‹ Études d'histoire byzantineChapitre 139 sur 178 · Zonaras, i · texte numérisé non relu

Zonaras, i

LA QUElŒLr.E HKS niACES : HISTOIRE DU COMT.IT l3f)

que son corps fût jeté à la mer, mais les sœurs du martyr l'enterrèrent dans remporium de Leucadius'. Les Bollandistes ont établi, en s'appuyant sur la Vie d'Etienne- et sur les Acla et les Menologia grecs, que ce martyr s'appelait en réalité Pierre, que Théopliane a confondu son supplice avec celui d'André in Crisi et a transposé simplement les deux noms '. Ils placent son supplice au i6 mai. Les Bollandistes fixent au mois de juin de la même année le supplice de Jean de Monagria, qui fut cousu dans un sac et jeté à la mer*.

Ensuite, en ^62 et 76/i, eurent lieu les deux grandes guerres de Bulgarie qui, naturellement, absorbèrent l'attention de l'empereur. C'est pendant l'hiver rigoureux qui lésa séparées que 'J'héophane place cette entrevue où Constantin aurait fait au patriarche une profession de foi nestorienne". Remarquons que la date de cet incident n'est pas indifférente. Les contemporains ont eu l'impression qu'il s'était produit un changement dans la doctrine impériale, et que le conflit, restreint jusque-là à la question des images, allait prendre un caractère nouveau et plus redoutable.

Après le succès éclatant des campagnes contre les Bulgares, l'empereur se sentit assez fort et assez sûr de sa popularité pour se lancer à corps perdu dans le conflit et briser toutes les résistances. La quatrième indiction (7G.4-7()5), l'année la plus. importante dans l'histoire du conflit, est remplie tout entière par des exécutions et des mesures violentes contre les rebelles.

« Cette année-là, dit Théophane, l'empereur devint furieux contre tout ce qui craignait Dieu^. » « Déjii, dit Xicéphore, lim-

1. Thcopli., .\.M. 6253, p. 432; Codrcnus. 88() ; Zoiiaïas, i332.

2. 1 ic d'Etienne, 1166. Le saint, enferme au Pliiale, exhorte ses compagnons à se souvenir de Pierre des Blachernes, qui mourut intolérablement frappé à coups de nerfs de bœuf.

3. \oir la dissertation servant de préface à la Vie d'André in Crisi, AA. SS., octobre, VIII, 128, cl sur Pierre Calybile. .\A. SS , mai. III, 625. Il semble bien que le martyr des Blachernes, surnomme Galybite, s'appelait en effet Pierre. Mais que le su[)plice signalé par Théophane en 7G7 (Wl. GaSi), p. 443), soit celui d'.\ndré in Crisi, cela est beaucoup moins certain. « Constantin fit enlever de sa colonne le vénérable stylite Pierre et comme il refusait d'adopter son dogme, il lui fit lier les pieds et le jeta vivant dans le Pelagium. » Tel est le récit de Théophane. Quel rapport pcjitil y avoir entre cette histoire et celle d'André in Crisi, qui n'est pas stylite et qui se rend de Crèlc à Constanlinople [lour allronter le tyran ?

"4. Me d'Éticnnr. 1168 ; AA. SS., juin, I. ',,rt. 'y. Tliéoph , .\\I. C255, p. 434 li. Théoph , A.M. O257, p. 43(i.

I^O COJN'STA>TI> V. F.MPEREUR DES ROMAISS

piété de l'empereur sévissait avec plus de violence'. » Constantin V ordonna en effet, cette année-là, l'exécution d'un des moines les plus célèbres et les plus vénérés de l'empire, Etienne d'Auxence". Il prit en outre une mesure grave. Ayant jugé insullisant d'exiger des ecclésiastiques l'adhésion au dogme de "53, il voulut imposer h tous les sujets de l'empire le serment de renoncer aux images'. Et le patriarche Constantin dut donner l'exemple, monter sur l'ambon et jurer, la main sur le bois de la croix, qu'il n'était pas et ne serait jamais un idolâtre '. Tous les textes nous parlent de ce serment qui, succédant aux décrets du concile, a certainement marqué une phase nouvelle du conflit"^.

Il n'est pas probable qu'une mesure aussi radicale et aussi générale que celle d'un serment imposé à toute la population ait pu être mise h exécution dans un empire aussi vaste et composé d'éléments aussi divers. Dans la 17e d'Etienne il nous est dit que l'empereur rassembla tout son peuple [ôl-kti-x ibi ûtt'xj-cîj Aasv h.v.Xrfl'.xnxz) et lui fit jurer sur le corps du Christ, sur la vraie croix et sur les Evangiles de ne jamais se prosterner devant les images et de les appeler idoles^. On voit bien qu'il ne s'agit ici que de la population de Byzance. Le serment fut imposé sans doute au peuple de la capitale, dans une assemblée solennelle; si la mesure fut étendue aux provinces, ce ne fut que progressivement et peu à peu, par l'intermédiaire des officiers fidèles que l'empereur envoya ensuite dans les principaux thèmes'. On comprend néanmoins l'importance de ce décret de Constantin, et les conséquences qu'il a pu avoir sur la marche des événements. Constantin était bien résolu à imposer l'obéissance à tous les sujets de l'empire.

La destruction des images, ordonnée par le concile, fut poursuivie aussi avec plus de rigueur. Aux yeux des contemporains, c'est Constantin qui est le véritable destructeur des images *.

Chose très remarquable, en eff'et, c'est seulement à cette épo-

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