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Mansi. XIII

120 COKSTAIVTIN V, EMPEREUR DES ROMALNS

habitude invétérée ; il n'avait été reconnu formellement par aucun concile ; son existence n'était liée à celle d'aucun dogme. Ainsi s'explique le passage de Théostéricte : « Quelques-uns n'accordent aucune importance à cette hérésie, d'autres même disent cjue ce n'est pas une hérésie mais une simple contros'erse '. »

Mais, dans sa lutte contre le paganisme renaissant, Constantin avait remarcjué qu'il ne reparaissait pas seulement sous la forme du culte des images. L'adoration de la Vierge et des saints devenait dans le peuple une véritable restauration du polythéisme, et créait entre Dieu et les hommes toute une hiérarchie de divinités intermédiaires et de puissance inégale, parmi lesquelles chacun pouvait se choisir un patron suivant ses goûts ou ses convenances.

De même que le culte des images, l'adoration des saints rendait à des créatures l'honneur qui n'était dû cju'à Dieu seuP. La théologie des évèques de ^ÔS pouvait bien condamner les images, mais elle était impuissante contre les dangers du culte exagéré des saints et de l'abus de leurs intercessions.

Constantin, en proscrivant les prières adressées aux saints, pouvait passer pour hérétique aux yeux des théologiens iconoclastes eux-mêmes ; mais ses nouveaux décrets étaient bien une suite logique des mesures prises contre les images ; ils tendaient au même but que la réforme de Léon III : rendre à la religion chrétienne un caractère plus élevé et plus spirituel ^. Il n'est pas interdit de croire qu'il y ait eu une part de vérité dans les récits des chroniqueurs sur le nestorianisme de l'empereur. Les nestoriens avaient le désir sincère de rendre seulement à Dieu le culte dû à Dieu seul*. En niant que la Vierge fût mère de Dieu, Constantin amoindrissait la dignité de la Vierge et lui enlevait la place prépondérante qu'elle occupait dans la religion populaire. Cette hérésie eût été plus logique et mieux d'accord avec le caractère vrai de la réforme iconoclaste que l'orthodoxie des évèques d lliéria

Constantin ne partageait pas, ii l'égard du dogme orthodoxe et de la tradition des Pères, les scrupules de ses évoques ; mieux qu'eux, il avait compris l'importance morale et religieuse de la réforme.

I. Tivi; (J.ÎV w; xa-w-Épav aïpEaiv TaùtTiv à'yousiv /.aï bIç oùoàv Xo-('Xovcol'.... ïno: Si ojSà aïpEaiy Taj-rjv r|YoCîv-ai àXXà cpiXovsîziav. AA. SS., avril, I, XXIII. a. Jean Dam., Or., III, 33 ; Mansi, XII, 969.

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