‹ Études d'histoire byzantineChapitre 138 sur 178 · Mansi, XIII, 3.V · texte numérisé non relu

Mansi, XIII, 3.V

l38 COSSTA^TIN V, EMPEREUR DES ROMAINS

En réalité, les évèques de ySS n'ont fait qu'user des formules consacrées, que ceux de Nicée ont employées eux-mêmes en s"adressant à Irène et à Constantin VI '.

Le plus important pour nous des décrets du concile est celui qui ordonne que les adorateurs d'images soient châtiés par l'autorité impériale-. Les évèques de Nicée attribuent avec raison à ce décret l'origine de toutes les violences qui furent exercées contre l'Eglise et les moines. « De là vinrent des maux innombrables qui frappèrent la terre entière \ » En effet, les décrets du concile furent aussitôt publiés par Constantin et rendus exécutoires. « L'impie Constantin rassembla un concile néfaste et publia un dogme impie, afin que les images fussent enlevées complètement et que ceux qui les adoreraient ou les imploreraient par leur nom fussent soumis au supplice*. »

Les adorateurs des images, qui jusque-là encouraient seulement des contraventions aux ordonnances impériales, étaient désormais des hérétiques, rebelles à l'autorité souveraine de l'Église, et par conséquent des ennemis de l'empire. Les décrets du concile constituaient surtout une arme puissante contrôles prêtres et les moines. On pouvait réclamer de tout ecclésiastique et de tout religieux Fadhésion au dogme de yôS, et s'il refusait on pouvait user contre lui de toutes les rigueurs. « Comme le concile avait mis ses décrets par écrit, dit Zonaras, l'empereur appela cet écrit Tome Synodi- (jue et ordonna qu'il fût signé par tous les pontifes et par les plus célèbres des moines". » C'est bien ainsi sans doute que les choses se sont passées.

Cependant quelques années s'écoulèrent encore avant que le conflit entrât dans la période sanglante. 11 faut attribuer probablement ce fait aux guerres avec les Bulgares et aux insurrections des Slaves de Thrace, qui commencèrent l'année qui suivit le concile et durèrent jusqu'en yâg. En 761 seulement on nous rapporte le nom d'un martyr, le premier qui ait souffert pour la foi sous Constantin V. Théophane nous apprend que cette année-là Constantin fit périr sous les verges le moine André Calybite, reclus aux Blachernes, qui avait parlé de lui en termes injurieux. Il avait ordonné

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