‹ Études d'histoire byzantineChapitre 100 sur 178 · Rambaud, op. eit., p · texte numérisé non relu

Rambaud, op. eit., p

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Slaves. A la (avcur d'iincî invasictn hiiigare, ([iii s'était avancée jusqu'auprès des Longs Murs, et doiit nous avons parlé déjà, les tribus slaves de la péninsule s'étaient iiisurgées contre les Romains. Peut-être l'introduction des Arméniens et des Syriens sur leurs terres n'était-elle pas étrangère ;i ce soulèvement. Constantin, avant de poursuivre les Bulgares chez eux, entreprit de soumettre les Slaves. 11 réduisit en servitude, nous dit Théophanë, les tribus slaves de la Macédoine et obligea les autres à se reconnaître sujettes de Rome'. La distinction entre les tribus asservies et les tribus soumises, donne h penser que les premières ont été transportées, soit que les Slaves aient été vendus comme esclaves, usage qui tendait cependant h disparaître, soit plus vraisemblablement qu'on le sait envoyés rejoindre la colonie slave de l'Opsikion.

En 762, après l'élection du roi bulgare Teletzès, une multitude de Slaves s'enfuirent devant l'invasion et demandèrent un asile sur le territoire de l'empire. Constantin accueillit favorablement leur demande, leur fit passer l'Euxin et les établit dans l'Opsikion, sur le fleuve Artanas". Le chldre de 208000, donné par Nicéphore, est certainement exagéré.

Après avoir vaincu les Bulgares et contraint les Slaves ;i l'obéissance, il fallait encore débarrasser la Thracc du Iléau du briffandage. Profitant de l'état de guerre perpétuel et de l'absence d'une police régulière, des bandes s'étaient organisées, composées de Slaves, de Bulgares, el niènK! de Byzantins qui préféraient se soustraire aux lois et vivre de rapine. Ces bandes menaient une existence indépendante et exerçaient de tei'i'ibles ravages parmi les populaliotis sans défense de la péninsule. Constantin envoya des soldats pour leur donner la chasse, s'empara des principaux chefs de ces bandes et leur fit subir un châtiment exemplaire^.

Il paiait que les Slaves de la Thrace et de la Macédoine avaient fait autielbis des expéditions maritimes el ravagé les îles les plus voisines de l'ai'chipel, emmenant, selon leur habitude, la population en esclavage. En 768, en eflet, Constantin envoya aux chefs des Slaves des députés pour traiter avec eux du rachat des prisonniers chrétiens qu'ils avaient faits autrefois dans les îles d'imbros,

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■2. TliL'oph., AM. 6254, p. 'l'.i-i : Nicô|ili , Hrcv., (>. ()8 ; Hanibautl, p. aSa, >iipposc que ces Slaves venaioiil de la Mùsic.

:! Théoph.. AM. CaSO, p. /13n. V plus liaul. p .".i.

,\vi. — Constantin \ . 7

go CONSTAKTllN V, KMPF.r.ElU DKS ROMAINS

Tenedos et Samothrace, et qui, depuis longtemps, nous dit Nicéphore, étaient chez eux en esclavage. 11 les racheta contre 2 5oo vêtements de soie, les traita avec égards et leur permit de s'établir où ils voulurent '. Le procédé employé par l'empereur nous permet de croire que ces chefs slaves n'étaient point sujets de Rome et qu'ils s'étaient retirés h l'intérieur des terres, dans les territoires soumis aux Bulgares. Car, depuis 768, les Slaves de cette partie de l'empire étaient sous la dépendance de l'autorité romaine; et nous ne voyons pas qu'ils aient cherché h se soulever de nouveau.

A la fin du règne de Constantin les Slaves de la Grèce et de la Macédoine faisaient si bien partie de l'empire que les Bulgares entreprennent, à leur tour, des expéditions pour les réduire en esclavage et les transporter en Bulgarie". En octobre 772, Constantin apprit qu'un boyard bulgare allait envahir la Berzétie et en emmener la population en Bulgarie^. Les Bcrzètes étaient des Slaves établis en Thessalie, entre Athènes et Tliessalonique, et M. Rambaud suppose que c'étaientdes compatriotes que les Bulgares voulaient rapatriera Mais les Berzctes n'étaient pas disposés à passer sous la domination bulgare. La campagne de Lithosoria semble avoir été entreprise, au contraire, pour défendre de fidèles sujets de l'empire contre l'agression du roi Tzérig. Et les Berzètes ont gardé à Constantin la reconnaissance de la protection qu'il leur avait accordée. En 799, c'est un prince de Berzétie qui tente d'enlever d'Athènes, pour les remettre sur le triVne, les fils de Constantin'.

Le rachat des chrétiens des îles nous rappelle l'échange de prisonniers de guerre et de captifs des deux sexes qui eut lieu, en Syrie, précisément à la même époque, entre les Arabes et les Romains". C'est la première fois que nous voyons apparaître ce procédé. Et ces mesures pacifiques et humaines montrent que Constantin avait un souci très réel du bien-être des populations et une intelligence très nette des importantes questions du peuplement de l'empire.

Les chroniqueurs nous signalent en outre l'arrivée sur les terres de l'empire d'un grand nombre de chrétiens de Syrie et de Pales-

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