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L ADMINISTRATION INTKRIKURE QO
stalla dans la ville avec leurs familles'. Il est ît remarquer que Nicéphore place cet appel de populations à Constantinople immédiatement après la disparition du lléau, tandis que Théophane, suivi par les historiens postérieurs, le recule jusqu'en 755, année oii les deux chroniqueurs s'accordent à placer la transportation en Thracc des gens d'iù'zeroum et de Malatia'. Le plus vraisemblable est d'admettre que le repeuplement de Constantinople s'est efTectué progressivement et a duré plusieurs années ; il n'est pas admissible que Constantin ait attendu sept ans, soit jusqu'après la réunion du concile iconoclaste, avant de prendre aucune mesure à cet égard.
11 peut sembler étonnant que l'empereur ait appelé à Constantinople des habitants des îles et de la Grèce, qui avaient toujours été les partisans les plus fanatiques des images. Cela peut s'expliquer pourtant. Constantin a préféré sans doute que ces éléments dangereux fussent placés ii Constantinople même et directement soumis à sa surveillance, plutôt que de les voir fomenter des insurrections hors de la portée de l'autorité impériale. A Constantinople, ils seraient plus facilement contraints à l'obéissance et plus promptement absorbés par les populations fidèles de l'Asie Mineure.
La peste de 7^7 a donc eu les conséquences les plus graves pour l'ethnographie de l'empire. Les Arméniens et les Syriensque Constantin établit eu Thrace y remplacèrent sans doute les populations européennes, dont les unes avaient été anéanties par l'épidémie, taudis que les autres s'étaient rapprochées de Constantinople sur l'invitation de l'empereur. De même, le départ d'une partie des habitants de la Grèce accéléra les progrès de l'invasion slave. On connaît le passage de Constantin Forphyrogénète, où il est dit qu'après la peste du Copronyme, le Péloponèse tout entier fut slavisé^ Les renseignements fournis parles chroniqueurs donnent quelque poids à cette alfirmation. Jusqu'il cette époque, il n'est question de slavinies qu'en Thrace et en Macédoine* ; tandis
I. Nlcé|ih., Ilrei'., [>. Go ; Tli(;o[)li., VM. (i:)',;, p. '129 ; Cedreinis, 889 ; Georges IIam.,938.
:>.. Nicé|)h., Brei'., p. (iO.
3. iidXafJMri T-.iodi fj yo^a. Tlicmes, 11, 0. V. lUimljaucl, p. 212; Gelzor, p. ûa.
!i. Théoph., AM. OaSo, p 43o. Tj-/(iaXo)T£ua£ Ta; za-câ trjv MazsSoviav o/.Xa6ivia; ■/.ai TOÙ; Xoinoù; 0;:o7:ip:'ouj Èj:o:r)!j£v. Ces indications sur la campagne do 768 contre les Slaves sont malheureusement insuffisantes. On ne sait pas quels sont ces a autres Slaves » que Thcopli. mcnlionnc après ceux de la Macédoine. Rambaud suppose que ce soûl déjà ceux de la Laconie (p. 220 et sqq).
g6 COSSTAlNTIiS V, EATPERF.UR DES IlOMAINS
qu'en 783, nous voyons l'eunuque Staurace envoyé par Irène contre les Slaves du Péloponèse'. Il est possible que Constantin ait pris des mesures pour accélérer l'invasion et remplacer par des colonies slaves les populations helladiques appelées à Constantinople-.
Au VIII* siècle donc, la péninsule était presque entièrement occupée par des tribus slaves. Elles ne laissaient à l'élément grec que les villes fortes de l'intérieur et les ports du littoral. A partir de 675, Thessalonique, la seconde ville de l'empire, avait été plusieurs fois menacée par les Slaves. En 688, Justinien II avait fait une campagne en Macédoine pour les réduire. Il en avait enlevé 3o 000, qu'il avait transportés en Asie Mineure, dans le thème d'Opsikion. C'était la première fois qu'une colonie slave se fixait à demeure en Asie. Au milieu du viii° siècle, les Slaves étaient même apparus dans les îles '. On sait que les Slaves de l'intérieur avaient été pour la plupart conquis et asservis par les Bulgares. La fusion n'avait pas tardé h se faire entre les deux populations et, au temps de Constantin Porphyrogénète, l'élément bulgare, avait été absorbé par l'élément slave plus nombreux et plus civilisé '. Quant aux Slaves devenus sujets romains, attachés par la communauté d'origine aux Slaves bulgares, ils font quelquefois cause commune avec les envahisseurs de l'empire. Ainsi, en 708^. Mais, plus souvent, en 762', en 772', ils fuient eux-mêmes devant les Bulgares et implorent la protection des armes impériales. Constantin V a eu plusieurs fois à intervenir, tantôt pour réduire les Slaves, tantôt pour les protéger. Les citadelles et les fortifications qu'il a construites en Thrace, çpsûp'.a, y.âjrpa et yXs.ia:ùpx'., où il plaçait des colonies de Syriens et d'Arméniens, et qui constituaient un de ses principaux titres à la reconnaissance des Byzantins*, servaient tout autant à contenir et à surveiller les tribus slaves de la campagne, qu'à arrêter les Bulgares'.
C'est en 768 que Constantin eut à réprimer un soulèvement des