VIII AVANT-PROPOS
typica, sans lesquels il est aujourd'hui impossible de connaître avec quelque précision à quelles déterminations ils correspondent. Dans la Lépidoptérologie, on peut dire que les iconographies de Hlibner, Herrich-Schœfifer, quoique péchant trop souvent \y,\x l'insuffisance des renseignements qui devraient les compléter (localités, collections), resteront indéfiniment un monument nécessaire, au lieu que les ouvrages descriptifs de Walker, loin d'être une utilité, ne seront jamais qu'un embarras, laissant plein de doutes et d'hésitations l'esprit de ceux qui croiront devoir perdre un temps énorme à étudier ces diagnoses indigestes.
A coup sûr, il est aisé de semer dans les nombreuses publications qui les accueillent des descriptions sans figures, et il est bien facile, par ce procédé économique, de gagner de vitesse les travaux de ceux qui jugent plus à propos d'illustrer par de bonnes figures les nouveautés qu'ils portent à la connaissance du public.
Mais que font dans le présent ces descriptions que leurs auteurs ne songent nullement à éclairer plus tard par des dessins ])ien exécutés? Pas autre chose qu'une sorte d'obstruction et de barrière que certains scrupules et aussi — il faut le reconnaître — les réclamations des intéressés empêchent quelquefois de franchir. Quant à ce qui en adviendra dans l'avenir, nous avons déjà fait la réponse et nous croyons que même parmi les descripteurs sans figures dont notre époque abonde, il n'en est pas un qui se fasse sérieusement illusion sur la valeur et la durée de ses écrits.
Où doit-on tendre définitivement lorsqu'on pubHe une espèce nouvelle? Evidemment à permettre à tout le monde de reconnaître avec certitude ce que peut être cette espèce. Or, comment donner cette certitude avec des explications sans dessin? Prévoit-on du reste, quand on écrit, les espèces non encore connues et à qui une même description pourrait convenir?
Donc, voici la règle qui me paraît être celle du bon sens, de l'exactitude scientifique et de la conservation de la Nomenclature : Sans bonne
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figure à V appui dune description, il n'y a pas de nom valable et la priorité appartient au premier iconographe plutôt qu'au premier descripteur.
Certes, il convient de tenir compte de la tradition quand elle existe et il vaut mieux, en publiant une figure, conserver le nom donné dans la description, si on a la certitude de l'identification ; c'est ainsi que l'utilité conseille de maintenir le nom même (( in litteris » et sous lequel une espèce a pu être répandue dans les collections entomologiques ; mais celui qui a publié la figure a définitivement seul le mérite d'avoir fait connaître l'espèce et c'est seulement à partir de la publication de la figure que le nom prend droit de cité.
Déjà dans nos précédentes Etudes, nous avons affirmé la règle : « Pas de bonne figure, pas de nom valable; » mais il y a des vérités qu'il faut répéter quand on se heurte à des objections personnelles et par cela même opiniâtres. Donc, sans souci d'un parti pris nécessairement partial, nous nous contentons de l'approbation des Naturalistes, de plus en plus nombreux, qui se préoccupent de remédier à la confusion résultant des descrij^tions sans figures, ruine prévue de notre Nomenclature, s'attachent avant tout à connaître au juste à quelle espèce doit correspondre une détermination, et reconnaissent que la figiu'e bien exécutée donne seule l'exactitude et la précision sans lesquelles il ne peut y avoir de vérité scientifique.
Rennes, avril 1888.
Charles OBERTHÙK.