CHAPITRE III
DES MÉTHODES EXPERIMENTALES ET DES PROCEDES EMPLOYES DANS L’ANALYSE DES GAZ DU SANG.
Des généralités qui précèdent, nous voyons que le coefficient de solubilité des gaz dans le sang varie suivant la pression barométrique et l’état du milieu ambiant dans lequel l’être vivant respire. Les expériences que nous consignons dans la deuxième partie de notre travail nous montreront que les affections pathologiques peuvent faire varier aussi ce coefficient de solubilité en venant altérer la texture du globule sanguin.
Nous avons extrait les gaz du sang au moyen de la pompe à mercure perfectionnée par M. le docteur Gréhant, et nous nous sommes servi de la méthode de dosage du poids des globules de M. Bouchard, méthode qui donne des résultats excellents lorsque les précautions les plus minutieuses sont apportées dans l’exécution de ses procédés, et que nous décrivons ici, parce qu’elle n’est pas assez connue.
Des échantillons du sang a analyser étant recueillis dans deux capsules pesées (TO à 15 gr. par capsule), on les abandonne à la coagulation; dans la capsule 2, on a versé auparavant quelques grammes (o gr. pour 10 gr. sang) d’une solution neutre, en ce sens, qu'elle ne doit agir sur les globules ni pour les gonfler, ni pour les faire revenir sur eux-mêmes. Cette solution est faite avec : sucre de canne, q. s. ; eau distillée, q. s. pour marquer 1,026 au densimètre , on doit d’ailleurs à
chaque analyse vérifier au microscope l’action de la solution sur les globules; trop concentrée, elle diminue leur volume, trop peu dense, elle les gonfle.
Après un temps suffisant le caillot des deux capsules se rétracte et reste baigné dans un sérum incolore, à l’aide d’une pipette, on prend de deux à quatre grammes du sérum dans chaque capsule (2 gr. pour 10 gr. sang), on les additionne d’eau distillée, acidulée avec acide azotique pur — et on traite par la chaleur ; le précipité floconneux d’albumine qui se forme est recueilli sur un filtre préalablement desséché à l’étuve, et pesé à sa sortie; on le lave ensuite à l’eau bouillante acidulée avec 7^ d acide azotique, on sèche les filtres à l’étuve, et leurs poids donnent la quantité d’albumine contenue dans chacun des deux sérums. On a ainsi les éléments suffisants pour doser le sérum contenu dans la capsule 2.
Soit a le poids connu d’albumine contenue dans un gramme de sérum pur (caps. 1).
Soit a le poids d’albumine contenue dans un gramme de sérum étendu (caps. 2).
I Le poids du liquide ajouté au sang dans la cap
suie 2.
Et x le poids total du sérum contenu dans la capsule 2, avant son mélange avec la solution neutre.
On peut dire que le poids de l’albumine contenue dans le sérum de la capsule 2, est :
ax ou a’{x-\- /).
lo ax = a' (#-f- 1 ) ; 2° ax — a'x = a'I 3o x (a a) =a l.
„ . ,, ,. la'
cl ou 1 on tire x = -7.
Connaissant la quantité de sérum contenu dans la capsule 2, on peut la rapporter à 1,000 gr.
On prend ensuite le caillot de la capsule 1, on l’enferme dans un nouet, on le malaxe sous un courant d’eau, jusqu’à ce qu’il soit décoloré, on le lave à l’alcool absolu, et on le dessèche à l’étuve, son poids représente celui de la fibrine contenue dans le sang' de la capsule 1.
Etant ainsi donné: 1° le poids du sérum ; 2° le poids de la fibrine, on a par différence le poids des g'iobules à l’état frais.
L’analyse quantitative du sang* portant sur 10 gr. seulement, nous avons négligé dans les résultats que nous donnons de diminuer le poids des matériaux salins et gras, nous avons pensé que l’approximation était suffisante, l’erreur ainsi commise ne portant que sur une décimale de second ordre.
Les analyses gazométriques ont été faites sous le mercure, l’acide carbonique était absorbé par la potasse, l'oxygène par l’acide pyrogallique, et le volume gazeux restant représentait l’azote. Nous avons noté à chaque fois la température du mercure et la pression barométrique afin de ramener à 0° et à 0,760 les volumes gazeux.
Nous avons mis en expérience une série d’animaux chez lesquels avaient été provoquées des affections du poumon, de la septicémie, de la suppuration, et des empoisonnements par l’oxyde de carbone, le phosphore et l’enduit cutané. Nous avons aussi noté le degré d’absorption du sang pour l’oxygène à différentes époques de la vie, et celui de l’hémoglobine du sang putrifié. Ce sont ces expériences qui sont relatées dans la seconde partie de ce travail.