Cf. Bury, II, /i
4. Jean Dam., Or., I, 17 ; Théod. Stud., 206; Mansi, XII, 1061.
LA QUERELLE DES IMAGES: LE BUT DE LA lîÉFORME I27
De là viennent les haines effroyables qui se sont amassées contre Constantin ; de là vient que les chroniqueurs le considèrent comme l'ennemi le plus acharné de l'Eglise, de l'orthodoxie, de la religion '. A la violence de ses mesures contre les images et les moines se joignait la nouveauté intolérable de ses hérésies. De là vient qu'il ait été infiniment plus haï qu'aucun des empereurs iconoclastes. On l'exècre à l'égal d'Arius, de Nestorius et de Dioscore. Mais Constantin disposait, pour imposer ses dogmes, d'une puissance que n'avaient pas eue les grands hérétiques des siècles précédents. Les contemporains avaient compris la gravité exceptionnelle de la querelle iconoclaste, provenant à la fois de la nouveauté du dogme " et de l'autorité des empereurs. « Quelques-uns, dit Théostéricte, n'accordent pas beaucoup d'importance à cette hérésie. Mais moi je la crois terrible. Car, considérez que les autres hérésies n'ont eu pour promoteurs que des cvèques et des prêtres inférieurs, tandis que celle-ci vient des empereurs eux-mêmes. Rt songez à la différence qui existe entre un prêtre et un empereur ! Les hérésies précédentes se sont élevées et ont pris de la Ibrce peu à peu, par les raisonnements des théologiens et par la discussion; mais la force de celle-ci lui est venue d'emblée de l'autorité impériale *. »
Nous allons voir maintenant les résistances auxquelles s'est lieurté l'empereur et les mesures violentes qu'il a été amené à prendre pour faire triompher la réforme. Mais n'oublions pas que cette réforme est avant tout religieuse. Je ne dis pas qu'il n'y ait pas de rapprochements à faire entre la question des moines et le vaste ensemble de réformes politiques que Léon 111 avait entreprises pour fortifier l'administration centrale. Mais la réforme religieuse n'est pas subordonnée à la réforme politique. De même que les empereurs iconoclastes ont voulu améliorer la situation matérielle de la population, de même ils se sont proposé de relever le niveau de sa religion. II n'y a pas eu seulement une réforme politique « que les empereurs ont voulu entourer du nimbe d'une réforme religieuse' » ; il y a eu une réforme politique et une réforme religieuse, qui ont eu d'ailleurs des histoires bien diffé-
I. Mccpli., I!n:,<., p. 71 ; Mcépli , Anlirrh., III. aSo ; Tlicoph., AM. fiaSa, p. 4i3, AM. ()2G7, p. /l'iy ; Or. aih. Const. Cuh., 338; Me de .Mcélas, avril, I, XXIV; Vie d'Etienne, M 10.
a. Théod. Solud., 190, /laa, 5i6.