‹ Études d'histoire byzantineChapitre 173 sur 178 · I. Zonaras, p. i · texte numérisé non relu

I. Zonaras, p. i

l68 CONSTANTIN V, EMPEREUR DES ROMAINS

du palais trahissent la cause de la réforme et introduisent des images jusque dans les appartements de l'impératrice, la popularité de Constantin se conserve au contraire dans l'armée et dans la population sectaire. L'étude des circonstances de l'avènement de Léon l'Arménien etde ses mesures contre les images montrerait sans doute qu'il avait été entraîné par un parti important, qu'il cédait à la pression de l'opinion'. Peu de temps avant son arrivée au trône, le préfet de la ville avait dû emplover la force pour dissiper une émeute formidable qui s'était produite autour du mausolée de Constantin V. On attribuait l'invasion bulgare à l'idolâtrie des nouveaux empereurs. On glorifiait la mémoire de Constantin comme celle d'un vainqueur et d'un prophète". Michel Rhangabé dut prendre des mesures sévères contre les Pauliciens de Thrace, qui devenaient menaçants par leur nombre et qui étaient des ennemis acharnés des images et des moines '.

La réforme iconoclaste n'était ni une explosion de fanatisme sectaire, ni un acte administratif destiné à supprimer les moines. Elle avait été élaborée lentement par des hommes intelligents, qui n'ignoraient pas les didicultés de l'entreprise. Elle avait son point d'appui dans l'opinion. Elle aurait pu réussir. Elle échoua par lindifférence de quelques-uns des successeurs de Constantin et par l'hostilité violente de certains autres.

Elle échoua surtout par la résistance et la coalition des moines. Dès l'avènement de Léon IV, les moines rentrent dans l'empire, et arrivent aux plus hautes fonctions '. Sans cesse ils augmentent en nombre, en richesses, en influence, et, malgré les efforts de Léon l'Arménien, ils finissent par assurer le triomphe final de l'iconolâtrie. Cela prouve sans doute la vitalité et la puissance des ordres réguliers. Cela prouve aussi combien Constantin avait jugé justement en faisant de leur suppression la condition essentielle du succès de la réforme.

Avec Constantin V, la question des images avait atteint tout son développement. C'est à ce moment-là aussi qu'elle ofl're pour nous son plus haut degré d'intérêt. L'œuvre des souverains postérieurs n'a consisté qu'à défaire ou à refaire l'œuvre de Constantin.

Page 1