XI. — COSMOLOGIE
De Teternite de la forme et de la matiere suit la perpetuite du mouvement, et aussi celle de Texistence du monde. Les especes elles-m^mes sont 6ternelles, et il y a toujpurs eu des hommes : les individus seuls naissent et meurent. Le monde etant eternel, la science du monde n'est plus une cosmogonie, mais une cosmologie.
(1) Sources ; De Casio ; De generat. et conmpt. ; Meteorologica,
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Aristote n'a plus a expUquer la formation, mais seulement le systeme de Funivers.
Le monde est un, fini et bien ordonne. C'est une (Buvre d'art. II est beau et bon, autant que le permet la resistance de T^lement materiel. II a une forme parfaite, la seule d'ailleurs qui rende possible le mouvement de Fensemble sans vide en dehors de lui : la forme spherique.
II se compose de deux moities inegales : 1** le monde supralunaire ou celeste : c'est la voute a laquelle sont attach6es les 6toiles fixes ; 2^ le monde infralunaire ou terrestre.
Le monde c61este est anyii6 d'un mouvement de rotation qui est produit directement par Dieu. La nature impfirissable des etoiles et la r^gularite immuable de leurs mouvements prouvent qu elles different, quant a la matifere, des choses terrestres, qui sont soumises h un changement pcrpetuel. La matiere des 6toiles est Tether, ou cinquieme element (quinte essence), le corps sans contraire et par suite incorruptible, n'admettant d'autre changement que le changement de lieu, ni d'autre mouvement que le mouvement circulaire. Les autres elements, au contraire, matifere des corps lerrestres, sont corruptibles et comportent le mouvement de has en haut et de haut en has, c'est-a-dire du centre a la circonference et de la circonference au centre. Le ciel des etoiles fixes est le s6jour de T^tre et de la vie parfaite, de Tordre inalterable. Les etoiles sont des fetres exempts de vieil-
l.esse, qui m^nent une vie bienheureuse, en exergant sans fatigue une activite eternelie. Elles sont bien plus divines que Fhoinme. Nos ai'eux ont eu une intuition
vague de la v^rite quand ils ont consid6re les etoiles comme des dieux.
En dedans du ciel des Etoiles fixes est la region des planetes, parmi lesquelles Aristote compte, outre les cinq planetes que connaissaient les anciens, le soleil et la lune. Au milieu du monde est la terre, de forme sph6rique. Le ciel des planetes est fait d'une substance de moins en moins pure, a mesure qu'il s'eloigne davantage du ciel des etoiles fixes. A la difference du premier ciel, qui est une sphere unique portant toutes les etoiles, le ciel des planfetes se compose d'une multiplicite de spheres ; car les mouvements des planetes, relativement irreguliers, supposent une multiplicity de moteurs dont les actions se combinent entre elles.
Les 6tres autres que les astres fixes sont faits des quatre elements. Chaque 6l6ment a son mouvement propre, qui est la marche rectiligne vers son lieu naturel. De la le poids et la l^g^rete. Le poids est la tendance de chaque corps a suivre sa direction propre. II n'est pas possible de dire, avec Democrite, que tout mouvement resulte purement et simplement d'un choc, et ainsi a rinfini. II faut s'arrfeter dans la regression, du moins dans Tordre logique. Le mouvement n6 de la contrainte suppose le mouvement spontane.
Le propre de Telement terrestre est de se porter vers
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le centre. De la la situation de la terre, immobile au centre de Tunivers. La terre est sph^rique. Ses elements sont entre eux dans une double opposition, de poids et de qualite. D'une part, ils sont lourds ou legers; d'autre part ils sont chauds ou froids, sees ou humides. 11 r^sulte de cette opposition que les elements de la terre se changent constamment les uns dans les autres. La chaleur et la lumi^re sont engendr^es par le frottement que fait subir a Fair Textrfeme vitesse des spheres celestes. A cause de Tinclinaison de Tecliptique, la production de la lumi^re et de la chaleur a lieu dans une mesure differente aux diff§rentes regions de la terre et aux differentes fipoques de Tannee. C'est Forigine du circulus de la fireneration et de la destruction, cette image de Teternite dans la nature p6rissable. L'action va de la peripheric au centre, le ciel des fixes etant comme la forme supreme, la terre comme la matiere infime. Par Taction reciproque des deux puissances actives, qui sont le chaud et le froid, et des deux puissances passives, qui sont Thumide et le sec, se forment les differents corps mineraux et corps organises.
Les 6tres terrestres forment une hierarchic, depuis r^tre le plus voisin de la matiere brute jusqu'a Thorn me masculin. Chaque forme inferieure est la base des formes superieures, chaque forme sup^rieure est Tachfevement relatif des formes inferieures. Les principaux degres de la hierarchic sont repr6sentes par les corps sans vie, les plantes, les animaux et Thomme.
ARISTOTE J5l