‹ Études d'entomologie (volume 3)Chapitre 43 sur 53 · XLIV LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE · texte numérisé non relu

XLIV LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE

précieuses qu'il a reçues de M. Gandolphe, autrefois offcier d'administration à Bône, et de feu M. Warion, de Metz, dont les frères officiers à l’armée d'Afrique avaient fait, dans la province d'Oran, des chasses très produc-

tives.

Je suis heureux, en écrivant ce nouveau supplément à l’histoire des papillons algériens, d'être si souvent amené à parler de Naturalistes pour qui je professe une si affec-

tueuse estime.

PUREOPREQOCERX

Papilio Feisthamelii, Dup., aberr. Æstivalis Lotteri, AUSTAUT.

M. Austaut a signalé une variété du Papilio Feisthamelii, volant dans la province d'Oran depuis le milieu de juillet jusqu’à la fin du mois de septembre. Cette variété estivale remplace le type du printemps. Elle se distingue par la teinte plus blanche des ailes, le prolongement caudal plus accentué et surtout par le semis d’écailles blanches qui, dans les deux sexes, recouvrent le corps presque complètement, en dessus et en dessous.

Dans le type printanier du Papilio Feisthamelii, l'abdomen est noir en dessus et le corps est couvert de poils longs et soyeux. Mais dans la variété Lotteri, ces poils sont remplacés par des écailles blanches qui sont fines, rases et très serrées. Il n’est pas dans la variété Lotteri jusqu'aux épaulettes elles-mêmes qui ne soient modifiées par cette absence de longs poils et la teinte jaune orangé qui les couvre, spécialement au centre.

Cette variété algérienne ZLotteri, commune aux deux sexes, n’atteint pas le O' du Papilio Feisthamelii dans les Pyrénées- Orientales où, pendant les mois de mars, avril et août 1880, j'en ai capturé un assez grand nombre d'exemplaires, dans le but précisément de faire des comparaisons de formes locales et de saison. J'ai pu me convaincre que dans le type estival du Papilio Feisthamelii, à Vernet-les-Bains, le S' avait la pilosité aussi accentuée que dans le type du printemps de cette localité, et l'abdomen en dessus aussi largement noir. Mais la © à une tendance à avoir l’abdomen envahi

46 RHOPALOCERA

par le semis d’écailles blanches, quoique beaucoup moins assurément que dans la variété Lotteri.

Cette variété Lolteri est donc l’exagération, étendue aux deux sexes, de la disposition que non seulement le Papilio Feisthamelii, mais aussi le Papilio Podalirius a, de présenter à la génération d'automne une variété dont la pilosité est moindre et l’abdomen plus blanchi que dans la génération de printemps. On peut remarquer que les caractères particulièrement accentués dans la variété algérienne Lotteri, sont aussi plus prononcés dans les Podalirius de la zone méridionale que dans ceux de la zone boréale d'habitation de cette espèce. Je possède une Q de Podalirius prise en Grusie, par M. L. Mlokosiewitch, et une autre © prise en juillet 1870, à Lavey (Suisse), au pied de la dent de Morcles, chez lesquelles l'abdomen est même plus blanchi que dans les Q de Feisthamelii, prises en août à Vernet-les-Bains. Dans la France centrale la génération d'été de Podalirius offre, même pour certains &', une tendance plus ou moins accentuée vers la diminution des poils et le développement du semis d’atomes blanchâtres abdominaux. En tout cas, cette génération diffère bien pour les caractères du thorax et de l’abdomen de celle que nous voyons voler dès les premiers jours du mois de mai et dont la Q a l’abdomen aussi noir en dessus que le G,

Il y a donc pour les Papilio Podalirius et Feisthamelii deux formes, l’une vernale, l’autre estivale; mais ces deux formes sont plus ou moins différentes, l’une par rapport à l’autre, suivant les localités, ainsi que nous pouvons en juger par la comparaison des types locaux.

Me permettra-t-on d’insister encore à cette occasion sur l’absolue nécessité de pourvoir, dans les collections que l’on forme, tous les insectes de renseignements précis et authentiques, non seulement sur la localité, mais aussi sur la date de la capture? Combien de documents recueillis avec peine et qui seraient du plus grand intérêt, sont, faute d'indications nécessaires qu'il eût été pourtant aisé de fixer à l’épingle, absolument perdus pour la science!

Leucophasia Lathyri, DUPONCHEL.

Un C'se trouve dans la collection Boïisduval avec la désignation Atlas.

RHOPALOCERA 47 Leucophasia Sinapis, LINNÉ.

Dans la même collection, figure un G' d’assez grande taille, semblable au type qui vole en été dans le Languedoc, avec la mention Algérie.

Pieris Daplidice, LiNNé, et var. Albidice, OBERTHÜR.

On trouve en Algérie deux types de saison bien tranchés de cette espèce; le premier volant au printemps dans le sud de la province de Constantine et dans beaucoup de localités de la province d'Oran, semblable au type qui se trouve en mars et avril, au bord de la mer en Andalousie, c'est-à-dire d'assez grande taille, les taches noires en dessus un peu sablées de blanc, les taches vertes du dessous transparaissant fortement en dessus, ces mêmes taches vertes assez étendues, bien confluentes et restreignant sensiblement les réserves blanchâtres qui sont lavées plus ou moins de jaune canari; le second type que j'appelle A/bidice, spécial à la saison d'été, est très souvent de plus petite taille que le type printanier, très blanc en dessus, presque sans transparence des taches du dessous qui sont fort réduites, peu accentuées, oblitérées complètement près du bord anal et d’un vert jaune. L’abdomen est beaucoup moins velu que dans le type printanier (absolument comme pour la variété Lotteri comparée au type vernal de Feisthamelii), et entièrement blanc.

Cette variété A/bidice n’est pas spéciale à l'Algérie. M. Bleuse en a pris à l'Escorial, le 30 juillet 1879, un exemplaire ©‘ très caractérisé.

Cependant ce n’est point le type unique de l'Espagne en été. Dans les montagnes de l’Andalousie, Sierra-Nevada, côté de Lanjaron, et Sierra-de-Alfakar, en juillet 1879, mon frère a capturé des Pieris Daplidice plus grandes et plus marquées de verdâtre en dessous que la variété Albidice. La Q a les poils du thorax, vers la tête, tout jaunes. Ce type des montagnes d’Andalousie se rapproche de celui qui vole abondamment en été dans les environs de Vernet-les- Bains (Pyrénées-Orientales). Celui-ci forme, avec le type montagnard andalous, une transition très curieuse entre le type vernal et le type estival de la province d'Oran.

48 RHOPALOCERA

La Pieris Chloridice a aussi, elle, une variété analogue à l’A/bidice. Je l’ai reçue de Californie sous le nom de Beckerii, Edwards.

Leuconea Cratægi, Lin.

Sebdou, en mai; paraît rare dans la province d'Oran { Dr Codet).

Anthocharis Charlonia, DONzEL.

Vole à Tlemcen et à Sebdou, en mars, puis en juin, ce qui ferait croire à deux apparitions par an { Dr Codet).

Je dois à la générosité de mon ami Gaston Allard, deux exemplaires très curieux de l’Anthocharis Charlonia, capturés par ce zélé naturaliste aux environs de Biskra, dans l’un de ses premiers voyages en Algérie. L’un de ces papillons a la tache noire apicale de l’aile supérieure presque entièrement noire et sans vestiges des points jaunâtres qui, dans la plupart des individus de l’A. Charlonia, divisent cette tache noire apicale de façon à former même une hande maculaire à peu près continue. L'autre exemplaire, au contraire du premier, a la tache apicale noire extrêmement réduite par la dilatation et l’accentuation des macules jaunes, ce qui lui donne un aspect tout particulier. Je ferai figurer cet intéressant Lépidoptère dans le catalogue des papillons d'Algérie, que je compte publier à la fin de la présente année.

Rhodocera Rhamni, Lin.

Bône; un exemplaire de très grande taille rapporté par M. Gandolphe (J. Fallou).

Colias Edusa, Lix.; var. Q Helice, HEN. Très commune dans la province d'Oran, où MM. Austaut et Codet l'ont rencontrée en mai 1879 et juin 1880. :

Thecla Rubi, Lin.

M. le D' Codet m'informe que le type de Thecla Rubi à Sebdou, où on le voit voler au mois de mars, n’a presque jamais de ligne

RHOPALOCERA 49

blanche en dessous, Dans presque tous les exemplaires de 7. Rubi, pris aux environs d'Alger par M. Gaston Allard et M. l'abbé Armand David, la bande maculaire blanche des ailes inférieures est au contraire fortement accentuée, ainsi que je l’ai signalé d’ailleurs dans la première livraison de ces Études d’Entomologie, p. 20.

Polyommatus Mauritanicus, Lucas.

Vole à Sebdou et à Tlemcen, dès les premiers jours de mars. Le G' varie beaucoup en dessus pour les ailes supérieures, où quelquefois on voit une tache aurore à peu près comme dans la © (mais cette variété semble être très rare), et pour les ailes inférieures où le bord marginal est plus ou moins marqué d’orangé. Quant au dessous des ailes, la teinte y est plus ou moins vive, plus ou moins grise ou orangée, et enfin les points noirs de l’aile supérieure sont ou bien réduits, ou au contraire confluents, présentant même un retour en crochet à la partie inférieure et rentrant vers la base de l'aile.

Cigaritis Syphax, Lucas.

Sebdou, en juillet, où il est très localisé { D' Codet).

Cigaritis Zohra, DonzeL.

Vole à Sebdou, à la fin de maï; il y est assez commun, mais suivant M. le Dr Codet, habite des localités très restreintes.

M. Donzel a figuré le S' de cette espèce dans les Annales de la Société entomologique de France, en 1847, et M. Lucas a figuré la © sous le nom de Massinissa, dans la même publication, en 1850. La ©, figurée par M. Lucas, a les parties blanches des ailes inférieures très développées et très nettes. M. Allard et mon frère ont capturé un type semblable entre Bou-Säada et Biskra, en 1875. La variété Jugurtha, Oberthür, prise à Saïda, par M. Allard, se distingue par l’absence complète du dessous des taches blanches qui y sont remplacées par un lavis fauve. Je possède un C' pris à Sebdou, par M. le Dr Codet. Ce papillon, malheureusement peu frais et par conséquent

50 RHOPALOCERA

moins facile à apprécier exactement, semble faire la transition entre le type Zohra-Massinissa et la variété Jugurtha.

Lycæna Bætica, Lin.

Alger, en mars {Roland Trimen); Bône (Gandolphe); Oran et Sebdou, en juillet (Austaut et Codel).

Lycæna Theophrastes, F4s.

M. Austaut m'a envoyé un joli type pris à Sebdou, en juin. Il est plus transparent et en dessus plus violacé que celui du printemps, dans le sud des provinces d’Alger et de Constantine.

Lycæna Alexis, HBN., et var. Celina, AUSTAUT.

Je dois à l’obligeance de M. Austaut, un certain nombre d’exemplaires de la Lycæna Celina, pris à Sidi-bel-Abbès, au printemps de 1879, et à Sebdou, en septembre 1880.

La Lycæna Celina du printemps est plus petite que l’A/exæis de France; la teinte bleue du C'est un peu plus violacée, pas transparente, et la bordure noire est très fine. En dessous, la teinte du fond est d’un gris assez uniforme et les parties fauves sont un peu éteintes.

Le type d'été de ZLycæna Celina diffère du type du printemps par une taille généralement plus petite, une teinte violacée moins opaque et laissant transparaître les ponctuations du dessous.

Je ne connais qu’un seul exemplaire Q ; il a été pris au printemps. En dessus, il est analogue à la variété Ceronus d'Adonis, et en dessous il a les points noirs un peu réduits.

Afin de me faire une opinion sur la question de savoir si la Lycæna Celina était une espèce distincte ou une variété géographique, j'ai comparé les sept exemplaires de Celina que m'a envoyés M. Austaut à la série des Lycæna Alexis contenus dans ma collection. ;

Je possède des exemplaires pris à Paris, dans la Beauce, en Bretagne, en Dauphiné, dans les Hautes-Alpes, dans les Pyrénées, en Suisse (Viège, Zermatt), à Rome, à Cordoue, dans la Sierra-Nevada (côté de Huejar), en Grèce, à Lambèze et à Tanger.

RHOPALOCERA sil

À coup sûr le type Celina s'éloigne d’Alexis de France; mais il se rapproche tellement de quelques exemplaires pris par mon frère, en juin dernier, à Cordoue, dans la large et chaude vallée du Guadalquivir, qu'il est impossible même de trouver des différences appréciables entre ce type andalou et celui d'été de Sebdou.

Il convient de remarquer cependant qu’à Cordoue, comme dans bien d’autres localités d’ailleurs, le type de Lycæna Alexis varie un peu. À côté des individus identiques à Celina d'été, mon frère a pris un exemplaire plus grand, semblable au type de Sierra- Nevada et de Rome qui eux-mêmes par le type de Tanger (fin de juin 1880), se lient intimement à celui des Pyrénées-Orientales et par conséquent de toute la France.

Il n’y a donc pas de doute à garder sur ceci que la Zycæna Celina est une variété locale d’Alexis, surtout constante dans la région la plus chaude de la province d'Oran et de l'Espagne, et que cette variété locale présente elle-même deux formes, l'une vernale, l'autre estivale, celle-ci plus caractérisée que l'autre par rapport au type français d’Alexis.

Lycæna Adonis, HBx., var. G' Punctifera, Or.

Magenta, en octobre; Sebdou, en septembre; voltige parmi les broussailles de lentisques sur lesquels cette charmante Zycæna, aux ailes d’un bleu si brillant, aime à se reposer. La première apparition a lieu en mai.

Argynnis Paphia, L., var. Q Valesina, ESPER.

M. le Dr Codet a rencontré la variété Q Valesina à Sebdou, en juin, puis au commencement de septembre.

Melitæa Desfontainii, Goparr (pl. XI, fig. 12).

La Melitæwa vulgairement appelée Desfontainii, ou Desfontainesi, et qui existe sous ce nom dans les collections françaises, n’est point du tout la Desfontainii très bien décrite par Godart, dans l'Encyclopédie méthodique (tome IX, pp. 278 et 279), sur un

52 RHOPALOCERA

spécimen rapporté de Barbarie par M. le chevalier Desfontaines, membre de l’Académie des sciences et professeur au Muséum d'histoire naturelle.

La Desfontainii figurée par Rambur dans le Catalogue systémalique des Lépidoptères de l'Andalousie (pl. I, fig. 1 et 2), est simplement la forme ibérique d’Artemis, espèce fort variable suivant les localités où on la rencontre. La Melilæa Arlemis Set ses nombreuses variétés locales, Merope, des Alpes, Provincialis, de Provence et de Dalmatie, Orientalis, de Russie méridionale et caucasique, Desfontainii, Rambur, d'Espagne, Davidi(*}, Oberthuür, du nord de la Chine, etc., n’a jamais les ailes supérieures arrondies, comme le dit la diagnose de Godart, mais au contraire toujours plus ou moins aiguës.

Le papillon figuré sous le nom de Desfontainesi par Herrich- Schæffer (Papilionides Europ., pl. I, fig. 1 et 2) est le S' de la Q figurée par Rambur dans l’ouvrage cité plus haut, c’est-à-dire une simple variété espagnole d’Artemis, ainsi que Herrich-Schæffer prend du reste soin de l'indiquer dans la légende même de sa planche. Mais la Melitæa figurée par Herrich-Schæffer, encore sous le nom de Desfontainesi, dans le même volume (Papilionides Europ., pl. CX VIII, sous les n°° 569 et 570), est bien la Q de la vraie Desfontainii, de Godart, de même qu’une autre Melitæa figurée, par Boisduval, dans l’Icones historique des Lépidoptères nouveaux ou peu connus, aussi sous le nom de Desfontainesi (pl. XXIII, n°° 1 et 2).

En comparant ces deux figures d'Herrich-Schæffer et de Boisduval à celle que Rambur publie dans le Catalogue systématique, pl. I, fig. 3 et 4, avec le nom de Bætica, on peut se convaincre que les deux Desfontainesi d'Herrich-Schæffer (pl. CX VIIL, n°* 569 et 570)

(*) Parmi les variétés locales d’Artemis, la plus remarquable est-peut-être celle que M. l’abbé David a récoltée dans le nord de la Chine et qu’en son honneur, je décris sous le nom de Davidi, d’après deux & qui font partie de ma collection.

Cette Melitæa Davidi est grande, a les ailes plus étroites et plus allongées que dans aucune variété d’Artemis; elle est en dessus d’un fauve uniforme, sauf les deux lunules cellulaires de l’aile supérieure un peu plus foncées. En dessous, elle est plus pâle avec les trois bandes maculaires de l’aile inférieure jaune chamoïis pâle. La forme de ses ailes et sa nuance lui donnent un aspect tout à fait à part.

RHOPALOCERA 53

et de Boisduval (Icones, pl. XXIII, n° 1 et 2) ne diffèrent guère de la Bætica de Rambur que par l’aile inférieure en dessous qui dans Bœætica est d’une nuance fauve grisâtre et un peu effacée, tandis que dans Desfontainii, les dessins du dessous, aussi bien aux ailes supérieures qu'aux inférieures, sont bien vivement colorés.

Ceci est du reste un des caractères saillants de la description de Godart que je transcris textuellement :

« 46 Argynne Desfontaines.

Argynnis Desfontainii.

Arg. alis subrotundatis, integris, utrinque vivido-fulvis : supra anticis fasciis quatuor macularibus ochraceis nigro marginatis, posticis duabus; his punctorum nigrorum serie intermedia.

Elle a un peu plus de deux pouces de largeur. Les deux surfaces des ailes sont fauve vif el rougeätre. Les supérieures ont de part et d’autre quatre rangées transverses de taches d’un jaune d’ocre, savoir : deux rangées vers le milieu, une vers le bord, l’autre sur le bord même; les taches des deux rangées antérieures sont plus grandes, inégales et bordées de noir sur les côtés; les suivantes sont en forme de points et un peu saupoudrées de noir extérieurement; celles du bord sont lunulées, encadrées de noir et coupées transversalement par un trait de cette couleur. Les secondes ailes ont des lunules marginales tout à fait semblables, au-dessus desquelles est une ligne courbe de sept points noirs, dont l’anal plus petit; sur le milieu est une bande jaunâtre bordée de noir, maculaire, transverse, un peu sinuée; et entre cette bande et la base, il y à une tache noire, orbiculaire, dont le centre est fauve. Le dessous de ses ailes offre les mêmes caractères que dans l’Argynne Cynthia, mais les lunules du bout couvrent entièrement le bord, et les points qui la précèdent intérieurement sont environnés de jaune pâle.

Elle se trouve en Barbarie. »

Comme il n’a été figuré jusqu’à présent que des Q de la vraie Desfontainii, j'ai cru devoir faire figurer un G' pris par M. le

54 RHOPALOCERA

D: Codet, à la fin de mai, dans la gorge des Beni-Snouss, près d’un ruisseau (environs de Sebdou).

Je possède un second exemplaire © pris entre Daya et El- Haçaïba, par M. G. Allard, le 8 juin 1870. Il ne diffère presque point de celui pris par le Dr Codet; mais il est un peu usé par le vol.

Il résulte de tout ceci que la synonymie des Melitæa Desfontainii devra être exactement établie de la façon suivante :

Desfontainii, GoparT (Encyclopédie méthodique, tom. IX; pp. 278 et 279). — Barbarie.

d', OBerTaür (Études d'Entomologie, VIe livraison, pl. XI, fig. 19).

Q Desfontainesi, Boispuva (Icones historiques, pl. XXIIT, fig. 1 et 2).

Q Desfontainesii, HErrICH-SCHÆFFER (Papilionides Europ., pl. OX VIII, fig. 569, 570).

Var. Bætica, RAMBUR (Catal. systématique des Lépid. de l’Andalousie, pl. I, fig. 3 et 4). — Sierra de Alfakar.

Artemis, HÜBNER, etc. — Europe, Asie.

Var. geographica iberica ; Desfontainesi, O', HERRICH-SCHÆFFER (Papilionides Europ., pl. I, fig. 1 et 2) — Desfontainii, © RamBur (Catal. systématique des Lépid. de Andalousie, pl. I, fig. 1 et 2). — Espagne.

Melitæa Didyma, L.

Bône ; Constantine, en mai ; Sebdou, en juin ; très commune.

Vanessa Atalanta, L.

Sebdou, en juillet.

Vanessa Polychloros, L.

Sebdou, en juin et juillet. Bône, type très grand.

Charaxes Jasius, L.

Daya et Sebdou, en septembre ; vole dans les gorges où croît l’arbousier.

RHOPALOCERA 15}5)

Arge Mauritanica, OBERTHÜR.

Tlemcen et Sebdou, au commencement de juin.

Satyrus Abd-el-Kader, PIERRET.

Très commun à Sebdou où on le voit voler abondamment vers le 15 août, dans l’alfa. Magenta, au mois de septembre.

Satyrus Fidia, Lin.

Tlemcen ; Sebdou ; commun à la fin d’août dans l’alfa et les broussailles de chêne vert. Ile de Galita, ên Tunisie (Dr Gestro, août 1878). Type plus grand que dans le midi de la France.

Satyrus Hansii, AUSTAUT (©, pl. IT, fig. 1; ©, pl. IL, fig. 1). Satyrus Sylvicola, AUSTAUT (©, pl. IL, fig. 2).

Si l’on examine des Satyrus Fauna d'un grand nombre de provenances, on voit que cette espèce varie beaucoup suivant les localités qu'elle habite.

Ces variations géographiques portent sur la taille, la nuance plus ou moins vive du fond des ailes, le degré d'intensité des parties fauves qui, transparaissant du dessous, entourent surtout dans la ©, mais aussi quelquefois dans le ©, les deux ocelles noirs du bord des ailes supérieures en dessus, enfin dans l’accentuation des dessins des ailes inférieures en dessous, lesquelles tantôt présentent un fond gris assez uniforme, d’autres fois une bande très sinueuse, transverse du bord costal au bord anal, et très nettement dessinée entre deux parties blanchâtres.

M. L. Austaut, de Bellegarde, a décrit deux Satyrus voisins de Fauna, découverts par son frère, M. Arthur Austaut, officier comptable des hôpitaux militaires, à Sebdou.

L'un de ces Satyrus, appelé Hansi, est caractérisé par une taille petite, un reflet général bronzé, une accentuation des parties fauves entourant les deux ocelles noirs qui sont très développés le long du bord extérieur de l’aile supérieure, et une accentuation de la bande sinueuse de l’aile inférieure en dessous, qui est lisérée de noir entre

56 RHOPALOCERA

deux espaces basilaire et extracellulaire blancs. L'autre Satyrus, appelé Sylvicola, est au contraire d'Hansii, grand, en dessus très uniforme et sans apparence au moins dans le C' des parties fauves entourant les ocelles noirs le long du bord extérieur; puis le dessous est remarquablement uniforme, gris uni et sans trace même de la bande sinueuse transversale si accentuée dans Hansii.

Sylvicola vole en juillet et Hansii vole au mois de septembre, aux environs de Sebdou, par une altitude d'environ 1,200 mètres. Is représentent deux formes absolument opposées l’une à l’autre, et ceci est d'autant plus remarquable que là où se rencontre le Satyrus fauna, d'où Sylvicola et Hansii paraissent dériver, l’apparition est unique dans le même endroit. Le type local est généralement très uniforme, autant que j'en puis juger, du moins par les nombreuses séries d'exemplaires que j'ai sous les yeux et qui ont été récoltées en Bretagne, dans les Pyrénées-Orientales, à l'Escorial, à Venta-de-Cardeñas, à Limoges, à Bordeaux et aussi en Grece et en Syrie où le type, connu sous les noms de Füatua et Sichæa, prend un aspect très particulier.

En outre des exemplaires que je puis appeler typiques et que M. Austaut m'a envoyés très obligeamment au moment où il a publié ses descriptions, j'ai reçu de M. le Dr Codet, dans une lettre, quelques Satyrus pris par lui à Sebdou. Ils sont fort abîmés par le voyage et même par le vol, car ils étaient assez usés quand ils ont été capturés, mais ils sont cependant fort reconnaissables. Il y a dans ces Salyrus deux Sylvicola très caractérisés et quatre Hansii différant des premiers envoyés par M. Austaut, parce que le dessous de l’aile inférieure est plus uniforme et que la bande transversale, tout en y restant bien indiquée, a une tendance cependant, dans certains exemplaires, à devenir oblitérée. Néanmoins, il n’y a pas d'exemplaire de transition entre Hansii et Sylvicola.

Comparant aux formes locales de Fauna les Satyrus Hansii et Sylvicola, on constate que Jansii se rapproche du type français de Fauna dont il diffère surtout par le reflet bronzé du dessus, mais certaines Q de France sont presque semblables au S' Æansii.

Quant à Sylvicola, il diffère peu du type de Fauna de Grenade et de Venta-de-Cardeñas, chez lequel l'aile inférieure devient aussi

RHOPALOCERA 7

d’un gris très uniforme. Les deux S. Hans et Sylvicola sont donc chacun voisins d’un type local particulier de Fauna. Maintenant que faut-il en conclure?

À coup sûr, toute opinion absolue serait prématurée. Hansii et Sylvicola, qu'ils soient des espèces séparées ou des variétés géographiques et chacun pour une époque d’apparition distincte, de Fauna, n’en sont pas moins deux formes très intéressantes et qu'il était nécessaire de désigner par un nom spécial.

Il s’agit, pour résoudre la question, d’être fixé sur les points suivants, et grâce au zèle scientifique de MM. Austaut et Codet, on peut espérer que la réponse ne se fera pas attendre.

Sylvicola vole-t-il exclusivement en juillet et Hansii en septembre ? Ont-ils chacun à Sebdou une localité spéciale et des habitudes différentes ? Trouve-t-on dans l'intervalle de juillet à septembre des individus faisant la transition entre Sylvicola et Hansii? Trouve-t-on enfin parmi les Sylvicola et les Hansii des exemplaires appartenant aussi bien à une forme qu’à l’autre et reliant intimement les formes extrèmes ?

Le résultat des observations nous indiquera si Hansii et Sylvuicola sont deux espèces ou une seule. Dans ce dernier cas, Hansti- Sylvicola serait, suivant moi, une modification algérienne de Fauna; dans l’autre cas, je penserais que ce sont deux espèces distinctes de Fauna et distinctes entre elles, appliquant au mot espèce le sens que lui donne l’école des naturalistes qui la définissent ainsi : « Cé qui est toujours reproduit semblable par des parents semblables et avec faculté de se reproduire de même de nouveau. »

Satyrus Ægeria, L.

M. le D: Codet me mande qu’il a pris le 19 juin, dans un jardin kabyle, au bord de l’eau et dans un site très frais, une curieuse variété d’'Ægeria dont je transcris la description qu'il a bien voulu me communiquer.

« Un peu plus petit que le type; envergure 40 millimètres environ. Les mêmes dessins que dans Ægeria, L. (Meone, Esp.), mais les espaces bruns d’'Ægeria d’un gris jaunâtre paille ; cette

58 RHOPALOCERA

nuance constitue le fond des quatre aïles sur lequel se détache à peine le fauve des taches qui sont plus réduites que chez Ægeria. Les yeux sont encore pupillés de blanc, mais l'iris au lieu d’être noir est à peine plus foncé que le fond. Dessous des quatre ailes comme chez Meone, mais d'une nuance beaucoup plus claire et correspondant à celle du dessus. Tête, thorax, antennes, abdomen et pattes plus clairs que chez Ægeria. Le papillon tout entier a un aspect très délicat.

Deux exemplaires paraissant semblables tourbillonnaient dans le même coin. Malheureusement un seul put être capturé. >»

Satyrus Janira, L., var. Hispulla, HE.

Tanger (À. Oberlhür, juin 1880), Sebdou (Dr Codet, en juin et septembre).

Le type est superbe au Maroc et en Algérie; mais il est au moins aussi accentué dans la vallée du Guadalquivir. Dans la France méridionale (Sainte-Baume, Florac, Vernet-les-Bains), la variété Hispulla est d’un fauve bien moins vif et paraît manquer en dessous de la bande jaune qui, dans le type de Cordoue et du nord de l'Afrique, longe extérieurement la limite sinueuse de la bande transversale de l'aile inférieure. C’est le type d'Algérie et d'Espagne méridionale que Hübner a figuré sous les numéros 593 à 596.

Satyrus Eudora, ESPER, var. Mauritanica, OBERTHÜR.

Sebdou, très commun en juin etseptembre (D' Codet et Austaut); Lambèze (G. Allard).

La © de Sebdou se distingue du type du midi de la France parce qu’à l’aile supérieure les éclaircies sont d’un jaune beaucoup plus pâle et seulement limitées à l'entourage des ocelles noirs le long du bord extérieur de l'aile. Le dessous est aussi plus pâle et l'aile inférieure est d’un gris uni.

Le G' dont je ne connais que le type de Lambèze, se distingue du type européen par la dilatation de la tache sous-nervurale gris ardoisé de l’aile supérieure en dessus.

RHOPALOCERA 59

Satyrus Pasiphaë, ESPER, var. Philippina, AUSTAUT.

Nemours, en mai et juin (Austaut); Oran, en avril (Codet).

M. Austaut a fort bien fait de distinguer par un nom cette variété géographique très constante et différant du type de France et même d’Espagne par une taille réduite dans le G* surtout, l’accentuation des nuances et l’envahissement des parties fauves par les parties brunes.

Satyrus Ida, ESPer.

Nemours {Austaut).

Diffère peu du type espagnol et même du type français. Cependant les dessins de l'aile inférieure en dessous ont une tendance à avoir les parties brunes plus foncées.

Cœnonympha Fettigii, OBERTHÜR.

Sebdou, en juin et juillet, où il est commun et se repose sur les buissons de chêne vert {D' Codet; Arthur Austaut); Tlemcen (reçu de l’abbé Mége).

La Q n’était pas connue quand j'ai décrit cette espèce dans la première livraison de ces Études d’Entomologie. Elle est au S de Feltigit exactement ce que la © de Dorus est à son propre ©, c'est-à-dire que la couleur fauve envahit les ailes en dessus.

Cœnonympha Dorus, var. Austauti, OBERTHÜR.

Nemours, en juin et juillet {Austaut).

Le Dorus d'Algérie diffère assez de celui de France pour constituer une race spéciale. J'ai distingué cette variété géographique sous le nom d’Austauti.

Le ©, en dessus, ressemble beaucoup à Fettigii, c'est-à-dire que des traits intranervuraux fauves sont placés au-dessous de la tache orbiculaire noire apicale. Dans le type de France (Cette, Florac, Nîmes) et dans celui d'Espagne (Grenade et Sierra-de-Alfakar), l’aile supérieure qui est le plus ordinairement d’un gris brillant uniforme, ne présente que fort rarement un point ou une éclaircie fauve

60 RHOPALOCERA

au-dessous du rond noir apical cerclé de fauve; mais encore les individus atteints de cette éclaircie fauve sont tout à fait différents du type algérien. En dessous la ligne blanche extracellulaire est plus vive.

La © est plus obscure en dessus et en dessous. Les dessins sont aussi vivement accusés que dans le ©.

Cœnonympha Pamphilus, L., var. Lyllus, EsPEr.

C’est la génération d'été. Nemours (Austaut).

Syrichthus Leuzeæ, OBERTHüR (pl. II, fig. 10).

Décrit sur un GC’ faisant partie de la collection Boisduval. Ce papillon, d’après ce que m'a dit M. Boisduval, lui a été envoyé de Mascara. Je lui ai conservé le nom que M. Boisduval lui avait donné dans sa collection.

Se place près de Proto. Diffère surtout par le dessous de tous les Syrichthus actuellement connus et rappelle beaucoup par sa teinte et son faciès le Spilothyrus Marrubii.

Le Syrichthus Leuzeæ a les ailes en dessus noirâtres, saupoudrées de blanchâtre, ce qui donne un aspect général gris, avec un certain nombre de taches blanches disposées comme dans le Proto d'Algérie. En dessus le S. Leuzeæ se distingue de Proto seulement par sa frange plus étroite, et la forme de ses ailes un peu plus arrondie. Mais en dessous les caractères distinctifs sont très accentués par la teinte générale d’un blanc verdâtre pâle et la régularité des bandes maculaires de l’aile inférieure, lesquelles bandes descendent du bord costal au bord anal, formées de taches intranervurales alignées bien droit et assez parallèlement au bord extérieur.

Le Syrichthus Proto d'Algérie diffère très peu de celuid'Espagne, et la direction, l'étendue, comme la disposition des bandes maculaires de l’aile inférieure en dessous, diffèrent notablement, dans tous les exemplaires que j'ai sous les yeux, du Syrichthus que M. Boisduval avait du reste soigneusement distingué dans sa collection,

RHOPALOCERA 61

Syrichthus Onopordi, RamBur (Faune de l’Andalousie, pl. VIII, fig. XII).

Lambèze, en mai; Sidi-bel-Abbès, en septembre.

Syrichthus Ali, OBERTHÜR (pl. IL, fig. 3).

Le Syrichthus Ali est la modification algérienne de Sao, comme Therapne semble en être la modification corse et marocaine (*). Mais c'est une modification assez constante aussi bien dans la province d'Oran que dans celle de Constantine, pour mériter d'être distinguée par une désignation particulière.

Le S. Ali se distingue du S. Therapne par sa taille beaucoup plus grande, la teinte presque toujours blanche des taches du dessus et du dessous, tandis que ces taches sont fauve clair dans Therapne, l’aspect particulier des dessins rougeâtres de l’aile inférieure en dessous, ce qui est dû à une sorte d’allongement de ces dessins rouges, surtout près du bord extérieur de l'aile, enfin le reflet argenté, ou plutôt porcelainé, des taches blanches de l’aile inférieure en dessous.

Le Syrichthus Sao tout à fait semblable à celui d'Europe, ne paraît par exister en Algérie. Le type de la Sierra-de-Alfakar semble faire le passage entre le Sao de France et l’A/i d'Algérie ; il se rapproche aussi beaucoup de certains Therapne des îles de la Méditerranée.

Le Syrichthus Ali varie d’ailleurs beaucoup par la teinte des ailes inférieures en dessous, qui sont plus ou moins rouges ou olivâtres, et l’accentuation des caractères de ces ailes. Certains individus sont plus voisins du Sao d'Europe, d’autres tout à fait éloignés. L’exemplaire qui a servi de modèle à la figure que je publie de cette race géographique, est intermédiaire entre les deux formes extrêmes du type algérien.

(*) Mon frère a pris à Tetuan, en 1880, un Syrichthus Therapne, identique à ceux de Corse.

LÉSHETEROGGCERT

A — Sphingides.

Deilephila Nicæa, DEPRUNNER (pl. I, fig. 9 et 9 a).

La chenille se trouve assez communément à Sebdou. Le papillon diffère à peine, sauf peut-être pour la taille, de celui qu’on obtient des chenilles qui habitent les pentes méridionales des Cévennes. Mais la chenille offre quelquefois à Sebdou une variété noire dont M. Austaut m'a envoyé deux très bons dessins qui m'ont servi à faire reproduire la figure de cette intéressante aberration. M. le D' Codet m'a fait connaître que la variété noire, d’ailleurs assez rare, donnait des papillons en tout point semblables à ceux qui proviennent des chenilles appartenant au type ordinaire.

Deilephila Tithymali, BoIsDUvAL.

Espèce paraissant assez variable tant pour la taille que pour la teinte générale des ailes et répandue dans toute l'Algérie, le Maroc et les Canaries. Je possède un © de Biskra qui semble être la forme albine la plus accentuée et un C' pris par M. Olcèse à Tanger, et qui, extrêmement voisin de certains Dahlii, de Corse (lesquelsressemblent eux-mêmes beaucoup aux D. Tithymali de Ténériffe), est très obscur en dessus, d’un rouge vineux en dessous, tandis que le spécimen de Biskra est en dessous entièrement d’un blanc grisâtre.

Ces deux papillons sont d’un aspect si différent que l’on pourrait croire à deux espèces distinctes ; mais ma collection renferme sept

HETEROCERA 63

exemplaires formant entre les deux types opposés une transition non interrompue (*), et dans ces conditions il est très difficile, sans connaître parfaitement les chenilles de chaque région, de séparer ces Derlephila. Les chenilles de Biskra, dont j'ai fait figurer un individu jeune dans la première livraison de ces Études, sont semblables à celle que M. Bellier a fait représenter dans les Annales de la Société entomologique de France (1858, pl. XI, III).

Mais je ne connais pas la chenille du Maroc, ni celle des Canaries.

J'avoue que la question de savoir si Æuphorbiæ, Nicæa, Tithymali et Dahlri ne sont pas des races d'une même espèce, me paraît devoir bientôt s'imposer à l’attention des entomologistes. Je n’ignore point que les Nicæa de Montpellier et les E'uphorbiæ de Paris, les Tithymali tout blancs de Biskra et les Dahlii obscurs de Corse sont bien faciles à distinguer les uns des autres quand on n’a sous les yeux que des exemplaires bien semblables entre eux pour chaque région. Mais c’est une affaire bien différente quand on envisage un grand nombre de Deilephila provenant de localités nombreuses, quand on considère dans chaque localité non pas seulement quelques individus, mais une série contenant avec le type ordinaire des exemplaires aberrants, et qu’enfin on compare aux formes extrêmes, par exemple à Euphorbiæ de Paris et à Nicæa des Cévennes l'Euphorbiæ des Pyrénées-Orientales, dont la chenille, constamment la même au Vernet, fait une transition extraordinaire entre les deux chenilles, pourtant si distinctes de l’£uphorbiæ parisien et du Vicæa languedocien.

Cette race de chenilles, à cause de la transition qu’elle offre, dérange toutes les considérations qu’on pourrait autrement raisonnablement déduire, pour séparer les espèces, des différences que

(*) Il résulte aussi de l'examen de cette série d'exemplaires que Fithymali et Mauritanica sont la même espèce. Certains papillons ont les épaulettes bordées de blanc extérieurement et intérieurement. Un Mauritanieu n’a que la bordure extérieure et une & de Lambèze fournit pour cette particularité une transition évidente entre les deux types.

64 HETEROCERA

présentent ordinairement entre elles les chenilles d'Zuphorbiæ, Nicæa, Tüthymali et Dahlii.

Il convient de remarquer encore que les Nicæa, Euphorbiæ, Tithymali et Dahlii subissent la même loi de variation par l’envahissement en dessus et en dessous d'une teinte lie de vin. Cette aberration est plus fréquente dans Æuphorbiæ que dans Nicæa qui tend plutôt à blanchir. Cependant, elle existe aussi dans Nicæa, et M. Codet me mande qu’il en a obtenu un exemplaire des chenilles qu'il a élevées à Sebdou.

La discussion des questions du genre de celle que je ne crains pas de soulever à propos de ces Deilephila, est bien intéressante et de nature à donner aux études d'histoire naturelle une direction sensiblement différente de celle que je leur ai connue autrefois. Il s'agit de savoir ce qu'est l'espèce, et la solution de ce problème touche aux parties les plus élevées de la philosophie. Les entomologistes ont pour la recherche de cette vérité scientifique, dont la formule n’est pas également admise par tous, un rôle peut-être décisif à remplir. Ils le doivent au champ d'observations, incomparablement riche et relativement facile à parcourir, que leur offre la direction spéciale de leurs études.

J'ai connu une époque où nos amateurs français, possesseurs d’un catalogue contenant la simple nomenclature, plus ou moins bien établie, des papillons connus à ce temps-là en Europe, bornaient leurs désirs à remplir de deux ou quatre exemplaires la place qui d'avance était réservée dans leurs cartons à chaque nom du catalogue. Des localités exactes, ils n’en prenaient point souci, et on les voyait négliger la récolte d’insectes qu'ils pouvaient facilement capturer dans leurs voyages, mais qu’ils connaissaient si bien, disaient- : ils, pour les prendre à volonté dans les environs de leur résidence ordinaire. Puis ils avaient déjà assez d'exemplaires et ne jugeaient point avoir besoin d’en augmenter le nombre. 3

Que de bons et utiles documents cette manière de voir n’a-t-elle point fait perdre à la science et combien le progrès n’en a-t-il pas été retardé!

Me permettra-t-on d’insister près des entomologistes pour qu'ils

HETEROCERA 65

ne soient pas de simples collecteurs faisant une œuvre presque puérile, mais des naturalistes se dévouant à essayer de pénétrer les vues du Créateur dans le cercle de leurs observations, s’efforçant ainsi d’aider selon leurs moyens, à découvrir dans quelle mesure chaque espèce d'êtres peut varier de forme, de genre de vie, de climat, et par conséquent, à en établir la véritable histoire ?

Alors, chaque insecte devient un document quand il est pourvu des notes utiles et la collection n’est plus un magasin, plus ou moins complet, de papillons catalogués dans certains livres et acquis le plus souvent sans en connaître la provenance exacte; mais c’est une œuvre personnelle dont la valeur scientifique, la seule vraiment désirable, dépend du travail de son auteur,

Si les collections françaises étaient entrées plus tôt dans cette voie, et si par conséquent nous pouvions aisément trouver chez les entomologistes de notre pays ces séries nombreuses de papillons même réputés vulgaires, mais qui, soit à l’état de chenille, soit à l’état parfait, peuvent varier suivant les localités, ou bien dans d’autres cas rester immuables, tout en changeant de climat et d'altitude, nous serions plus près de la solution des questions du genre de celle que j'ai cru devoir traiter ici.

Smerinthus Ocellata, Lin.

Je n’ai vu qu’une seule Q de cette espèce prise à Oran par M. le Dr Codet qui a bien voulu en gratifier ma collection. La comparaison de cet exemplaire avec ceux recueillis dans diverses parties de la France ne permet d'apprécier aucune différence valant la peine d’être signalée. La Q du S. Ocellata d'Algérie est seulement d’une taille un peu plus grande que le type ordinaire de la France centrale.

Smerinthus Austauti, STAUDINGER (pl. V, fig. 1), et var. Staudingeri, AUSTAUT (pl. I, fig. 4).

Splendide espèce ou peut-être race géographique (*) remplaçant en Algérie le S. Populi d'Europe.

(*) Suivant l'opinion qu’on professe relativement à l'espèce, le S. Austauti est une espèce ou une race géographique. Mais en admettant que ce soit simplement

(Ses

66 HETEROCERA

Généralement beaucoup plus grand que Populr. Le type Austauti a les ailes grises, bigarrées de blanchâtre et de brun olivâtre. Il diffère de Populi par le contour de ses ailes moins profondément découpé, la tache brique basilaire de l’aile inférieure réduite, les lignes transversales plus droites.

La variété Staudingeri se distingue du type par le ton assez uniformément gris jaunâtre clair de son corps et de ses ailes et le contour encore plus arrondi.

M. Austaut a fondé une variété Zncarnata sur les individus où la teinte du corps et des ailes est d’un fauve rougeâtre. Ces variétés existent, mais moins prononcées, dans Populi.

Je dois à la générosité de M. Austaut quatre exemplaires du type Austauti et deux de la variété Staudingeri. Tous ces papillons proviennent de chenilles trouvées près de la frontière du Maroc. Mon frère m'a rapporté de Tanger une © du type Austauti et une Q ZJncarnata. Ces papillons lui avaient été donnés par M. Olcèse. Enfin M. Codet m'a envoyé de Sebdou un très petit exemplaire ©, mais présentant bien les mêmes caractères, sauf la taille, que les exemplaires du Maroc et de la frontière de ce pays.

La chenille, d’après un dessin que M. Austaut a bien voulu faire et me communiquer pour ce travail, est verte avec la tête bleuâtre, limitée par un triangle jaune. Les raies latérales obliques médianes sont jaunes, les deux extrêmes sont blanches, toutes inférieurement accompagnées d’un petit ocelle rougeâtre. La taille est plus grande que celle de Populi. Cette chenille a été décrite très soigneusement et avec beaucoup de détails par M. Léon Austaut dans le n° 9 du journal le Naturaliste, paru le 1% août 1879.

Le papillon paraît en juin, août, octobre et même décembre.

Sesia euglossæformis, Lucas.

Un seul exemplaire pris à Sebdou par le D' Codet en juin 1880.

une race géographique, le Smerinthus en question n’en est pas moins extrêmement curieux. À mon point de vue même, il offrirait à cause de cela plus d’intérêt encore, et en tout état de cause, chaque animal, constamment le même, c’est-à-dire toute variété fixe ou même toute aberration se reproduisant semblable doit être nécessairement distinguée par un nom.

HETEROCERA 67

Il est malheureusement un peu frotté, mais il semble bien conforme à la figure de l'Exploration scientifique de l'Algérie (Lépid., pl. IT, fig. 5).

Sesia Codeti, OBERTHÜR (pl. XI, fig. 5.)

Voisine d’Asiliformis; plus petite; antennes noires ; palpes saillants, jaunes; tête et thorax noirs avec un reflet ardoisé ; abdomen noir avec un reflet verdâtre et trois anneaux jaunes, le premier étroit immédiatement au-dessous du thorax, le second large à peu près au deuxième tiers de l’abdomen, le troisième immédiatement avant le pinceau anal qui est noir latéralement et jaune au milieu. Pattes bleu d’acier avec le dernier article jaune ainsi que la base du deuxième, ceci pour la deuxième et la troisième paires. Ailes bordées d’une frange noirâtre; la cellule des inférieures ouverte, surmontée d’un trait fin noir ; les supérieures avec l’extrémité et la côte largement lavées de brun rouge bronzé et un point rouge d’où prend naissance le faisceau des nervures qui traversent la seconde moitié de l’aile.

Décrite sur trois exemplaires semblables entre eux, pris à Sebdou par M. Codet, et dédiée à ce zélé naturaliste, comme témoignage d'estime et de gratitude.

Sesia Puigi, OserrTHür (pl. XI, fig. 6).

Taille de Codeti, dont elle diffère par son pinceau abdominal tout noir, sa forme plüs élancée, l'extrémité des ailes supérieures moins largement teintée de rougeûtre, le cercle jaune abdominal médian à peu près au centre de l’abdomen et non au deuxième tiers inférieur et les pattes plus fines.

Décrite sur deux exemplaires semblables pris à Sebdou par M. Codet et dédiée à M. Puig, pharmacien aide-major de l'hôpital militaire de Sebdou, comme bon souvenir des chasses qu’il a faites aux environs de cette résidence en compagnie du Dr Codet,.

Sesia Floricola, OBERTHÜR (pl. XI, fig. 7).

La Sesia Floricola diffère surtout de Tenthrediniformis par son abdomen noir en dessus et en dessous, parsemé de poils bronzés

68 HETEROCERA

et marqué d’une petite tache médiane formée de poils courts blanchâtres. On voit une très petite tache latérale blanche près du voisinage du thorax. La base des ailes inférieures est rougeâtre et la frange au bord anal est blanche. Partout ailleurs, elle est noirâtre et non éclaircie extérieurement comme dans Tenthrediniformis. Enfin, les pattes, généralement noires, ne sont jaunâtres qu’à l’extrémité et au milieu du second article de la dernière paire.

Les palpes sont blancs, bordés extérieurement de noir. La tête est noire. Le pinceau anal est entièrement noir.

Décrite sur un ©, pris à Sebdou par le D' Codet le 15 juin 1880.

Zygæna Algira, DuPoNcHEL, aberr. Concolor, OBERTHÜR (pl. I, fig. 4).

M. Gaston Allard a pris dans le ravin de la Femme-Sauvage, près Alger, un superbe exemplaire de cette aberration où le rouge a envahi entièrement les aïles, sauf un petit point cellulaire et la bordure restés bleus.

J'ai fait graver la figure de cette aberration d’après une excellente peinture de M. Poujade que m'a communiquée M. J. Fallou. J'avais vu autrefois ce papillon dans la collection de M. Allard et en avais fait mention dans la première livraison de ces Études d'Entomologie, p. 36. Je ne sais plus maintenant où se trouve cette Zygène dont heureusement la peinture avait été faite, ce qui m'a permis de la faire connaître plus exactement que par une simple description.

Zygæna Nedroma, AUSTAUT (pl. IIL, fig. 3).

Décrite sur plusieurs exemplaires bien semblables entre eux et que m'a envoyés M. Austaut. Ils ont été pris à Nedroma (province d'Oran) en juin 1880.

Diffère d’Orana parce que les taches rouges des ailes supérieures sont largement cerclées de blanc, que le collier blanc existe dans les deux sexes, que la base même de l’aile supérieure est blanche, ainsi que la frange et la côte.

L'abdomen est tout noir comme dans Orana, tandis que dans Allardi, il est annelé de rouge. Par ailleurs, c’est l’exagération d'Allardi.

HETEROCERA 69

À ce propos, je vais émettre une idée que bien des gens jugeront hardie; mais comme je crois qu’elle repose sur un fond de vérité, je n'hésite pas à la produire.

Les Zygæna Occitanica, Onobrychis, Orana, papillons extrêmement variables suivant les localités, sont, suivant moi, des races géographiques dérivant d’une même souche, et par conséquent appartiennent toutes à la même espèce.

Orana se lie à Nedroma par Allardi; ce sont les trois formes algériennes différant entre elles par l'anneau rouge abdominal (Allardi), le développement des cercles blancs autour des taches rouges de l’aile supérieure {Nedroma), l'oblitération de ces cercles (Orana.

Nedroma se lie intimement à Onobrychis qui habite la France orientale, les Alpes, l'Italie, l'Allemagne et s'étend jusqu’en Asie, en fournissant de très nombreuses variétés géographiques dont quelques-unes seulement ont reçu des noms, mais dont beaucoup encore restent à décrire et à nommer.

Ces races locales, d’ailleurs, semblent assez constantes dans la même région et sont, par conséquent, assez fixes pour mériter un nom à l’égal des espèces les plus tranchées.

Dans Onobrychis, certains types locaux ont comme Orana les taches rouges presque sans cercle blanc et même quelquefois sont tout à fait dépourvues de ce cercle. M. Millière a trouvé ce type à Berthemont-les-Bains (Alpes-Maritimes), et M. de Laftole dans le Loiret. Il ne diffère guère d’Orana que par un aspect plus robuste et la nuance du rouge plus carminée et plus vive; mais il y a des exemplaires des Alpes-Maritimes bien difficiles à distinguer spécifiquement de ceux d'Oran.

Puis nous trouvons les Onobrychis avec cercle blanc et dans lesquels la nuance du rouge varie du carminé au vermillon, même au rouge orange. Les taches rouges sont plus ou moins confluentes ou réduites, le cercle blanc est plus ou moins jaune ou blanc pur, et enfin la liaison entre Onobrychis et Occitanica se fait par les aberrations d'Onobrychis, dont la dernière tache allongée est entièrement blanche et sans trace de rouge, et aussi par un type géographique provenant de Perse et qui diffère vraiment peu d’Occilanica.

70 HETEROCERA

Dans Occitanica comme dans Orana et comme dans Onobrychis, la même loi de variation préside, c’est-à-dire oblitération ou développement des cercles blancs et de l’anneau rouge abdominal.

De plus, les coques (caractère fort important pour classer les Zygœna) sont bien peu différentes dans Onobrychis et Occilanica.

Il y aurait un intérêt scientifique de premier ordre à réunir des Onobrychis, des Occitanica et des Orana de toutes les localités et en aussi grand nombre que possible, et aussi dans chaque localité à se procurer les coques et les chenilles, car l’état larvaire a une importance assez grande pour être peut-être appelé à donner la clé de la question.

Mais qu'on veuille bien cependant, dans l’étude des larves et les conséquences à en tirer, se souvenir qu'elles sont variables comme les insectes parfaits et qu’il y a assez d'exemples de ces variations dans des espèces dont même les papillons ne varient point, pour ne pas leur attribuer une valeur qui, dans certains cas, serait exagérée.

Zygæna Cedri, BRUAND, var. Staudingeri, AUSTAUT.

Cette variété est caractérisée, parce que l'abdomen n’a qu’un seul anneau rouge. Elle a été trouvée à Boghari par M. Raffray, à Nedroma et à Oran par MM. Austaut, à Tanger par M. Olcèse. Dans la province d'Oran, le type Cedri, avec deux ou même trois anneaux abdominaux rouges, se trouve, ainsi que la variété Staudingeri, car MM. Austaut l'ont trouvé à Sidi-bel-Abbès, en juin 1879.

Les Zygæna Favonia, Freyer, et Cedri, Bruand, sont identiques.

B — Bombyces.

Nudaria Murina, HÜBNER.

Sebdou, à la fin de juillet, où elle vole communément aux lumières { D" Codet ).

HETEROCERA 71

Trichosoma Bæticum, RAMBUR.

A été pris à Sebdou à la fin de janvier 1881 par M. le D: Codet. Le Trichosoma Bæticum est fort commun, mais le G' est difficile à capturer à cause de son vol rapide en plein midi. Autant que j'en puis juger par un exemplaire que j'ai reçu de M. le D" Codet, le type de ce papillon serait à Sebdou fort différent de celui que j'ai obtenu des chenilles trouvées par moi en 1868 aux environs de Lambèze et élevées à Rennes. Le type de Sebdou est bien plus opaque. Les parties noires sont plus foncées, la frange est presque entièrement noire, tandis qu’elle est grise et blanchâtre dans les exemplaires de Lambèze. Les 7. Bæticum qui existent dans la collection Boisduval et qui proviennent d’Andalousie ressemblent beaucoup plus au type de Sebdou qu’à celui de la province de Constantine.

Trichosoma Gandolphei, O8ErTHÜR (pl. II, fig. 7).

Décrit sur un © pris à Bône par M. Gandolphe et appartenant à M. J. Fallou.

Taille inférieure à celle de Bæticum; les ailes supérieures en dessus sont brun roux marquées de taches chamois pâle, l’une très petite allongée subapicale, une autre costale, grosse, allongée et inclinée de la côte dans la direction de l’angle interne, une troisième fort peu apparente intracellulaire, les deux dernières voisines du bord interne, l’une infracellulaire et basilaire, assez irrégulière et petite, l’autre à peu près au milieu de l’espace compris entre la quatrième tache et le bord extérieur, assez longue, étroite et présentant extérieurement une petite partie saiïllante.

Les ailes inférieures sont jaunes en dessus avec une bordure noirâtre assez large, longeant le bord extérieur auquel elle ne cesse d’être contiguë que par un point jaune et une interruption de la bordure brune, interruption qui se produit avant l'angle anal. Le bord anal est jaune liséré d’un trait noir joignant la tache noire de bordure qui est séparée de la bande principale à la base de l’aile inférieure.

Le dessous ne diffère du dessus que par la dilatation des deux

72 HETEROCERA

taches jaunâtres du bord interne de l'aile supérieure qui sont confluentes.

Thorax et abdomen couverts de poils assez longs fauve clair. Antennes à arête jaune et à pectination noirâtre.

Trichosoma Pierreti, RAMBUR (pl. Il, © fig. 8, © fig. 9).

J'ai fait figurer les deux sexes présumés du Trichosoma Pierreti, Rambur, d’après deux individus pris à Bône, en mars 1866, par M. Gandolphe etappartenant à M. J. Fallou. Ces papillons sont décrits dans un mémoire intitulé « Observations sur plusieurs Lépidoptères provenant d'Algérie, » par J. Fallou et imprimé dans les Annales de la Société entomologique de France (année 1874).

Brachysoma Codeti, AusrAuT (pl. XI, fig. 11).

Feu Lederer a fondé pour un Bombycide de Syrie le genre Chondrostega et il a appelé l'espèce pour laquelle il à fondé ce genre, Pastrana. Cette Pastrana offre une variété locale, Hyrcana, qui se rapproche beaucoup du Brachysoma Codeti. Le Chondrostega Hyrcana ne diffère, en effet, du Codeti que par sa taille un peu plus grande, la frange moins longue et les ailes plus opaques.

On ne connaît encore qu’un seul exemplaire © de B. Codeti. Il a été pris à Daya, le 26 septembre 1879, par M. le D' Codet, à qui M. Austaut en a fait la dédicace.

Je suppose que la © de Codeti est aptère, absolument comme celle d'Hyrcana qui est dépourvue d’ailes et entièrement grise, avec un bouquet anal de poils longs, serrés, soyeux et grisâtres.

La chenille de Pastrana que j'ai sous les yeux a un peu le faciès de celle du Bombyæ Loti. D'après l’ensemble des caractères du papillon et de la larve du genre Chondrostega, il paraîtrait que ce genre formerait une transition excellente entre les Trichosoma et les véritables Bombyx.

Le Chondrostega (Brachysoma) Codeti est une des plus remarquables découvertes de M. le D' Codet et il contribue à prouver l’affinité des faunes algérienne et syrienne des Lépidoptères, ce qui est fort important au point de vue de l'étude spéciale de l’histoire naturelle du bassin méditerranéen,

HETEROCERA 13

Bombyx Philopalus, DONZEL.

Un © pris à la lumière, à Magenta, le 2 décembre 1879, par M. le D" Codet qui a bien voulu se dessaisir en ma faveur de l’unique exemplaire qu'il possédât de cette magnifique espèce tout à fait tranchée et à laquelle ne ressemble aucun des Bombycides que je connaisse.

Le Bombyx Philopalus semble habiter toute l'Algérie. Il a été découvert dans la province de Constantine par M. le capitaine Charlon, du 22° de ligne, mort en 1842, en Algérie, victime d’un zèle trop ardent pour les sciences naturelles. Le Bombyx Philopalus porte ce nom en l'honneur de M. Philopal, de Marseille, ami du capitaine Charlon et de M. Dardouin dans la collection de qui doit figurer l’exemplaire typique qui est aussi un O'. Je crois me souvenir d’avoir entendu dire à M. Staudinger qu’il avait reçu la même espèce d’un amateur anglais, ayant voyagé au Maroc.

Bombyx Serrula, GUENÉE (pl. II, fig. 6, 6* et 6°).

Pendant bien longtemps, on n’a connu de cette espèce que la seule Q faisant autrefois partie de la collection Pierret, puis devenue la propriété de M. Guenée qui l’a décrite et fait figurer dans les Annales de la Société entomologique de France, année 1858, p. 454, pl. X, fig. 2. L'’individu typique à été rapporté d’Andalousie par Lorquin, dit M. Guenée dans l’article qu’il à fait imprimer au sujet de ce Bombyæx; mais dans la note qu'il a écrite dans sa collection, relativement à ce papillon et que j'ai sous les yeux, M. Guenée émet des doutes sur l'authenticité de cette localité. La figure publiée dans les Annales de France est mal coloriée; le ton du brun est moins rouge et la couleur en général d’un gris de bois plus clair et uniforme.

L'honneur d’avoir retrouvé cette espèce bien tranchée et bien distincte de toutes les variétés de Trifolii revient à M. Édouard Austaut qui a rencontré sur la montagne de Tessala une petite famille d’une douzaine de chenilles dont l'éducation fut faite à Sidibel-Abbès. C’est ainsi que j'ai pu apprendre quelques détails sur les premiers états de ce Bombyx.

74 HETEROCERA

La chenille est fort vive dans ses mouvements et ne s’enroule pas au contact de la main, comme la plupart de ses congénères. Elle diffère de celle du Trifolii du centre de la France par la série dorsale de ses poils orangés, l’augmentation des taches bleuâtres dans toutes les parties dégarnies de pilosité et l'’accentuation des lignes obliques costales blanchâtres. Les différences sont encore plus grandes entre la chenille de Serrula et celle du Trifolii de Provence. Celle-ci diffère du type de notre région par la teinte uniformément gris jaunâtre de ses poils et l’obscurcissement de toutes les parties qui en sont dénudées.

J'ai fait figurer la chenille et la coque de Serrula. Celle-ci est brune, ovoïde et semble dépourvue de cette sorte de réseau de soie grossière qui chez nous recouvre la coque de Trifoli.

Le &, qui n’était pas encore connu, est presque moitié plus petit que la Q dont il diffère par le ton plus foncé de la couleur brun grisâtre de ses ailes.

Bombyx Trifolii, ESPER.

La chenille est commune à Sebdou en mars et avril. Malheureusement je ne l’ai pas encore vue, mais je compte que M. le Dr Codet, avec l’obligeance gracieuse dont il m’a déjà donné tant de preuves, me mettra à même de faire connaître le type algérien de la larve de Trifolii. L'intérêt sera très grand à cause de la comparaison avec celle de Serrula.

Le papillon qui est très commun aux lumières vers les mois de septembre et octobre varie énormément, me dit M. Codet.

Nous savons du reste combien cette espèce est variable dans nos environs mêmes et surtout en Espagne où les variétés Zberica et Ratamæ notamment sont remarquables.

M. Codet m'a envoyé une paire de Trifolii pris à Sebdou. Ces papillons appartiennent à un même type. Ils diffèrent très peu de celui qu’on trouve à Cannes et qui provient de chenilles un peu différentes des nôtres, ainsi que je l’ai exposé précédemment à propos de Serrula. Le type de Cannes ne diffère guère de celui de Sicile, appelé Cocles.

HETEROCERA 75

Nous trouvons sur les bords de la Manche, à Cancale, un Trifolir très voisin de celui de Cannes, c’est-à-dire à peu près semblable à Cocles. C’est un fait assez curieux et que j'ai signalé déjà dans les Annales de la Société entomologique de France.

Bombyx Luteus, OBERTHR (pl. I, fig. 2).

J'ai décrit cette espèce nouvelle dans la IITI° livraison de ces Études (p. 44). J'en donne la figure dans cette VI° livraison, fidèle au principe que je me suis posé dans l'intérêt de la science d’accompagner de figures toutes les descriptions d'espèces nouvelles que je pourrais écrire.

Bombyx Warionis, OBERTHÜR (pl. IL, fig. 6).

Décrit sur deux exemplaires ©, dont l’un faisant autrefois partie de la collection Guenée, se trouve maintenant dans la mienne, et l’autre, qui a servi de modèle à la fig. 6 de la pl. IT, appartient à M. J. Fallou. Ce papillon avait été pris par M. Al. Warion dans la province d'Oran au mois de mai 1867. Le Bombyx Warionis, pour lequel il faudra peut-être créer un genre spécial, semble faire une transition entre les Bombycides du groupe d’Herculeana, Neogena, etc., et les Liparides.

Les ailes sont grises en dessus traversées de l’apex au bord interne par une bande diagonale un peu courbe au milieu de son parcours, formée de taches noires intranervurales plus épaisses et plus apparentes dans mon exemplaire que dans celui de M. Fallou. Une éclaircie blanchâtre assez vague accompagne intérieurement cette bande maculaire depuis la côte de l’aile, en descendant audessous de la nervure inférieure de la cellule et en remontant près de la base jusqu’au bord costal, de façon à circonscrire un espace gris jaunâtre costal et cellulaire qui est limité, d’ailleurs, par un trait de contour noirâtre beaucoup moins accentué cependant dans l’exemplaire qui a servi de modèle à la fig. 6 que dans celui que j'ai eu ensuite à ma disposition. De plus, dans le spécimen de M. Fallou, on voit un trait droit, descendant diagonalement de l’apex au bord interne, extracellulaire, plus accentué vers le milieu

76 HETEROCERA

de l’aile et d’un gris plus sombre que le fond. Ce trait obscur existe à peine dans l’exemplaire de la collection Guenée. Les ailes inférieures sont d’un brun grisâtre, avec une bande transverse médiane un peu plus obscure que le fond. La frange des quatre ailes est large, grise aux supérieures, blanche aux inférieures. Les antennes sont courtes; la tête peu proéminente; les poils du thorax gris, l'abdomen gris terminé par un bouquet coupé droit de poils soyeux, gris, assez longs.

En dessous, l’aile supérieure est noirâtre avec la côte, le bord extérieur et la frange gris clair; l’aile inférieure est grise avec quelques atomes et une petite tache noirâtre assez près de la base et du bord costal, et une bande également d’atomes noirâtres allant du bord costal, parallèlement au bord extérieur et remontant vers la base le long du bord anal.

Les deux papillons que j'ai sous les yeux, quoique appartenant bien incontestablement à la même espèce, diffèrent un peu l’un de l’autre, ainsi qu’on a pu le reconnaître par la lecture de la description ci-dessus. L’exemplaire de M. Fallou est plus obscur et plus vaguement dessiné, le mien est au contraire plus clair, avec les dessins mieux écrits. Cela indique que l'espèce est assez variable. Sa place dans la nomenclature ne pourra être sûrement définie que quand le G'sera connu.

Cnethocampa Pityocampa, EsPer.

Magenta; Sidi-bel-Abbès (Dr Codet); Nemours (Édouard Austaut). La chenille est très commune partout où il y a des pins. Elle éclôt en décembre pour se transformer en avril. Le papillon vole à partir des premiers jours d'août jusqu'à septembre.

Lasiocampa Lineosa, DE VILLIERS. r

Province d'Oran (Austaut).

Lisparis Dispar, Lin.

Sebdou. La chenille vit sur le chêne vert (Dr Codet).

HETEROCERA YA

Orgya Josephina, AUsTAUT (pl. IT, fig. 5).

Charmante Liparide découverte au lac Sebgha, au mois d'avril 1880, par M. Ed. Austaut, dont le frère, avec sa gracieuseté ordinaire, a bien voulu gratifier ma collection de quatre exemplaires g'et Q.

Les ailes supérieures du ©', seul sexe ailé, sont en dessus noires avec l’espace basilaire sablé de jaune paille, ou quelquefois tout noir et seulement limité par une ligne jaunâtre traversant droit de la côte au bord interne ; de plus, on voit sur les ailes supérieures une tache cellulaire, cordiforme, inférieurement accompagnée de deux petites macules, la première ronde et qui lui est quelquefois contigué, la seconde sagittée, oblique et joignant le bord interne; enfin une tache ronde extracellulaire quelquefois surmontée d’une autre petite tache costale. Toutes ces taches sont jaune clair.

La frange des supérieures est également jaune clair. Les ailes inférieures sont semblables à celles de certains individus de Dubia.

Les poils du thorax sont gris blanchâtre. Les antennes sont plus courtes que dans Splendida et n’ont pas l’arête jaune.

Les ailes supérieures diffèrent en dessous de celles de Splendida, parce que les parties jaunes et noires sont plus nettes les unes par rapport aux autres et aussi à cause de la disposition des parties noires apicales.

La ©, complètement aptère comme ses congénères, paraît avoir des dimensions notablement considérables.

M. Léon Austaut a donné sur l'Orgya Josephina des renseignements pleins d'intérêt (journal Le Naluraliste, n° 28, du 15 mai 1880). Je ne saurais mieux faire que de transcrire ici ce que M. Austaut nous apprend des premiers états :

« La chenille de l'Orgya Josephina s'écarte notablement de > celles des autres Orgya, en ce sens qu’elle est dépourvue des » deux pinceaux de poils en forme d’antennes placés de chaque » côté de la tête chez les larves de ce groupe (*). Elle est tubercu-

(*) Les chenilles des @Grgya Splendida et Dubia, n’ont pas ces deux pinceaux si remarquables dans Antiqua, par exemple.

HETEROCERA

leuse et couverte de brosses courtes, divergentes, d’un noir vif. » Sur le milieu des 4°, 5°, 6°, 7°, 8° et 11° anneaux existent d’autres touffes de poils fins, très denses, grisâtres et pas plus longs que les précédents. La peau de cette chenille est noire; cependant, les tubercules dorsaux des trois premiers segments, ainsi que ceux de la partie postérieure du corps à partir du 8° anneau, sont vivement colorés en jaune orangé. Le milieu des 98 et 10° anneaux est dégarni de poils, et l’on aperçoit sur chacun d'eux un point charnu très saïllant d’un jaune vif. La tête est noire avec les mandibules et une ligne sur le devant de la face, sous forme de V renversé, d’un beau jaune d’or. Le ventre et les pattes sont fauves, maculés de brun foncé.

> Cette chenille, très jolie dans toutes ses parties, à été trouvée sur une plante grasse dont il n’a pas encore été possible d'obtenir la détermination ; elle s’en est nourrie à l'exclusion de tout autre végétal. Pour se métamorphoser, elle file une coque ovoïde d’un gris foncé, d’un tissu peu serré et qui semble formé de soie et de poils entremêlés. Les chrysalides varient beaucoup suivant les sexes. Celles des Q sonttrès grosses, ovalaires, à tête détachée du thorax et inclinée en avant avec l’oviducte saillant ; elles sont d’un gris bistre très foncé. Celles des G'sont beaucoup plus petites, d’un brun luisant, très élargies du thorax et amincies postérieurement ; leur dos est hérissé d’une pilosité grisâtre.

» À l’éclosion des chrysalides, la Q ne quitte pas son cocon à l'instar de ce qui se passe chez Trigotephras. La fécondation doit donc s’opérer dans l’intérieur de la nasse de même que la ponte.

» Les œufs sont de la taille de ceux de Bombyx Rubi, mais plus arrondis, d’un blanc de lait avec une petite macule grise imprimée à un point de leur surface. »

Cette Orgya Josephina diffère bien nettement par le ton foncé

du noir et la teinte jaune pâle des taches et de la frange des ailes supérieures en dessus, de toutes les variétés de Splendida, ainsi que j'en puis juger par les nombreux exemplaires de Splendida que mon frère a capturés aux environs de Tanger et dans la Sierra- Nevada, du côté de Huejar. Elle diffère aussi beaucoup de la forme

HETEROCERA 79

Turcica habitant l’Asie-Mineure et que M. Allard a prise dans la province d'Oran; mais il est extrêmement curieux de constater que c’est surtout avec la forme géographique appelée Dubia et venant de la Russie méridionale que l'Orgya Josephina présente les plus grandes analogies. En effet, le S' ne diffère guère de Dubia que par la forme de ses ailes moins arrondies, la taille plus grande et l’envahissement des parties noires. On trouverait donc au Maroc et certainement aussi en Algérie le type Splendida, c’est-à-dire celui de l'Andalousie, le type Turcica ou d’Asie-Mineure, et enfin une forme mélanienne très voisine de celle appelée Dubia et venant de la Russie méridionale.

Rambur prétend dans son ouvrage, « Faune de l’Andalousie, » que Dubia et Splendida sont deux espèces distinctes. M. Staudinger les réunit au contraire dans son catalogue de 1871 comme étant deux formes d’une même espèce. La solution de cette question, à laquelle se trouve liée celle de Josephina (qui, en tout état de cause, conservera son nom, car elle est assez constante et tout à fait spéciale), dépend de l'opinion des naturalistes sur l'espèce et d’études nouvelles et comparatives qu’il y aurait lieu de faire sur les premiers états.

Orgya Trigotephras, BorspuvaL.

Tanger, en juin. Diffère seulement du type de Provence et d’Andalousie, autant que j’en puis conclure d’après des exemplaires pris au vol, par une teinte un peu moins noire et plus rousse.

Orgya Ericæ, GERM.

La chenille vit à Sebdou sur les chênes verts. Le C' ne diffère du type de Hanovre que par une teinte brun cannelle plus noirâtre et plus foncé. La chenille, dont M. Austaut a eu l’obligeance de m'adresser deux exemplaires qui avaient desséché, est exactement semblable à une chenille dans le même état venant de l'Allemagne du Nord et que contient la collection Boisduval.

Dicranura Vinula, LIN., var. Delavoiei, GASCHET.

Bordj-Bouira { Delavoie); Nemours { Édouard Austaut); Tanger (Olcèse).

80 HETEROCERA

Variété géographique remarquable par le ton uniformément gris de souris qui recouvre les quatre ailes dans les deux sexes et l’atténuation des parties noires.

C — Phalenites.

Gnophos Obscurata, W. V.

Une © prise à Magenta par M. le D' Codet, le 20 novembre 1879. Le type est assez foncé, un peu roux et analogue à la variété anglaise appelée Pullaria par Stephens.

Gnophos Mucidaria, HBN.

Oran ; un © pris le 16 avril 1879 {Dr Codel ).

Tephronia Codetaria, OBERTHÜR (pl. XI, fig. 3).

Décrite sur une © prise à Sebdou, le 16 août 1880, par M. le Dr Codet, à qui je l’ai dédiée comme témoignage d'estime affectueuse et de reconnaissance cordiale.

Taille de Carieraria ; ailes supérieures gris un peu verdâtre en dessus, traversées par quatre lignes noires dont deux très nettes et les deux autres assez bien écrites, mais plus estompées, continues, irrégulièrement dentées ; ailes inférieures plus claires marquées d’un point cellulaire noir et traversées par deux lignes noires, l’une extracellulaire très nette, dentée régulièrement, l’autre extracellulaire moins bien écrite et moins profondément sinuée. Le bord extérieur est marqué de points noirs assez épais, intranervuraux.

Dessous plus uniforme de coloration; les lignes du dessus reproduites, mais à l’aile supérieure seulement accentuées à la côte et ensuite très effacées. :

Tête et corps comme dans les espèces du même genre.

Acidalia Ochrata, Scop.

Un © pris à Sebdou, le 27 juin 1880, par M. le D" Codet.

mit Gé nt tt et

HETEROCERA 81

Acidalia Osseata, W. V.

Sebdou, en juin { D' Codet).

Acidalia Politaria, HÜBNER.

Sebdou, 28 juin 1880 {D' Codet).

Acidalia Incanaria, HÜBNER.

Sebdou, en juin. Le type est blanc comme à Naples.

Acidalia Camparia, HERRICH-SCHÆFFER.

Le type, dans la province d'Oran, paraît être plus grand qu’en Dalmatie et que dans les Pyrénées-Orientales. Il est aussi un peu rougeâtre, comme du reste plusieurs espèces d’'Acidalia d'Algérie chez lesquelles on remarque assez souvent une tendance à avoir une teinte générale plus chaude et d’un fauve un peu rouge.

Acidalia Cœnosaria, LEDERER.

Oran, le 16 avril 1879 (Dr Codet). Ne diffère du type de Beyrouth que par sa teinte plus foncée et plus rougeâtre.

Acidalia Litigiosaria, Borisp.

Un GC‘ très frais pris à Sebdou, le 27 mai 1880, par M. le Dr Codet, diffère du type d’Espagne par ses lignes moins accentuées et sa taille un peu plus grande.

Acidalia Imitaria, HÜEBN.

Tanger ({Olcèse).

Stegania Permutaria, HÜBNER.

Sebdou, en mars (Dr Codet); Sidi-bel-Abbès, en mars (Austaut). Le type d'Algérie est semblable à celui de l'Espagne centrale, variant un peu pour la taille et l’accentuation des lignes noires,

mais n’arrivant pas du tout au type Cominularia du centre de la 6*

82 HETEROCERA

France. Dans les Pyrénées-Orientales on trouve les deux formes Permutaria et Commutaria.C'estlà sans doute leur point de fusion?

Stegania Henricaria, OBERTHËR (pl. XI, fig. 17, Q fig. 16).

Très jolie nouvelle espèce découverte par M. le Dr Henri Codet, à qui je suis heureux de la dédier, aux environs de Sebdou, au commencement de septembre 1880. Les trois individus que j'ai sous les yeux et que je dois à l’obligeance de M. Codet, ont été pris volant aux lumières.

Les ailes supérieures sont un peu plus falquées à l’apex et arrondies au bord extérieur que dans Permutaria. Le S'est brun pâle en dessus; mais la couleur de l’aile inférieure est plus grise, plus claire et semble un peu argentée. Près de l’apex, il y a une tache costale noirâtre, inférieurement suivie de quelques macules noires intranervurales, puis on voit deux taches costales noirâtres assez espacées l’une de l’autre.

Le dessous est brun rougeâtre pâle; il y a quelques pointillés noirâtres très fins sur l'aile inférieure.

La Q est d’une teinte assez uniforme brun rougeâtre un peu violacé, sans tache autre que Ja tache costale médiane du © reproduite en brun plus foncé que le fond.

La Stegania Henricaria est une espèce fort délicate. Les trois spécimens que j'ai sous les yeux ne sont pas très purs et ont des parties d'ailes un peu frottées. Il y a une fine ligne blanchâtre descendant droit de l’apex au bord inférieur de l’aile supérieure. M. d’Apreval n’a pas représenté dans la peinture qu’il a faite de cette espèce ce caractère assurément peu visible, mais dont un examen attentif à la loupe m’a cependant convaincu. Je donnerai une nouvelle figure de la Stegania Henricaria si je puis obtenir des exemplaires très purs.

Cette nouvelle géomètre me paraît être une transition entre les deux genres Stegania et Eilicrinia.

Eilicrinia Cauteriata, RAmBUR.

Un exemplaire en mauvais état, mais très reconnaissable cependant, pris à Sebdou, le 23 avril 1880, par M. le Dr Codet,.

HETEROCERA 83

Tephrina Austautaria, OBERTHÜR (pl. HI, fig. 11).

Diffère en dessus de Peltaria par l'ombre noirâtre largement étendue de l’intérieur de la première bande jaune transversale vers la base de l’aile supérieure, l’accentuation du point noir médian, la direction de la deuxième bande jaune plus oblique et extérieurement plus largement ombrée de brun noirâtre. Le dessous reproduit ce caractère différentiel de l'écartement au bord costal des deux lignes jaunes, beaucoup plus large dans Auslaularia que dans toutes les Peltaria de Provence.

J'ai dédié cette nouvelle Tephrina à M. Édouard Austaut qui l’a découverte aux environs d'Oran, au mois de septembre 1880.

Tephrina Austautaria, var. Unicoloraria, OBERTHÜR.

Décrite sur un individu pris à Magenta le 20 novembre 1879 par M. le D" Codet.

Présente exactement les mêmes caractères que le type, c’est-àdire la même direction des deux lignes jaunes transverses; mais toutes ces ombres noires font défaut et le fond des ailes supérieures est uniformément du même gris que les exemplaires foncés de Partitaria.

Austautaria et sa variété Unicoloraria ne peuvent être confondues avec cette dernière espèce (Partitaria) à cause de la direction des lignes jaunes de l’aile supérieure toujours assez droites et plutôt disposées dans Partilaria à être parallèles qu’à être aussi écartées au bord costal comme dans Austautaria.

Scodiona Hispanaria, MiLLIÈRE.

Trouvée à Nemours en mars 1878 par M. Austaut.

Scodiona Miniosaria, DUPONCHEL.

Oran, en septembre (Ed. Austaut).

Selidosema Ambustaria, Hüpx.

Oran, au mois de septembre (Ed. Auslaut).

84 HETEROCERA

Fidonia Megearia, OBERTHÜR (pl. II, fig. 8).

J'ai reçu cette jolie Fidonia, comme venant de Tlemcen, tout d’abord de M. l’abbé Mège, à qui je l’ai dédiée, puis de M. L. Austaut à qui ses frères l’avaient envoyée de la province d'Oran.

Je ne connais que le sexe G' dont je possède trois exemplaires.

La Fidonia Megearia est à peine aussi grande que la Picearia. Elle est brune avec un point noir discoïdal sur les quatre aïles et une double ligne noire, extrêmement sinueuse, extracellulaire, descendant de la côte des supérieures au bord anal des inférieures; de plus, aux supérieures, il y a une ligne transverse, également fort sinueuse, noire, un peu épaisse, placée entre la base et le point noir discoïdal. Ce point noir est entouré de quelques atomes blanchâtres, et une ligne blanchâtre un peu vague borde extérieurement la seconde ligne noire sinueuse commune extracellulaire, mais presque uniquement à l’aile supérieure. Après cette éclaircie blanche, il y a aux ailes supérieures un dessus noirâtre intérieurement fondu en brun, extérieurement également limité d’un trait blanc. Ce dessin très sinueux se prolonge sur les ailes inférieures en noirâtre; il y est extérieurement bordé de brun pâle. Le contour des quatre ailes est liséré d’un fin trait noir, plus accentué au vis-à-vis des parties noires qui entrecoupent la frange, laquelle est brune d’abord, puis blanche à son extrémité. La couleur brune et la couleur blanche de la frange sont très nettement séparées l’une de l’autre et forment comme deux franges juxtaposées.

Le dessous est plus mat que le dessus, d’un ton brun plus uniforme, moins chaud et reproduit à peu près exactement les dessins du dessus, mais en les atténuant et en supprimant à l'aile supérieure la première ligne transversale entre la base et le point noir discoïdal.

Les antennes sont pectinées comme dans Picearia; les pattes sont chamois clair et les cuisses brunes.

Ligia Yaminaria, OBErTaür (pl. XI, fig. 4).

Diffère au premier coup d’œil de l'Opacaria par la ligne de l’aile supérieure descendant de l’apex, puis se recourbant vers la base, au lieu de descendre droite et oblique comme dans Opacaria.

HETEROCERA 85

Je n’ai vu qu’une seule © de cette nouvelle espèce découverte par M. le D' Codet, à Ben-Youb, le 9 novembre 1879. L'exemplaire que je dois à la générosité de M. Codet est très pur; les ailes sont grises; les supérieures sablées çà et là de quelques atomes noirs avec un lavis faiblement jaunâtre le long du bord inférieur et audessous de la nervure médiane jusqu’à la rencontre de la ligne coudée descendant de l'apex. Cette ligne coudée est intérieurement accompagnée d’une teinte brune, étroite et fondue. Les ailes inférieures sont plus blanches vers la base que vers le bord extérieur. En dessous, les ailes ont un reflet argenté; les supérieures sont grises, les inférieures blanches.

Eubolia Peribolata, Hüpx.

Oran, en septembre (Édouard Austaut) ; type semblable à celui d’Espagne, beaucoup plus rembruni que celui de nos environs.

Lithostege Griseata, Bork.

Sidi-bel-Abbès, en septembre (Aus{aut). Diffère du type de Hongrie parce que la ligne noirâtre partant de l’apex est un peu plus accentuée et paraît un peu plus oblique.

D — Noctuelites.

Bryophila Fraudatricula, HÜBx.

Sebdou (Dr Codel).

Leucania Putrescens, HBx.

Daya, le 9 septembre 1879 (Dr Codet).

Leucania Punctosa, Te.

Sebdou (Dr Codet).

Leucania Loreyi, Dur.

Sebdou, en juin (D' Code),

86 HETEROCERA

Laphygma Exigua, HÜEN.

Tanger (R. Oberthür); province d'Oran (Édouard Austaul). C’est cette espèce que M. Austaut a décrite sous le nom de Sebghana. Un individu typique qu’il a bien voulu m'offrir ne diffère en rien de ceux d'Espagne (Las Navas; Lanjaron; Alsasua) et même des Pyrénées-Orientales.

Luperina Rubella, Dur. (pl. XI, fig. 9), var. Dayensis, OBERTHÜR.

Une Q prise à Daya, le 12 septembre 1879, par M. le Dr Codet, diffère du type ordinaire de la France centrale et méridionale par l’absence absolue de teinte rougeàtre. Les ailes supérieures et le thorax sont d’un gris jaunâtre uni.

Luperina Lasserrei, OBERTHUR (pl. XI; ©, fig. 13; ©, fig. 14).

Un peu plus petite que T'estacea et les ailes beaucoup plus étroites ; à peu près les mêmes dessins que Testacea, maïs la ligne coudée beaucoup plus droite et moins creusée et la tache claviforme beaucoup plus saillante. Les ailes supérieures sont grises avec un lavis rose qui envahit et colore toutes les parties pâles; les ailes inférieures sont entièrement blanches. Le thorax est assez épais, mais l’abdomen est grêle. Les antennes du C' sont pectinées comme dans le genre Heliophobus.

Le dessous est gris blanchâtre un peu luisant avec l’apex grisâtre, une ligne commune transverse, une tache costale et les points cellulaires noirâtres.

Espèce décrite sur un O' pris par M. Codet à Magenta, le 20 octobre 1879, et une Q prise à Sebdou, le 10 octobre 1880, et dédiée à M. le D' Lasserre, ancien médecin en chef de l'hôpital militaire de Sebdou.

Agrotis Hodnæ, OBERTHÜR.

Un ©‘ pris à Sebdou, le 3 septembre 1880, par le Dr Codet, difière seulement de la Q, seul sexe que je connaissais, par ses antennes très peu pectinées.

HETEROCERA 87

Dasycampa Sebdouensis, AUSTAUT.

M. L. Austaut a eu la générosité de m'’offrir le seul exemplaire de cette espèce pris par son frère Arthur, en mars 1880, aux environs de Sebdou, et d’après lequel a été rédigée la description insérée dans le n° 28 du journal le Naturaliste, portant la date du 15 mai 1880. Le papillon en question me paraît être une variété de la si variable Vaccinii. Je possède un spécimen pris à Rennes et presque absolument semblable à Sebdouensis. Je crois que Sebdouensis est une variété à ailes supérieures brun rougeâtre foncé et caractérisée par l'oblitération des lignes extrabasilaire et coudée, et des taches médiane et réniforme en dessus. Par le dessous, il est impossible de voir aucune différence entre Vaccinit et Sebdouensis. J'ai sous les yeux une trentaine de Vaccinii de différents pays et presque tous différents les uns des autres pour quelques détails. On peut distinguer des races (encore sont-elles réunies par des exemplaires de transition), mais toutes dérivent assurément de la même

espèce.

Xanthia Austauti, OBERTHÜR (pl. I, fig. 3).

Décrite sur un O' très frais pris au mois de septembre 1878, à Sidi-bel-Abbès, par M. Austaut, à qui je l’ai dédiée, comme faible témoignage de reconnaissance et d’estime.

Elle diffère de Ocellaris et de la variété Palleago (Hübner, 192) de cette espèce, parce que les ailes supérieures et le thorax sont d’un blanc jaunâtre très pâle, avec la ponctuation de la ligne subterminale et le tour des taches réniforme et médiane orangé vif.

Le dessous est entièrement d’un blanc jaunâtre un peu luisant. La forme des ailes est comme dans Gilvago.

Est-ce une variété géographique très remarquable de cette dernière espèce? J'avoue qu'avec un seul spécimen il est bien difficile de résoudre cette question. En tout cas, que ce soit une espèce à part ou une variété locale, la Xanthia Austauti n’en est pas moins intéressante et il était nécessaire de la distinguer par un nom.

Xanthia Ocellaris, Borx.

Un ©', pris à Sebdou le 6 septembre 1880, par M. le Dr Codet,

88 HETEROCERA

appartient à la variété Palleago, Hübner et est bien différent d'Austauli.

Metopoceras Codeti, OBERTHËR (pl. XI, fig. 10).

Dédiée à M. le D' Codet qui a pris le spécimen d’après lequel j'écris la description ci-dessous, à Sebdou, le 20 avril 1880.

Taille de Felicina ; mais les ailes un peu moins élargies. Les supérieures ainsi que le thorax couverts en dessus d’un lavis rosé, parsemés d’atomes gris. La ligne extrabasilaire est très sinueuse et présente une pointe saillante assez près du bord costal ; la ligne coudée, très sinueuse aussi, s’avance en approchant du bord interne vers la base, de sorte que l’ensemble de la ligne est loin d’être droit, mais présente au contraire comme un degré d'escalier près du bord inférieur. Le centre et le bord externe de l'aile supérieure est parsemé d’atomes gris formant au centre de l’aile comme une ligne transversale plus ou moins épaisse et à peu près ininterrompue. Les ailes inférieures sont noirâtres, surtout foncées vers le bord extérieur. Le dessous est gris assez foncé, sauf à l’aile inférieure dont la partie centrale est plus claire.

Polia Nigrocincta, Tr.

Une © prise à Sebdou, en septembre, par M. Arthur Austaut.

Hadena Solieri, Bpv; var. ? (ou aberr. ?) Arabs, OBERTHÜR (pl. XI, fig. 8).

Sebdou (D° Codet), le 7 juin 1880; prise posée contre un peuplier.

Je rapporte comme variété à Solieri la noctuelle dont je ne possède qu’un seul échantillon et que j'ai fait figurer sur la pl. XI de cette sixième livraison.

Le papillon pris à Sebdou diffère de la Solieri de Provence par l’oblitération de la tache réniforme et l’absence en dessous des points cellulaires ; puis la forme plus pointue des sinuosités de la ligne extrabasilaire, les ailes inférieures plus blanches, la frange de ces ailes blanche, la position en dessous de la ligne noirâtre transversale commune, bien plus rapprochée du bord dans Arabs que dans Soheri.

HETEROCERA 89

Si je possédais plusieurs individus semblables, je n’hésiterais pas à ériger l’Hadena Arabs en espèce tout à fait distincte.

Cucullia Verbasci, Lin.

Nemours, en juin 1877 (Édouard Austaul), ne diffère du type européen que par une taille un peu plus grande.

Omia Cyclopæa, DE GRASLIN.

Un exemplaire pris à Sebdou, le 27 mai 1880, volant sur une colline aride, vers 2 heures après midi (Dr Codel).

Agrophila Flavonitens, AUSTAUT (pl. II, fig. 4).

Découverte à Sebdou, en juillet 1880, par M. Arthur Austaut et décrite sur l’exemplaire typique que je dois, comme tant d’autres, à la gracieuseté de M. Léon Austaut,.

Diffère de Sulphuralis, parce que les ailes inférieures sont moins foncées en dessus et sont en dessous à peu près uniformément jaune chamois, avec le point cellulaire à peine indiqué, et que d’autre part les ailes supérieures sont jaunes en dessus avec des parties plus foncées correspondant assez bien à celles qui sont noires dans Sulphuralis. La frange des ailes supérieures est en partie noire comme dans Sulphuralis. Le dessous des ailes supérieures est jaune chamoïis avec la côte et le bord externe un peu plus foncé.

Agrophila Deleta, STAUDINGER (pl. IT, fig. 5).

J'ai déjà parlé dans la troisième livraison de ces Études d’Entomologie de cette espèce découverte à Collo par M. Seriziat. Je publie la figure de l’Agrophila Deleta, afin de la rendre plus facile à reconnaître. Elle est d’un jaune sale; les inférieures sont plus brunes que les supérieures; la frange est partout jaunâtre et les ailes supérieures sont ornées d’une petite ligne subterminale d’atomes noirs parallèle au bord externe assez courte et n’atteignant ni la côte ni le bord inférieur. Le dessous est uniformément ocre jaune luisant,

90 HETEROCERA

Agrophila Sulphuralis, LiN., var. Algira, OBERTHÜR (pl. Il, fig. 2).

Diffère de la Sulphuralis, espèce répandue dans toute l’Europe et même au Japon, où elle est seulement plus grande et plus obscure, parce que la teinte générale des ailes est d’un jaune fauve, clair vers la base, plus foncé vers le bord extérieur, tandis que les types européen et asiatique sont jaune canari. Les dessins noirs sont exactement les mêmes que dans le type européen; mais ils sont moins accentués. En dessous, la variété A/gira est caractérisée par sa teinte fauve pâle et l’oblitération des parties noirâtres.

Décrite sur une Q prise à Bône par M. Gandolphe et appartenant à M. J. Fallou.

Metoponia Vespertinalis, RAMBUR.

Tanger (Olcèse).

Anthophila Candicans, RAMBUR.

Un exemplaire pris à Valmy par le D' Codet, le 4 juin 1879, est à peu près conforme à celui figuré par Rambur (Catalogue systématique des Lépid. de l’Andalousie, pl. X, fig. 5). Le noir de la bande transverse y est un peu plus épaissi et plus accentué.

Anthophila Virginalis, OBEerTaüR (pl. XI, fig. 1).

Tout à fait blanche en dessus, avec un reflet argenté, sauf le bord extérieur des ailes supérieures liséré de fauve. Dessous blanc d'argent très brillant avec un peu de brun vers le bord costal.

Décrite sur un S' pris à Sebdou, par le D' Codet, le 6 juillet 1880.

Il se pourrait faire que l’A. Virginalis fût une simple variété de Candicans. Cependant toutes les Anfhophila connues sous les noms d’Albicans, Extranea, Extraria, figurées par Rambur dans le Catalogue systématique des Lépidoptères de l’Andalousie, soit qu’elles s’éloignent de Candicans qui paraît être le type médian, par albinisme ou par mélanisme, ont toutes, même A/bicans, le même dessin, seulement plus ou moins accentué sur l'aile supérieure.

HETEROCERA 91

Virginalis, au contraire, n’a aucune trace de cette ligne transversale; mais il y a dans la collection Boisduval avec l'étiquette Albicans, R., un papillon tout semblable à celui de Sebdou, très vraisemblablement donné à M. Boisduval par Rambur et venant d'Andalousie. Ce papillon est encore plus parfaitement blanc que Virginalis, puisqu'il n’a même pas le liséré fauve le long du bord extérieur des ailes supérieures en dessus. Or, cet A/bicans est peutêtre la variété extrême que peut par albinisme produire Candicans, et alors Virginalis, comme cet Albicans, dériverait de Candicans.

Mais l’Albicans de Rambur est un type ayant encore très bien indiqué le dessus noirâtre ou grisâtre de l’aile supérieure; l’AZbicans de Boisduval n’est point conforme à celui figuré par Rambur, et dès lors il y avait lieu de donner un nom qui distinguât la variété albine extrême de Candicans, si tant est que Virginalis soit une Candicans albine exagérée.

Anthophila Albida, DuPoncxEL (pl. XI, fig. 15).

Sebdou, le 15 juillet 1880 (Dr Codet).

Diffère un peu de la figure de Duponchel et du papillon que M. Guenée a décrit dans le Species général sous le nom d’Al/bida, parce que les deux lignes droites et parallèles transverses de l’aile supérieure sont bien moins nettement accusées dans le spécimen pris par M. Codet.

Anthophila Caïd, OBERTHÜR (pl. XI, fig. 2).

Sebdou, le 25 mai 1880 (Dr Code).

Diffère de Virginalis en dessus par sa frange brune, le bord extérieur des ailes supérieures lavé d’un peu de fauve et orné d’une ligne de points noirs très fins parallèles au bord extérieur dont ils sont très voisins. De plus, le disque des ailes supérieures a une tache vague, allongée, noirâtre.

En dessous, les ailes supérieures sont brunes surtout vers le milieu et les inférieures plus pâles, mais aussi avec le milieu rembruni.

L'Anthophila Caïd est peut-être l'exagération mélanienne de

92 HETEROCERA

Virginalis. Dans ce cas elle indiquerait que Virginalis et Candicans seraient deux espèces à part.

Thalpochares Ostrina, HÜBNER.

Sidi-bel-Abbès, en mars (Austaut); Tanger (Olcèse). Espèce extrêmement variable et très répandue aussi bien en Algérie que dans le midi de l’Europe.

Catocala Elocata, ESPERr.

Province d'Oran (Austaut).

Diffère très peu du type européen. La teinte rouge des ailes inférieures paraît cependant un peu plus pâle.

Catocala Oberthüri, AUSTAUT (pl. I, fig. 1).

Sidi-bel-Abbès, en septembre 1878 (Austaut);, Géryville (L. Bedel).

Diffère d’Ælocata par la teinte moins grise et plus uniformément gris jaunâtre des ailes supérieures en dessus, la teinte rouge plus vive des ailes inférieures, la disposition moins arquée de la bande noire médiane qui s'arrête toujours avant d’atteindre le bord anal.

En dessous, les bandes noires des ailes supérieures sont plus droites que dans Ælocata, leurs bords sont moins sinueux et un lavis rose couvre l’espace près du bord inférieur dans Oberthüri. La bande noire médiane des ailes inférieures, reproduisant le dessus, est plus droite et beaucoup moins arquée.

Décrite sur quatre exemplaires semblables dont je dois trois à l'obligeance de M. Austaut.

La Catocala Oberthüri diffère aussi d’Ælocata par ses ailes moins allongées, relativement plus élargies et sa taille plus petite. L'ensemble de ces caractères lui donne un aspect assez particulier.

J'ai vu dans la collection de M. Fallou une Catocala prise à Bône par M. Gandolphe et qui m'a paru nouvelle. Elle est voisine de Promissa, mais l'aile supérieure en dessus est beaucoup plus blanche. Malheureusement, le seul spécimen que je connaisse jusqu’à présent de cette espèce est en trop mauvais état pour pouvoir être bien exactement décrit,

HETEROCERA 93

E — Pyralides.

Aporodes Austautalis, OBERTHÜR (pl. IL, fig. 7).

Découverte à Sebdou par M. Arthur Austaut, à qui je me suis fait un devoir de reconnaissance de la dédier.

Taille de Floralis, faciès d’'Atralis et Normalis. Aïles entièrement noires, les supérieures traversées du bord costal au bord interne par deux lignes plus noires encore, l’une extrabasilaire, l’autre submarginale, celle-ci extérieurement, surtout près de la côte, lisérée d’un peu de jaune. Un petit point très noir se voit dans l’espace compris entre les deux-lignes transversales.

Les palpes sont longs, jaunes et inclinés à peu près perpendiculairement au plan du corps. Les antennes du C' sont assez pectinées. Les pattes sont longues et jaunâtres, surtout au dernier article.

Le dessous des ailes reproduit le dessus en plus pâle et avec ces différences qu’on voit un point médian noir aux inférieures comme aux supérieures, que la première ligne extrabasilaire des supérieures est absente et que la ligne submarginale est commune aux quatre - ailes et extérieurement lisérée de jaunâtre dans tout son parcours. De plus, le bord costal des supérieures est marqué de jaunâtre.

Cledeobia Interjunctalis, GUENÉE, var. Lorquinalis, GUENÉE.

Une Q prise à Sebdou par le Dr Codet. L’Znterjunctalis type est commune à Lambèze (G. Allard) ; elle se trouve aussi à Boghari

(Raffray).

Actenia Honestalis, TR.

Sebdou, le 27 juin 1880 (D' Codet) ; type plus noirâtre qu’en Hongrie.

Galleria Cerella, Lin.

Sebdou, le 7 juillet 1880 (D' Codet).

94 HETEROCERA

Page 1