P. ii
LA QUERELLE DES IMAGES : HISTOIRE DU CONFLIT I Sq
et dit : « la race maudite des moines ne me laisse aucun repos. » Et le peuple répond : « Mais il n y a plus trace dans la ville de cette engeance'. » El lorsque Georges Syncletos, soi-disant converti par Etienne, paraît, vêtu de la robe noire dus moines, les soldats poussent des cris de mort contre l'abbé Etienne-; ils arrachent au jeune homme ses vêtements monastiques et les foulent aux pieds. Puis les soldats s'élancent en foule vers le couvent, le détruisent de fond en comble et traînent Etienne jusqu'au bord de la mer^ . Comme un soldat d'Arménie avait demandé une prière à l'abbé exilé, ses camarades s'empressent de le dénoncer comme idolâtre'. La foule réclame le supplice de l'abbé ; c'est la volonté de l'empereur qui fait différer l'exécution^. Enfin les soldats saisis de fureur courent à la prison, en arrachent le saint, et le traînent dans les rues. La population tout entière accourt pour assister à ce supplice et y prendre part si possible. Hommes et femmes s'élancent en foule; les artisans quittent leur travail; les enfants mêmes abandonnent leurs écoles. C'est un soldat qui porte à l'abbé le coup mortel, avec une pièce de bois arrachée à une pompe il incendie. Ensuite la foule s'acharne sur son cadavre'^.
11 ne faut pas sans doute attribuer une grande exactitude historique à ces récits des hagiographes qui sont évidemment arrangés en vue de l'effet. Mais ils nous prouvent du moins que l'empereur n était pas seul il poursuivre les moines. Même témoignage chez les chroniqueurs. Ce sont les soldats de la garde et des thèmes qui enlèvent Etienne et le traînent du prétoire jusqu'au Pelagium; « car ils étaient les complices de l'empereur' ». Les . moines produits dans le cirque sont hués et injuriés par la foule tout comme des prisonniers de guerre ou des traîtres à l'Etat*. Etienne lui-même constatait tristement que les moines étaient