XVI. — Constantin 1 . J
66 COKSTARTI?! V, EMPERKUR DES ROMAIKS
sage. Ce message contenait certaines réclamations' : le pape sollicitait sans doute de Constantin la restitution des diocèses détachés et des patrimoines confisqués par Léon. Constantin, sans satisfaire entièrement à cette demande, fit don au pape, a titre de concession perpétuelle, des grands domaines de Ninfa et de Norma*.
Il est infiniment probable cjue le pape demanda en outre, et obtint de l'empereur, en échange de sa soumission, la promesse que l'Italie ne serait plus inquiétée pour motifs de religion. En effet, la question religieuse semble, à partir de ce moment, n'avoir plus joué aucun rôle dans les relations de Byzance et de Rome.
Grégoire II et Grégoire III avaient harcelé Léon l'Isaurien par des lettres véhémentes, des excommunications de fonctionnaires, des convocations de conciles. Zacharie s'abstint de semblables tracasseries. De son côté, Constantin, malgré la violence plus grande dont il a fait preuve pendant le conflit des images, n'a jamais essayé de faire appliquer ses édits ni à Ravenne ni h Rome, ni même dans les parties de la péninsule qui rentraient depuis Léon III sous l'obédience du patriarche de Constantinople et qui se trouvaient ainsi directement soumises à l'autorité temporelle et spirituelle de Byzance. Les images y furent respectées et les moines tolérés. Lorsque l'abbé Etienne d'Auxence énumère aux moines rassemblés autour de lui les pays qui sont restés à l'abri de l'hérésie, il mentionne non seulement Rome mais Naples'. La Sicile, qui était demeurée particulièrement fidèle à l'autorité impériale, comme le montre la suite du confiit entre Rome, les Francs et Byzance, n'a jamais été inquiétée pour motifs de religion*. Et les moines grecs se réfugièrent en effet en grand nombre dans l'Italie du Sud, à tel point qu'en 761 Paul l" dut les autoriser à chanter les psaumes en grec ^.
Les dispositions conciliantes du pape ne tardèrent pas à produire, d'autre part, d'heureux résultats. Zacharie était un négociateur fort habile. A ce moment-là, les ducs lombards de Spolète et
I. Lih. Pont., 220. Juxla qnoil beatissiimis poiilll'cx poslulavcral. a. l.ib. Puut.. 220; Maiisi. XII, 3oS. V. IIoIl-Ic. IV, 295-290.