Il marche , l'œil fendu , le nez épaté, de grands cercles d'argent aux oreilles, un collier de grains rouges au cou; il marche, la main de sa mère sur la tête, charmant de toutes les grâces de l'enfance. — 110. La Bastonnade. Une magnifique composition de M. Bida, exécutée à sa manière. Des dessous d'encre de Chine rehaussés de fines touches de blanc, des ombres reflétées des petites égratignures des lithographies de Lemud, un travail doux, menu, imperceptiblement haché, estompant l'aspect général. Mais, cette année, nous ne savons quelle sécheresse a ôté à M. Bida le noir gras et suiffé de ses premiers dessins.
PEINTURE
CLERGET (Hubert) (266). — Château de Lucie. Peu de dessinateurs mettent plus d'esprit à leur crayon d'architecture que M. Clerget. Il sait parfaitement, dans le fouillis de la décoration , ce que la mine de plomb doit négliger, C3 qu'elle doit indiquer, et, la plupart du temps, c'est avec un rien, un point noir, une volte de crayon, avec tous les bonheurs d'une pointe vagabonde, qu'il enfonce ou fait saillir les guipures de la pierre.
EUSTAGHE (426). — Intérieur de l'usine de Fourchambault. Dessin travaillé de crayon noir, comme les dessins de Leleux. Toute la lumière est concentrée sur la coulée de fonte étincelante qui se reflète et se brise, et joue sur les poutres liées de l'immense charpente.
JOLY. — M. Joly a eu chez Susse de petites aquarelles limpides et perlées, et toutes pétillantes de lumière, d'un lavis très original.
LAGIER (747). — Un portrait de femme, où le crayon couché égrène le papier de larges frottis. La tète, d'un travail serré, se modèle dans de moelleuses demi-teintes. L'amazone,
DESSINS
troussée cavalièrement, dessine de beaux plis sculpturaux, et, sans le secours des hachures, se croise de noir lithographique de main de maître. C'est par tout le dessin, un très heureux et très habile libertinage de crayon.
LALANNE (733). — Représente un chemin qui traverse un bois percé de clairières. Le feuille , déchiqueté aux troncs des premiers arbres, se masse dans les fonds en de belles teintes chocolatées d'une photographie.
MASSARD (883). — Fidèle et consciencieuse miniature de la Prise de la Smala.
MILLET (924). — Une petite tète de femme. Du sentiment dans les yeux, du précieux dans le faire.
PELLETIER (1005, 1006, 1007). — M. Pelletier, qui en aquarelle a poussé la science de l'arbre le plus loin et qui se jouait le mieux des difficultés matérielles de ce procédé pour la reproduction exacte du fcuillé, laisse envahir depuis quelques années ses aquarelles de tons sales et bourbeux,
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SOULÉS. — Que M. Soiilès plie sa feuille de whatman en deux ou en quatre, — grandes ou petites, — ses aquarelles sont toujours la même aquarelle depuis dix ans.
VIDAL (1245). — Près d'une petite étagère toute chargée de boites à bijoux et de fleurs, une jeune fille essaye et se met au doigt une bague qu'elle vient de choisir dans tous ces brillants. La jeune fille a de grands cheveux blonds ondés et relevés derrière la tôte, flanqués de grosses roses rouges. Elle a une robe Louis XV de lampas vert tendre , rayée de grandes raies, sillonnée de grandes arabesques blanches. Un bout de velours noir lui fait le tour du cou. Elle a des perles aux oreilles. La jeune fille regarde sa bague : un prétexte pour voir ses mains. Petite blonde mutine, coquette jeunesse, moqueuse déjà et mauvaise comme une enfant gâtée. Jolie rieuse que vous êtes ! jolie veuve que vous serez!... et de taille à dire à votre femme de chambre, deux mois après qu'il sera mort, en regardant cette rivière de diamants, vos diamants de mariée : « Que ce deuil m'ennuie ! A propos de qui donc suis-je
DESSINS
on deuil, Mariette? » — Les femmes de M. Vidal sortent d'un nuage d'aquarelle et de crayon, comme Vénus Astarté d'une écume de vague. Les tètes sont comme estompées de vapeurs dans les ombres ; les étoffes seules tiennent à terre ces êtres fragiles, veloutés comme l'aile d'un papillon, qui s'évanouiraient au baiser. C'est ce que sait M. Vidal, et il les habille d'un amour et d'un soin ! Le cassant et les reflets de la soie, le tournant d'un pli, il sait toute l'académie d'une robe par cœur. Une jupe, comme il la range, comme il la ballonne, comme il la bouffe, comme il la fait balayer le parquet et cacher une mule, vous le savez; vous le saurez mieux encore après avoir vu le n° 4245. Ah! les jolies histoires. Monsieur Vidal, les jolies histoires que vos filles d'Eve! Et si vous ne dormez pas l'an prochain, contez-nous encore et toujours : F/eurs et Bijoux.
YVON (4271). — Dessin tout empreint des douces joies du jeu de dames et de la famille.
PEINTURE
LAVIS d'architecture
AMOUDRU (1693). — Château de Josselin.
Les guirlandes d'arabesques, les lettres enrubannées, les enroulements de guivres, les gargouilles fantastiques, les palmettes de la crête, les dentelures, les découpures, tout l'étrange, l'original, le riche, le capricieux, l'imprévu, l'aérien, le guilloché de cette féerique fantaisie architecturale, arrivent heureusement sur le papier.
DELÏON (1701-1702). — Restauration intelligente de la mairie d'Orléans. Charmant plafond d'un détail d'exécution microscopique.
DESNUELLE (170")). — Très fidôle copie des fresques salpôtrisées de Notre-Dame-des- Doms.
LAISNÉ (1728). — Portail d'Étampes. Lavis d'un grand relief, statuettes bien conservées dans le goût gothique, détails bien retrouvés dans les masses d'ombre.
LAVIS d'architecture
xMAUGUIlN (1735). — Curieux projet de salle de spectacle pour une ville de deuxième ordre, avec une statue de la Morale au fronton.
QUESTEL. — M. Questel, uni à M. Desnuelle, nous donne, dans une nombreuse suite de dessins, la complète décoration de l'église byzantine que la ville de Nimes vient d'ouvrir au culte catholique.
SÏEINIIEIL (1753). — M. Steinhcil a exposé un véritable fac-similé d'un Crucifix du XII" siècle ; il a su traduire l'oxydation du métal, les fatigues de l'émaillure, les fissures, les ératlures, tout le travail de sept siècles sur ce morceau de cuivre.
TROCHU (1755). — C'est une très habile et très vraie restitution du Versailles du grand roi avec ses crêtes du toit, ses mansardes, ses deux pavillons-horloges dorés de bel or fin.
SCULPTURE
Bx\RYE (1295). — Un Jaguar dévoilant un lièvre. Le jaguar, le train de devant sorti de terre, est aplati sur ses pattes de derrière, le ventre creusant le sol. Arc-bouté sur sa patte gauche, dont la tête d'humérus fait saillie audessus de la ligne serpentante et effacée de tout le corps, il fouille, d'un mufle court et arrondi, les entrailles d'un lièvre; il fouille, le cou tout plein de terribles gonflements. L'avalement de la croupe, mamelonnée de puissantes contractions musculaires, la souplesse des pattes de derrière, ramassées sous la bête, la tranquillité du dos , oii la peau moins tendue se plisse sur le côté, la tension des muscles, les terribles froncements de la face, l'ampleur des mâchoires, les oreilles couchées, la mollesse de la patte
SCULPTURE
droite, le travail de la robe, travail sans relief, travail de rayures couchées dans le sens du poil, les rampenients faméliques, le beau dessin et la belle nature des raccourcis, l'opposition de parties de musculature au repos, de parties de musculature tourmentées, tout ce surprenant mélange d'élasticité et de force, font de ce bronze une de ces imitations de la grande nature féline, une de ces imitations au delà desquelles, nous le croyons sincèrement, la sculpture ne peut aller. Nous n'avons vu ni les chevaux de Calamis, ni les chiens de Nicias, ni les vaches de Miron, ni ce fameux chien de bronze se léchant une plaie, — un motif repris, l'an dernier, par M. Frémiet, — qu'on gardait au temple de Junon au Capitole ; mais nous avons peine à croire que jamais, en aucun temps, on ait égalé le prodigieux bestiaire de M. Barye. — Il se fait en ce moment en sculpture le mouvement que nous avons signalé en peinture. L'école historique se meurt dans l'art qui fait palpable comme dans l'art qui fait visible, C'est le paysage qui la remplace en peinture ; ce sont les animaux qui la remplacent en sculpture. La nature succède à l'homme. C'est l'évolution de l'art moderne.
SCULPTURE
•Dans les sociétés antiques, où d'ailleurs le soleil provoquait au nu, le beau plastique était l'ambition, le but et le moyen de la vie. Ecoutez Emeric David : « Une poitrine nourrie, des épaules fortes et souples, des reins soutenus, des .hanches serrées et d'aplomb sous le torse évasé, les cuisses élastiques, les pieds légers, voilà les vrais biens, dit un philosophe, parce qu'ils mettent en état d'entreprendre beaucoup de choses et de les exécuter. » Mais dans nos sociétés modernes, oii le beau des formes n'est pas coté, dans nos civilisations grolotantes sous le ciel froid, dans nos religions de pudeur, l'ébauchoir a beau chercher : le poème du nu est retourné à l'Olympe.
BLAVIER {mh.).— Buste de M. Tournachon.
C'est une tcte à Fépaisse crinière, rejetée en arrière, au front découvert, au bas de la figure saillant, aux lèvres épaisses et charnues, tète forte et puissante, renversée à la Mirabeau. Terre cuite pleine de bravoure, terre cuite pleine de belles vérités de nature venues aux premières caresses de l'ébauchoir.
BONHEUR (Isidore) (1306).—
Cavalier chas-
sant un Taureau. Groupe plâtre. Le cavalier a un petit air de tête antique, et le cheval s'essaie à ressembler à ses frères du Parthénon,
GAIN (1315). — L'aigle, les ailes déployées sur sa tète, les plumes hérissées, les serres contractées, la tête et le cou élancés comme un éperon de carène, la tète et le cou aplatis comme un reptile, regarde d'un œil terrible. Cet arrêt menaçant, cet aplatissement du cou et de la tète, qu'on accuse d'exagération, est d'un grand effet, et contribue puissamment à donner à cette sculpture ce caractère monumental que M. Gain porte en ses compositions. Admirable est l'exécution du détail. M. Fratin nous avait habitué à des aigles à écailles; ici les plumes, fortes ou légères, étudiées en leurs barbes, en leurs barbules, étagent habilement leurs lames tranchantes, et frémissantes qu'elles sont, semblent moulées sur nature. Il y a dans le cou des turgescences, des révoltes de plumes superbes. La queue, aplatie en éventail, se croise, se bifurque, s'enchevêtre dans un désordre de colère. Une patte de chevreuil dépouillée pend du rocher, droite comme un fil à plomb. Au bas.de
SCULPTURE
ces morceaux de roc, tout engluantis de viandes décomposées, pourrit une poitrine percée de ces vertèbres; et sur cette charogne, le roi de Tair plane magnifique. — (1316). Un Ibis chasse les Grenouilles. Il court, rasant le marais, bec et pattes sur le même plan horizontal. Dans le sinus d'une jonchée de joncs, une batracienne est déjà prisonnière sous sa patte ; une autre se débat, happée au bout de son long bec. M. Gain est le plus habile traducteur du courlis hiéroglyphique.
CAUDRON (1323). — Un chasseur indien lancé au pas de course, la tète et la poitrine portées en avant, une bete morte sur Tépaule gauche, les reins ceints d'un pagne, court, la tête retournée. L'élancé de cette course, Tanatomie presque osseuse de la race indienne, le type de la tête, le bonheur avec lequel une plante qui grimpe soutient cette figure volante, surprennent l'attention.
CLESINGER (1332). — Z^ Tragédie. La chevelure, relevée sous le bandeau royal d'une reine d'Euripide, descend enroulée de chaque côté du cou. L'épaule droite, dénudée, laisse
SCULPTURE
filer droit le bras dont la main tient le poignard. La main gauche ramène sur la poitrine un coin du peplum. Le chiton, chiffonné à la gorge, se creuse, se boursoufle en les mille plis des étoffes de lin. Le peplum, tombant par grandes masses, se casse à la hanche, au genou, au cou-de-pied, en faisant de petits tuyaux d'un goût misérable. Dans le dos, le torse, comme enveloppé de linge tordu, se dissimule sous des paquets de bourrelets. Le ciseau de M. Clesinger est moelleux; il amollit, il pétrit le marbre ; il met de la volupté aux muscles ; il coiffe avec goût ; son travail est quelquefois bien de la chair, mais il lui manque et l'ampleur de la composition, et la largeur du ciseau, et la sévérité du drapé; il lui manque le magistral. D'ailleurs, il a eu le tort de croire qu'on fait la Tragédie en faisant une tragédienne, — fût-elle M"" Rachel. Il a vainement essayé de masquer la nature maigre de son sujet sous la richesse outrée des draperies, mais par cela il est arrivé à une tête trop petite et disproportionnée. S'il avait bien vu la Melpomône du Louvre, ce colosse et cette grâce, il conviendrait avec luimême que sa Tragédie est une grande statuette, mais n'a jamais été une statue.
SCULPTURE
COMOLERA. — Un héron renversé, une aile repliée sous lui, l'autre battant l'air, s'efforce, d'une patte crispée, à retirer la flèche qui l'a percé. La pose est joliment trouvée ; les contorsions douloureuses de la tête sont pleines de vérité, et dans le bronze se hérissent bien les lamelles de plumes de l'échassier mourant.
CORDIER (1338). — Époux chinois. Groupe plâtre. Hao-tsiiig-tsing ! Salut, chers époux, qui avez accordé au Salon, comme on dit chez vous, « l'illumination de votre présence! » Couple prédestiné, uni avec un cordon de soie par le vieillard de la lune Youe-lao! Que le dragon à gueule béante, en face votre toit, avale Nioîci et mauvais sort! Que votre jardin fleurisse comme les jardins de Youen-ming-youen! Que toujours, sous les coups du maillet de bois, le loo vous chante harmonieusement ses musiques métalliques! Que jamais le long-tsing ne manque à vos tasses! Je vous aime, chers mariés; et sur ma carte de félicitation je vous dessinerai un enfant, un mandarin, un vieillard accompagné d'une cigogne, car je vous veux les trois félicités : un héritier, un emploi public, une longue
vie. — L'homme et la femme, à côté l'un de l'autre, sont vus jusqu'à la ceinture. La femme a une robe de soie à larges manches, attachée de yu d'argent, par-dessus un vêtement plus long. L'homme porte un grand spencer à manches, le ma-koua de son pays. Il n'a ni barbe ni moustaches, car il n'a ni soixante, ni quarante ans. La queue, qui lui part du sommet de la tête, vient reposer sur son épaule. A la main, il tient une petite pipe à opium. Derrière lui est une sorte de dossier, formé de grecques en bois de fer. La femme ne laisse plus pendre ses cheveux en longues tresses, ainsi qu'elle faisait, jeune fille ; elle les a relevés et évasés sur le haut du front; elle les a aplatis en masse et remontés derrière la nuque, comme une coiffe à la Isabeau. Et là-dessus, sur ces cheveux ainsi montés, elle a placé la grande parure, l'ornement d'or et de bijoux, le fong-hoang, le phénix chinois. Aux oreilles, elle s'est accroché les papillons filigranes. En main, elle tient son éventail. Derrière elle, sur une petite pagode, sont ses bottins de quelques pouces. Les sourcils se dessinent en une belle ligne courbe, comparable à la feuille du saule printanier; ses ongles
SCULPTURE
sont longs comme les griffes du bradype. Elle jette un regard moelleux de ses yeux obliques. C'est une sœur de la Siao-man du poète , une jeune immortelle du ciel de jade. — Le mari a le front et le bas du visage fuyants et inclinés en arrière, les lèvres proéminentes, le nez épaté, les narines écartées comme un Ethiopien, les sourcils relevés à l'extrémité. Il est beau, lui aussi; mais, hélas! il lui faudra manger encore bien des plats de pé-tsai, arrosés de bien des coupes de siou-hen-tsou, pour devenir un personnage considérable, l'air tchong et « de bonne mesure » , et bien emplir un fauteuil.
ELMERIGH (1374). — Gitillaume Tell et soîi Fils. Plâtre. Tranquille et contenue est la joie de ïcll. La pose du fils, qui se renverse sur le genou de son père pour lui mieux sourire, se contourne d'un heureux mouvement.
FAROCHOx^ (1383). — Saint Jean-Baptiste.
Statue en pierre de Conflans. Certes, il y a dans le Sai?it Jean de M. Farochon un effort de grandeur, de terreur, de simplicité évangélique. La retraite du corps jette en avant la main qui annonce le ciel. La bouche est largement ouverte
SCULPTURE
et vraiment criante, clamam in deserto. La robe, fendue aux bras, étoffe de grandes masses tombant à plis droits, l'ossature macérée du saint, et plaque à ses jambes maigries. Un reproche : M. Farochon croit-il que, pour faire saisissant et de relief, il soit nécessaire d'indiquer ses plans de chair comme par des coups d'ébauchoir carré, qui donnent à toute la tête, à toute une œuvre amenée au dernier point, le caractère d'une esquisse de glaise? — M. Farochon a encore exposé la Fermeté, un rébus sculptural. Au Salon de 1779, Jollain avait représenté un individu ailé qui démêlait un écheveau de fil d'or dont une femme tenait les bouts ; un autre individu ailé repoussait les nuages ; — et ce trio représentait le : Rctahlissement des finances sons ' M. de Necker!
FERRAT (1390). — Vase en bronze. Un vase autour duquel court une frise à l'antique de femmes et d'enfants ; au-dessous de la frise est écrit : « Avaçopa et; açpoStrrjV. » Deux Charités, les bras en l'air, leurs draperies flottant derrière elles, s'envolent de chaque côté du vase, qu'elles effleurent encore du pied, et lui forment comme
SCULPTURE
d'aériennes anses. L'idée est heureuse et charmante, et l'on peut dire de cette imagination ce que les anciens disaient de certaines délicatesses de l'esprit : « C'est un bouquet de roses des montagnes de Piérie. » Mais la frise est mal agencée, mal fouillée , mal dessinée, malgracieuse, et ne vous rappelle ni l'E-.? zpià-x, ni
FRÉMIET (1398). — M. Frémiet a rompu cette année avec la grande bête, et, selon nous, il a bien fait. Le chat et le chien, l'arrêt de l'un sur un escargot, la conspiration de l'autre contre la jatte de lait, l'honnête homme de chien, le coquin de chat; Belaud « si gentil, sinon alors qu'il dégaine cela dont il égratigne » ; Peloton « qui n'a guerre qu'aux mouches », voilà ses vrais modèles, j'allais dire ses vrais amis. Aujourd'hui, Belaud s'est jeté après cette volaille pendue à ce clou sur ce panneau de bois. Il a glisse d'abord; il a éraillé le panneau de ci, de là ; mais il a fini par prendre griffe ; il a passé le mufle sous le poulet, s'est cramponné sur son train d'arrière après le bois et a jeté ses deux pattes de devant au cou de l'animal, dont il dé-
jeune. Le mufle rengorgé, les yeux presque enfouis sous les joues qui remontent, il travaille la tripaille du poulet de toutes dents ; ses babines appétent, ses moustaches raidissent, les bulbes de son museau se gonflent; il mord, il suce, il pompe, la tête dans ce ventre ! Le travail de peau de la volaille, cet épidémie gaufré comme du maroquin du Levant, le plumetis qui est demeuré au dos, l'écaillé des pattes, l'œil clos et mort, sont d'un faire surprenant: c'est le poulet môme. La croupe du chat, le hérissé du poil, l'effort et le renflement de la colonne vertébrale dans cette gourmande suspension, sont aussi très habiles, et d'une très scrupuleuse étude.
GAYRARD (Paul) (1402). —La Cerito. Et ce n'est qu'un buste! Pas un mot de ces beaux bras, qu'on noue et qu'on dénoue si bien ! Est-ce qu'il ne restait plus, ô nymphe dansante, un morceau de Paros pour y fouiller vos petits pieds fiévreux, pieds de Bacchante et de Gamargo, vos petits pieds toujours bondissants aux carillons de l'orchestre? Pourquoi, de toutes vos grâces folles, emportées et bruyantes, M. Gayrard n'a-t-il gardé que la grâce muette de votre
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SCULPTURE
sourire ? Il l'a si bien chanté sur le marbre, votre sourire, et la volupté de vos lèvres fines, et votre nez fin, et votre petit front en fuite, et votre coquet menton rond ! Il a fait de vous un si charmant buste, qu'on regrette à le voir. Madame, qu'il n'ait pas fait descendre jusqu'à vos souliers de satin la guirlande de roses qui vous met à l'épaule son rouge baiser.
LESCORNÉ (1456). — Ariane. Marbre. La délaissée est étendue sur un rocher, la tête renversée dans un mouvement de désespoir. Cette tète, vue de profil et en dessous, présente le plus beau caractère de l'anéantissement; les yeux se ferment, la bouche s'entrouvre, les muscles détendus s'affaissent dans ce spasme de l'âme. Le corps se développe avec bonheur, les contours sont coulants, et, sous la caresse du ciseau, le marbre rondit, moelleux.
MAINDRON (1466). — Geneviève de Brabant, plâtre. — Les cheveux, retroussés au sommet de la tête, retombent en grappes ; le front est bas et bombé ; les yeux sont rapprochés et profondément enchâssés; le bas de la figure fuit dans un de ces raccourcis charmants qui carac-
SCULPTURE
térisent les têtes de la Renaissance. Geneviève se présente de profil, la tête inclinée et de face, la partie supérieure du torse en retraite , la hanche saillante et rebondie, la main droite posée sur le dos de la chèvre, placée derrière ; l'épaule tombe avec grâce, la gorge s'attache juste, le ventre est plein d'élasticité ; les montants des hanches robustes et puissamment emmanchés, les cuisses à pleine chair, dessinent de grasses courbes, et tout le corps à beaux méplats est bien ressenti, bien modelé.
PASCAL (Michel) (1483). — Deux petits garçons , deux frères , sont à genoux sur un oreiller, et accoudés sur un banc gothique. Un gros livre à grands fermoirs est sur le banc ; et tous deux regardent ensemble les très excellentes miniatures. Le plus jeune a les cheveux ras sur le sommet de la tète et tombant de chaque côté sur les oreilles. Il a un petit pourpoint lui serrant le bras jusqu'au coude, et de là laissant flotter de larges manches. Il a le maillot et de petits souliers à la poulaine. L'autre, le frère aîné, a un petit loquet sur la tète et nne grande robe qui lui descend jusqu'aux pieds.
SCULPTURE
avec les plis naïfs et cassés aux angles de la sculpture sur bois. Le plus jeune s'épaule sur Taîné, et chez les deux enfants c'est le même recueillement à regarder. Ce petit groupe d'une délicatesse et d'une distinction extraordinaires, d'une sagesse d'accessoires méritoire, de cette grâce maigre et souffrante qui semblait morte depuis les maîtres tailleurs de pierre du XV siècle, d'une délicieuse simplicité de sujet, et de poses, et de têtes, ce petit groupe est un merveilleux et charmant ressouvenir de l'art du moyen âge rajeuni et ressucité.
OTTIN (1504). — Polyphème surprenant Acis et Galathée, profil d'achèvement de la fontaine monumentale du Luxembourg. On ne peut refuser à l'antithèse de cette figure sauvage surplombant cette scène d'amour, le mérite de l'originalité.
PAUTARD (1510). — Le Silence, bronze.
Cette statuette, — commandée sans doute pour une communauté de femmes, — se drape en larges plis. La figure, maigre, allongée, pensive, est d'un bon sentiment gothique.
POITEVIN {mi). — Judith, groupe de deux figures, plâtre. Judith lève les yeux vers le ciel. M. Poitevin est entré dans le caractère de la Corday d'Israël. Les lèvres sont fortes, la figure pleine, les traits robustes, les ailes du nez renflées. La force des bras et l'énergie du cœur respirent dans cette femme charpentée pour les héroïsmes virils. Les deux mains jointes sur le glaive, tépide de sang, elle s'humilie fièrement devant le Seigneur. Le haut du corps est ceint d'une chemise ; aux reins s'attache un morceau d'étoff'e mis et enroulé comme la foutah d'une femme d'Alger. Le pauvre habillementque voilà, Monsieur Poitevin! et la coiffure magnifique sur la tète, et les habits de sa joie, et la chaussure très riche, et les bracelets, et les lys d'or, et les pendants d'oreilles, et les bagues, où est toute cette opulence dont nous entretient l'Ecriture? Nous n'avons que des éloges à donner au second personnage du groupe: la servante. Le nez courbe, les yeux fendus et fuyant vers les tempes comme dans les graphies du tombeau du roi Séti I", à Thebes, le menton court, les pommettes saillantes, la face ramassés, ce voile qui mange le front et qui part des sourcils, ce
SCULPTURE
coljier plat, ces seins découverts et un peu nubiens, cette pose accroupie comme le rémouleur antique, ces deux mains empressées, l'une qui tâte la tête, l'autre qui ouvre le sac; tout cela fait une figure excellente de type et de modelé, La tcte d'Holopherne, avec ses flots de grande barbe peignée et ondée à la persane , nous a rappelé les plus caractéristiques boiseries de Jean Rupin.
PRADIER. — Et nous allions reprocher à cette Sapho d'être endormie en sa pose, et de n'avoir rien de ce lascif, de ce palpitant amoureux, l'uypcv des Grecs ! Pradier est mort hier à onze heures du soir, à Bougival... Devant la mort, ce ne sont plus les œuvres qu'il faut voir, c'est l'œuvre ; et celle de Pradier a toujours été vivante de chair! elle a toujours consulté l'antique et toujours elle a été moderne ! Ç'a été tout le long de jours doucement glorieux, des nymphes, des divinités sourieuses, des muses aimables ; mais toujours d'un mouvement antique, il faisait une désinvolture contemporaine, elles plus belles, les mieux prises en leur gentil corps de notre temps se pouvaient reconnaître en
SCULPTURE
la frise enchantée du facile Polyclète... Comme en un chœur de danse charmé par Olympus, dans toute son œuvre, les poésies légères sont couronnées de fleurs et frappent du pied la terre... Comme en un chœur tragique, depuis hier les muses de Clodion pleurent sur une urne de marbre blanc...
RUDE. — Calvaire, groupe en bronze. Un Christ soutïlé , aux dessous anatomiques complètement dissimulés, une Yierge dans le goût de dessin des pierres tombales du XIV siècle, une belle tête d'apôtre d'un caractère tout moderne, des ornements semblables à la décoration de certains poètes allemands, font du calvaire de M. Rude un discordant assemblage en tous les styles.
GRAVURE
HENRIQUEL-DUPONÏ (M.) n'a pas exposé.
BUTAVAND (15S4). — Remarquable facsimilé d'un dessin de Raphaël, une des bonnes gravures, dans cette suite de reproductions des dessins de nos grands maîtres, commencée en 1848, et que nous espérons bien voir se continuer. Cette calcographie compte déjà des planches d'un mérite et d'une fidélité bien supérieure à tout ce qu'ont tenté les Anglais dans ce genre. Nous citerons entre autres, de M. Alphonse Leroy, que nous regrettons de ne pas retrouver au Salon, une Yierge de Raphaël, une tete de Van Dyck, une Yierge du Gorrégc d'une imitation photographique. Nous citerons cette année, de M. Lefman, une tête d'André del Sarte à la sanguine oiî la gravure, montée comme un dessin ancien, joue à s'y méprendre l'original.
GRAVURE
DAMOUR (1S58, 1S59, 1560), — Eaux-fortes chaudes et colorées comme les meilleures de Marvy.
LA VIEILLE (1S83). — L'habitude du cuivre donne aux dessins de M. Jacques le caractère de l'eau-forte, et M. Lavieille est arrivé à obtenir du poirier les effets des eaux-fortes de M. Jacque.
MASSON (1S94, 1S9S, 1596). — Que M. Masson feuillette r Artiste, il trouvera, signé de lui, mieux que ce qu'il a fait cette année.
O'CONNEL (1602). — M""^ O'Connel met à sa pointe le coloris de sa brosse ; et les trois eauxfortes qu'elle expose semblent détachées de l'œuvre du maître anglais Guillaume Baillic.
PROVOST (1616). — Les Noces de Cana. — Harmonieuse et colorée traduction de la grande toile de Yéronèse. Les chairs, sans être empâtées de points, mollissent sous les tailles; les têtes sont d'une ressemblance frappante; mais les fonds manquent d'air. Quelques figures de second plan sont estropiées, et le travail du
GRAVURE
burin, trop uniforme dans les étoffes, ne distingue ni le velours, ni le brocart, ni le lin, ni le drap.
REGNAULÏ (1618). - Das-rclief de la Fontaine des Innocents. — Ces trois femmes, moelleusement pointillces dans les fuyants des chairs, avec des plis doucement taillés, traversent la légère gravure de M. Regnault, gardant toute la grâce, lalégèreté, la rondeur du ciseau de Goujon.
RIFFAUT (1624). — Henri IL — Très intelligente gravure en couleur des crayons du XVP siècle qu'édite M. Niel; à notre avis, d'une exécution au moins égale à la Cour d'Henri VUI d'Holbein.
SOTAIN (1632). — Trois gravures sur bois. M. Sotain semble avoir changé trois fois de pointe, pour rendre successivement le naturel de Loutherbourg, la façon sèche d'Albert Durer, le gracieux de Fragonard.
THEVENIN (1633). — La Vierge à la croix. — De la mollesse dans les chairs de TEnfant Jésus.
LITHOGRAPHIE
LITHOGRAPHIE
L'art d'Aloysius Senefelder est bien loin de ces premiers essais. Ce mode de reproduction, mis en doute dans le principe pour tout ce qui était du domaine de l'art, fait aujourd'hui une redoutable concurrence à la gravure, et l'on peut se demander, quand les procédés lithographiques seront poussés au dernier point, quand la litho-teinte se nationalisera parmi nos artistes français, l'on peut se demander si la lithographie ne tuera pas le burin, ce traducteur toujours un peu guindé de la manière du maître. Diderot avait comparé la gravure à une traduction en prose -d'une poésie étrangère. Avant le XIX" siècle, la grande ressource des gens de verve et de couleur qui voulaient arriver au public en dehors de tailles réglées avait été l'eauforte, interprétation difficile qui exigeait un Rembrandt. Mais voilà la lithographie, toujours prête à l'idée, toujours docile à la main, facsimilé plus libre , plus vrai , plus facile ; les peintres se font dessinateurs sur pierre, et, en
LITHOGRAPHIE
quoique vingtaine d'années, font passer la nouvelle découverte des essais embryoniques d'Engelmann aux magnifiques planches que nous avons sous les yeux. C'est Géricault livrant à la pierre ses croquis michelangesques ; c'est Bon'ngton et ses imitations moelleuses du crayon sur le papier, et ses jeux d'ombre et de lumière d'une si douce estompe; c'est Delacroix avec ses furieuses illustrations de Faust ; c'est Harding aux ciels transparents, irisés de nuages blancs, ciels plus doux que les caresses de l'amadou sur le noir de fumée, aux villes, aux arbres de second plan crayonnés d'un invisible crayon, aux premiers plans tout étincelants de micas lumineux ; c'est, après Ilarding, Ciceri portant sur la pierre les teintes grises de la mine de plomb, travaillant à larges touches de crayon épointé et, qu'il représente la campagne feuillue ou qu'il représente les vieilles rues de Quimper, les vieilles rues de Troyes, perdant et noyant toujours le grain lithographique ; c'est Decamps mettant quelque chose de ses dessins en ses lithographies ; c'est Isabey teintant les lointains, la mer et la plage mouillée de ces nuages que le pouce étend avec le fu-
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sain; c'est Haghe, c'est Boys cherchant dans l'encre lithographique les beaux noirs et les belles teintes dégradées de l'encre de Chine; c'est Nanteuil faisant passer sur ses planches le coloris des tableaux qu'il copie ; c'est Dauzats traduisant de sa touche magistrale l'architecture du Languedoc; c'est Lemud, qui, de cette demi-teinte doucement charbonnée, de toutes ces ombres toujours éclairées de petites égratignures blanches, soit qu'il les hache, soit qu'il les abandonne aux griffonnements artistiques de son grattoir, fait saillir, poétiques et enchantés. Maître Wolframh, l'Enfance de Callot, le Convoi de l'Empereur, les Dénicheurs, Hoffmann, la Légende des frères Van Eijck; c'est Français, Prout, Sabattier, Durand, Balan... c'est Gavarni avec ses noirs de velours, ses demiteintes de kepseake, ses frottis de bouchon, avec ses éraflures do grattoir, avec l'inépuisable trésor des découvertes de chaque jour. L'un après l'autre, chacun apporta ses procédés de dessin, son mode de crayon, ses ficelles du lavis.
La lithographie, enrichie de tous ces apports, devint la traduction artistique par excellence ; et comme elle alliait au mérite de l'art le mérite
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du bon marché, elle devint le mode de reproduction employé par les grands ouvrages.
Après les Voyages dans l'Ancienne France sont venues toutes ces publications que vous avez vues derrière la vitrine de Gihaut : les Artistes contemporains, les Artistes anciens et modernes, les Peintres vivants, etc. C'est le terrain où se sont rencontrés les lithographes purs et les lithographes peintres. D'un côté, c'a été la lithographie sage, régulière, admirablement travaillée dans les procédés reçus, très soigneusement croisée de noir, trop souvent une lithographie de graveur; de l'autre, la lithographie toute pleine de flou, toute chercheuse de nouveau, toute originale, toute hardie, toute peinte.
ANASTASI (1639). — Moisson, d'après M. Lambinet. Harmonieuse lithographie. Le crayon joue pittoresquement dans les blés ; le chemin s'égrène ; les masses defeuillé,bien indiquées, sont d'un faire plus large et moins détaillé que ses premiers essais.
LEROUX (1671 ,1672, 1673). — Beaux noirs, bel estompage de fonds, spirituelle touche des premiers plans.
LITHOGRAPHIE
LOUTREL (1674). — Natures mortes, d'après M. Philippe Rousseau. Merveilleuse copie du faire et de la couleur du peintre.
MOUILLERON (1677). — Moelleuse lithographie d'une douceur et d'un agrément de crayon incroyables. Cet angulus ridens de M. Bodmer, une des plus artistiques planches de M. Mouilleron, est bien près de nous faire revenir de notre opinion de tout à l'heure.
SOULANGE-TEISSIER (1687). — Intérieur d'atelier, d'après M. Decamps. Un singe en jaquette est en train de peindre avec toutes sortes de grâces simiesques. Une palette, une pipe, un pistolet, un vase de Chine, — le mobilier du li:u, — miraculeusement sortis de cet intérieur velouté de crayon lithographique.
LA PEINTURE