‹ Études d'histoire byzantineChapitre 56 sur 178 · N'icéph., Brev., p. 6g · texte numérisé non relu

N'icéph., Brev., p. 6g

LA POLITIOI F, i:\TERIElRE : TJCS IUT[,GARF,S [\r

un asile sur le territoire de l'empire. Près de 208000 hommes, nous dit Nicéphore, franchirent ainsi l'Euxin. L'empereur les accueillit et les établit sur le fleuve Artanas '.

Teletzès, prévoyant bien que les armées impériales allaient se mettre en marche, faisait des préparatifs considérables. 11 avait opéré des levées dans les contrées voisines et avait réuni ainsi 20000 hommes de troupes auxiliaires, parmi iescjuols dominaient naturellement les Slaves-.

Contrairement aux habitudes de ces barbares, il avait pris soin de fortifier sa frontière et s'était établi lui-même dans une bonne position. Mais Constantin avait compris la valeur de son nouvel adversaire et la grandeur du péril qui menaçait l'empire. Réunissant toutes les forces dont on pouvait disposer-', il commença par envoyer par mer aux bouches du r3anube une force considérable de cavalerie sur des transports portant chacun douze chevaux'.

Enfin, le 17 juin 762, il se mit en roule pour la Thrace avec une seconde armée, suivit le littoral et arriva à Anchialos^ où il établit son camp. Cette ville d'Anchialos, située à la frontière des deux empires, commandant le passage du côté de la mer, a toujours constitué une position des plus importantes, et son nom revient constamment dans l'histoire de ces guerres". C'est là que, dans une plaine plateetcreuse, se livra une bataille décisive. LeSojuin, Teletzès s'avança au-devant de l'empereur avec toutes ses troupes et olfrit le combat. La mêlée dura depuis l'aurore jusqu'à la nuit. f^e carnage fut immense et les peites durent être énormes des deux côtés, puisque Nicéphore a prétendu que l'armée victorieuse avait disparu presque en entier. De son temps encore, nous ditil, la plaine d'Anchialos était couverte des ossements des victimes'. Teletzès fut battu complètement et sou armée mise en déroute.

Page 1