‹ Études d'histoire byzantineChapitre 174 sur 178 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le jugement que l'on poitora sui' Constantin V dépendra toujours de l'opinion qu'on se sera faite sur la question des images et sur celle des moines. Je résumerai seulement les faits qui paraissent s'imposer à l'historien.

Nous avons vu d'abord que Constantin V, objet d'exécration et d'horreur pour les moines chroniqueurs et hagiographes, avait vécu, de l'aveu des contemporains, (( dans la gloire et dans le succès » ; et que son souvenir avait survécu pendant deux £;énérations au moins auprès d'une grande partie de la population de Byzance. Nous avons constaté ensuite que sa carrière militaire avait été en effet très remarquable, qu'il avait su défendre victorieusement toutes les frontières, et qu'il avait assuré un prestige nouveau aux armes romaines. Sa carrière politique et administrative dénote une intelligence singulière. Constantin V a très nettement compris la situation nouvelle de l'empire grec et le rôle qu'il était appelé à jouer dans le monde. Son règne est des plus importants pour les progrès de l'hellénisme et la formation ethnographique de l'empire.

Quant a la réforme religieuse, qui fut pour lui la plus importante, elle a été quelque chose de plus qu'un instrument de domination politique. Elle partait d'un désir sincère de donner au peuple une religion plus pure. La question des images se rattache à nn vaste ensemble de réformes. L'œuvre des empereurs isaurlens constitue l'un des plus grands et des plus respectables efforts qui aient été faits pour relever le niveau matériel, moral cl intellectuel d'un peuple. Cette vaste tentative d'organisation est aussi importante que celle de Charlemagne. Elfe apparaît, sur bien des points, plus intelligente et plus voisine de nos conceptions modernes.

Sous Constantin V, le système admiiiistralil inauguré par Léon l'Isaurien fonctionne et se régularise ; les reformes portent leurs fruits. Les successeurs de Constantin n'oseront toucher que timide-

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ment et pièce après pièce à l'imposant édifice de réformes politiques et religieuses qu'il leur a laissé. Et tout ne sera pas perdu dans cette œuvre immense.

Si Byzance a connu ensuite une grandeur nouvelle, une étonnante renaissance de deux siècles et demi, elle le doit sans doute à l'œuvre des Iconoclastes, au règne de Constantin V et à ses trente-cinq années de prospérité et d'intelligente et forte administration.

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